Simon CHABROL

Écriture et recherche indépendante (FR/EN)

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Salazar and the “Estado Novo”

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Salazar’s portrait c. 1968 (By Manuel Alves de San Pay, Public Domain)

Salazar — whose full name is António de Oliveira Salazar — led Portugal from 1932 to 1968. During his reign, the country was a corporatist dictatorship. Corporatism is a political ideology that focuses on social groups interests — workers, women, company owners… It was partly inspired by the Papal Encyclical “Rerum novarum” — written by Pope Léon XIII in 1891, and considered as foundational for the social doctrine of the Catholic Church. And also “Quadragesimo anno” written in 1931 by Pope Pius XI. By modern standard, the Estado Novo — “New State” in English — would likely be labelled as a far-right political state. It was a mix of fascism — at least until the late 1930s — and authoritarianism. The country was relatively quiet on the European scene before and during WWII. It gained international attention with the Portuguese Colonial War from 1961 to 1974. The Salazar regime collapsed in two stages: Salazar died in 1970 and his successor Marcelo Caetano was overthrown by the Carnation Revolution in 1974 led by officers and soldiers — at this point, the army was exhausted by the Colonial War and decided to overthrow the regime, and end this costly and deadly war. The goal of this small essay is to discuss the origins of Salazar, his vision for Portugal — especially the Estado Novo framework — and ultimately his legacy in the Portuguese historical and political landscape.

Pope Léon XIII

Salazar, de son nom complet António de Oliveira Salazar, a dirigé le Portugal de 1932 à 1968. Sous son règne, le pays était une dictature corporatiste. Le corporatisme est une idéologie politique qui met l’accent sur les intérêts des groupes sociaux : travailleurs, femmes, chefs d’entreprise… Il s’inspire en partie de l’encyclique papale « Rerum novarum », écrite par le pape Léon XIII en 1891 et considérée comme le fondement de la doctrine sociale de l’Église catholique. Elle s’inspire également de l’encyclique « Quadragesimo anno » écrite en 1931 par le pape Pie XI. Selon les normes modernes, l’Estado Novo (« nouvel État » en français) serait probablement qualifié d’État politique d’extrême droite. Il s’agissait d’un mélange de fascisme (du moins jusqu’à la fin des années 1930) et d’autoritarisme. Le pays était relativement calme sur la scène européenne avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a attiré l’attention internationale avec la guerre coloniale portugaise de 1961 à 1974. Le régime de Salazar s’est effondré en deux étapes : Salazar est mort en 1970 et son successeur, Marcelo Caetano, a été renversé par la Révolution des œillets en 1974, menée par des officiers et des soldats. À ce moment-là, l’armée était épuisée par la guerre coloniale et a décidé de renverser le régime pour mettre fin à cette guerre coûteuse et meurtrière. L’objectif de ce petit essai est d’examiner les origines de Salazar, sa vision pour le Portugal, en particulier le cadre de l’Estado Novo, et enfin son héritage dans le paysage historique et politique portugais.

Military procession of General Gomes da Costa and his troops after the 28 May 1926 Revolution

— Mocidade Portuguesa

A beige shirt, green tie, and beret worn by boys in the youth organization. It reflected the Estado Novo’s values of discipline, nationalism, and obedience.

Chemise beige, cravate verte et béret portés par les garçons de l’organisation de jeunesse. Il reflétait les valeurs de discipline, de nationalisme et d’obéissance prônées par l’Estado Novo.


To understand the emergence of the “Estado Novo”, one should understand the state of Portugal in the 1920s. Like several southern European countries at the time — like Italy — it was a monarchy until 1910 (with the establishment of the First Portuguese Republic) facing several financial, economic and social issues. The country was extremely rural, poverty was rampant, the finances were struggling and political unrest claiming changes were escalating. On 28 May 1926: the regime was overthrown by a military Coup d’Etat supported by nearly all political parties. A new regime was created: the “Ditadura Nacional” (“National Dictatorship” in English). But the past issues persisted and the debts grew exponentially. That’s during this troubled period that Salazar entered politics.

Pour comprendre l’émergence de l’« Estado Novo », il faut comprendre la situation du Portugal dans les années 1920. À l’instar de plusieurs pays du sud de l’Europe à l’époque, comme l’Italie, le Portugal était une monarchie jusqu’en 1910 (avec l’établissement de la Première République portugaise) et faisait face à plusieurs problèmes financiers, économiques et sociaux. Le pays était extrêmement rural, la pauvreté était endémique, les finances étaient en difficulté et les troubles politiques réclamant des changements s’intensifiaient. Le 26 mai 1926, le régime fut renversé par un coup d’État militaire soutenu par la quasi-totalité des partis politiques. Un nouveau régime fut créé : la « Ditadura Nacional » (« dictature nationale » en français). Mais les problèmes passés persistèrent et les dettes augmentèrent de manière exponentielle. C’est pendant cette période troublée que Salazar entra en politique.

Salazar — on the left — in 1925

Salazar was a discreet man until 1928. At one point in his life, he even had the desire to become a clergyman. Born in 1889, Salazar came from a modest background. He was deeply unsatisfied by the anti-Catholics and antireligious stances of the First Portuguese Republic. He specialized in economy and finance, and was a professor at the University of Coimbra. He was approached several times by the military government between 1926 and 1928. He finally accepted an offer to become the Minister of Finance in 1928 with one condition: authority to veto every single financial decision. From 1928 to 1929, Salazar is credited for Portugal’s avoidance of financial default. He presented his resignation several times but had to stay in the government. The early 1930s witnessed renewed troubles in Portugal and the Great Depression. The government tried to push in favour of religious measures contested in the street by Republicans. In the meantime, Salazar created his own political party under the name “National Union”. It was a mix of several ideologies. Corporatism as explained in the introduction, but also “integral nationalism”, and more importantly “Luso tropicalism” — a key component as Portugal was still an empire in the 1930s, with colonies in Africa (Mozambique, Angola and Guinea) and also Timor (South-East Asia).

Salazar était un homme discret jusqu’en 1928. À un moment donné de sa vie, il a même souhaité devenir membre du clergé. Né en 1889, Salazar était issu d’un milieu modeste. Il était profondément insatisfait des positions anticatholiques et antireligieuses de la Première République portugaise. Il s’est spécialisé en économie et en finance, et était professeur à l’université de Coimbra. Il fut approché à plusieurs reprises par le gouvernement militaire entre 1926 et 1928. Il finit par accepter le poste de ministre des Finances en 1928, à une condition : avoir le droit de veto sur toutes les décisions financières. De 1928 à 1929, Salazar est reconnu pour avoir évité le défaut de paiement du Portugal concernant ses dettes. Il présenta sa démission à plusieurs reprises, mais dut rester au gouvernement. Le début des années 1930 a été marqué par de nouveaux troubles au Portugal ainsi que la Grande Dépression. Le gouvernement a tenté d’imposer des mesures religieuses contestées dans la rue par les républicains. Entre-temps, Salazar a créé son propre parti politique sous le nom d’« Union nationale ». Il s’agissait d’un mélange de plusieurs idéologies. Le corporatisme, comme expliqué dans l’introduction, mais aussi le « nationalisme intégral » et, surtout, le « tropicalisme luso », un élément clé puisque le Portugal était encore un empire dans les années 1930, avec des colonies en Afrique (Mozambique, Angola et Guinée) et au Timor (Asie du Sud-Est).

“National Union” logotype

— “Coimbra” Amália Rodrigues (1951)

A fado song celebrating the city of Coimbra. Melancholic and elegant, it became a symbol of saudade, the nostalgic soul of Salazar’s Portugal.

Chanson de fado célébrant la ville de Coimbra. Mélancolique et élégante, elle devint un symbole de la saudade, cette nostalgie propre au Portugal salazariste.


In 1933, Salazar became the 100th Prime Minister of Portugal and sought to establish a new political system. The “Estado Novo” was formally created after the 1933 Portuguese constitutional referendum. An interesting fact: women were allowed to vote for the first time in Portugal — but contrary to men, they were required to have a secondary education, when men were only required to know how to read and write. In 1933, Portugal still had a large empire as illustrated by this map — dates are independence year from Portugal:

En 1933, Salazar devint le 100e Premier ministre du Portugal et chercha à établir un nouveau système politique. L’« Estado Novo » fut officiellement créé après le référendum constitutionnel portugais de 1933. Fait intéressant : les femmes furent autorisées à voter pour la première fois au Portugal, mais contrairement aux hommes, elles devaient avoir suivi des études secondaires, alors que les hommes devaient seulement savoir lire et écrire. En 1933, le Portugal possédait encore un vaste empire, comme l’illustre cette carte. Les dates indiquées correspondent à l’année d’indépendance vis-à-vis du Portugal :

While the political base of the “Estado Novo” was strong — Salazar had gained a great reputation inside the country — several challenges were ahead. Illiteracy, lack of industry, social difficulties, poverty… The challenges of the new regime were numerous. The international context was also difficult — especially the Spanish Civil War from 1936 to 1938. Salazar — perfectly informed of the economic difficulties — focused on monetary and financial control of the expenditures at least until the late 1940s. Incremental and slow efforts were made across Portuguese society. Illiteracy was extremely high and remained a serious issue for Portuguese society until the early 1950s.

Si la base politique de l’« Estado Novo » était solide — Salazar jouissait d’une excellente réputation dans le pays –, plusieurs défis restaient à relever. Analphabétisme, absence d’industrie, difficultés sociales, pauvreté… Les défis du nouveau régime étaient nombreux. Le contexte international était également difficile, notamment en raison de la guerre civile espagnole de 1936 à 1938. Salazar, parfaitement informé des difficultés économiques, se concentra sur le contrôle monétaire et financier des dépenses, au moins jusqu’à la fin des années 1940. Des efforts progressifs et lents furent entrepris dans différents secteurs de la société. L’analphabétisme était extrêmement élevé et restera un problème grave pour la société portugaise jusqu’au début des années 1950.

Children in Mocidade Portuguesa’s uniform on the right, 1956 (Biblioteca Municipal de Figueiró dos Vinhos)

— O Pátio das Cantigas (1942)

A musical comedy portraying a cheerful Lisbon neighborhood. It offered a sanitized, joyful vision of Portugal that matched Salazar’s ideal of harmony and tradition.

Comédie musicale représentant un quartier joyeux de Lisbonne. Elle offrait une vision idéalisée et joyeuse du Portugal, conforme à l’idéal d’harmonie et de tradition de Salazar.


Salazar was unwilling to push in favour of massive changes to Portuguese society. The economic corporatism didn’t contribute to the improvement of economic and working conditions in the country. Instead, it contributed to the concentration of economic power and tools in the head of a few powerful families. Regarding society, Salazar’s Portugal adopted the habits of the far-right regimes across Europe at the time. This was especially visible through the youth leagues and the creation of the “Mocidade Portuguesa” (“Portuguese Youth” in English) in 1936. This organization looked like similar youth organization in authoritarian regimes — Nazi Germany, Soviet Union or Mussolini’s Italy.

Salazar était peu disposé à promouvoir des changements radicaux dans la société portugaise. Le corporatisme économique n’a pas contribué à l’amélioration des conditions économiques et de travail dans le pays. Au contraire, il a favorisé la concentration du pouvoir économique et des moyens d’action entre les mains de quelques familles puissantes. Sur le plan social, le Portugal de Salazar a adopté les habitudes des régimes d’extrême droite qui régnaient alors en Europe. Cela était particulièrement visible avec les ligues de jeunesse et la création de la « Mocidade Portuguesa » (« Jeunesse portugaise » en français) en 1936. Cette organisation ressemblait à d’autres organisations de jeunesse similaires dans des régimes autoritaires tels que l’Allemagne nazie, l’Union soviétique ou l’Italie de Mussolini.

Mocidade Portuguesa (Portuguese Youth) members working in the Monsanto Forest Park, Lisbon, circa 1938

The authoritarian regime also had its political police and labour camps. The PIDE (“Polícia Internacional e de Defesa do Estado” or in English “International and State Défense Police”) founded in 1933 and dissolved in 1974 was known for its brutality and political repression. It was rebranded as the “Directorate-General of Security” in 1969, but the whole apparatus was the same. The Tarrafal camp — located in Cape Verde — was notorious at the time. During the “Estado Novo”, nearly 40 political prisoners died here.

Le régime autoritaire disposait également de sa police politique et de camps de travail. La PIDE (« Polícia Internacional e de Defesa do Estado », ou en français « Police internationale et de défense de l’État »), fondée en 1933 et dissoute en 1974, était connue pour sa brutalité et sa répression politique. Elle a été rebaptisée « Direction générale de la sécurité » en 1969, mais l’appareil dans son ensemble est resté le même. Le camp de Tarrafal, situé au Cap-Vert, était tristement célèbre à l’époque. Pendant l’« Estado Novo », près de 40 prisonniers politiques y ont trouvé la mort.

Tarrafal prison — Gagum,CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

As other far-right regimes, the “Estado Novo” had its own legionary corps: the “Legião Portuguesa” (“Portuguese Legion” in English). Like fascist organizations at the time, they used the Roman salute. In 1935, Portugal established the FNAT (National Federation for Joy at Work), a replica of the “Nazi Kraft durch Freude”. Its objective was to organise workers’ leisure activities. With the onset of WWII, Portugal officially remained neutral. In practice, Salazar accepted an Allied airbase in the Azores. Salazar regime is credited — indirectly — with having saved Jews and foreign refugees given the lack of policy against them in Portugal. With the end of WWII and economic growth in nearly all European countries, the regime gradually abandoned the corporatist economic system in favour of a market oriented one. The country progressively accepted integration into the upcoming European political and economic framework (especially the European Free Trade Association in 1960). In the following years, Portugal integrated several international organizations: World Bank, International Monetary Fund and the GATT (General Agreement on Tariffs and Trade).

Comme d’autres régimes d’extrême droite, l’« Estado Novo » disposait de son propre corps légionnaire : la « Legião Portuguesa » (« Légion portugaise » en français). À l’instar des organisations fascistes de l’époque, ses membres utilisaient le salut romain. En 1935, le Portugal se dote de la FNAT (Fédération nationale pour l’allégresse au travail), réplique de la Kraft durch Freude nazie. Objectif : encadrer les loisirs des ouvriers. Avec le début de la Seconde Guerre mondiale, le Portugal a officiellement déclaré sa neutralité. Dans la pratique, Salazar accepta l’installation d’une base aérienne alliée dans les Açores. On attribue au régime de Salazar le mérite d’avoir sauvé, indirectement, des Juifs et des réfugiés étrangers, étant donné l’absence de politique à leur encontre au Portugal. Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la croissance économique dans presque tous les pays européens, le régime commença à abandonner progressivement le système économique corporatiste au profit d’un système orienté vers le marché. Le pays a progressivement accepté son intégration dans le cadre politique et économique européen naissant (en particulier l’Association européenne de libre-échange en 1960). Au cours des années suivantes, le Portugal a intégré plusieurs organisations internationales : la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce).

28 of May Revolution commemorations (1936)

— “Deus, Pátria e Família”

A slogan repeated in schools, media, and speeches. It summed up the moral foundation of Salazar’s Portugal: Catholic, conservative, and patriarchal.

Slogan répété dans les écoles, les médias et les discours. Il résumait les fondements moraux du Portugal salazariste : catholique, conservateur et patriarcal.


But this “idyllic” picture was going to be overshadowed by the fate of the African colonies. In early 1961, the Portuguese empire was threatened by growing discontent inside its borders. Violence erupted in 1961 in Angola, in 1963 in Guinea-Bissau and then in 1964 in Mozambique. These events prompted a massive and costly military intervention decided by Salazar: troops and equipment were sent to combat guerillas.

Mais cette image « idyllique » allait être assombrie par le sort des colonies africaines. Au début de l’année 1961, l’empire portugais était menacé par un mécontentement croissant à l’intérieur de ses frontières. Des violences éclatèrent en 1961 en Angola, en 1963 en Guinée-Bissau, puis en 1964 au Mozambique. Ces événements poussèrent Salazar à décider d’une intervention militaire massive et coûteuse : des troupes et du matériel furent envoyés pour combattre les guérillas.

Most of the guerilla’s movements were assisted by the Soviet Union and/or Cuba. The Colonial War raged from 1961 to 1974 (13 years). More than 1 million soldiers were mobilized at a time or another by Portugal. Military and civilian casualties reached the figures of 100 000–150 000 people killed during the conflict. The war was deadly but also costly as illustrated by this graph:

La plupart des mouvements de guérilla ont été soutenus par l’Union soviétique et/ou Cuba. La guerre coloniale a fait rage de 1961 à 1974 (13 ans). Plus d’un million de soldats ont été mobilisés à un moment ou à un autre par le Portugal. Les pertes militaires et civiles s’élèvent à 100 000–150 000 personnes tuées pendant le conflit. La guerre a été meurtrière, mais aussi coûteuse, comme l’illustre ce graphique :

Portuguese military expenses during the Colonial War

One can read the graph as follow:

  • OFMEU — National Budget for Overseas Military Expenses
  • Conto — popular expression for “$1000 (PTE)”

Le graphique peut être interprété comme suit :

  • OFMEU — Budget national pour les dépenses militaires à l’étranger
  • Conto — expression populaire pour « 1 000 $ (PTE) »
Marcello Caetano portrait

Despite economic improvements, life in Portugal was still difficult in the early 1970s. Emigration was rampant, economic life was dominated by conglomerates, political free speech was banned and the war was raging in the overseas colonies. Salazar suffered a cerebral haemorrhage in 1968 and was secretly replaced by Marcelo Caetano — whose full name is Marcello José das Neves Alves Caetano. Salazar died from health issues in 1970. Caetano pursued the economic reforms program with the abolishment of several licensing measures. Few steps regarding political freedom were undertaken but the changes were limited. No plan or actions were announced regarding the overseas colonies.

Malgré l’amélioration de la situation économique, la vie au Portugal restait difficile au début des années 1970. L’émigration était endémique, la vie économique était dominée par les conglomérats, la liberté d’expression politique était interdite et la guerre faisait rage dans les colonies d’outre-mer. Salazar fut victime d’une hémorragie cérébrale en 1968 et fut secrètement remplacé par Marcelo Caetano, de son nom complet Marcello José das Neves Alves Caetano. Salazar est décédé des suites de problèmes de santé en 1970. Caetano poursuit le programme de réformes économiques en abolissant plusieurs mesures d’octroi de licences. Quelques mesures ont été prises en faveur de la liberté politique, mais les changements ont été limités. Aucun plan ni aucune action n’ont été annoncés concernant les colonies d’outre-mer.

King Pedro IV Square (Rossio), Lisbon, Portugal, April 1964

— Poster

Bright colors and geometric lines show Portugal as peaceful and timeless — a vision of harmony promoted by Salazar’s regime.

Couleurs vives et formes géométriques présentent un Portugal paisible et intemporel — vision d’harmonie voulue par le régime Salazar.


The end of the “Estado Novo” was never tied to social issues or even the colonies — at least directly — but from the army itself. Something deeply ironic, when we know that it was the army that decided to overthrow the Republic in 1926. The issue came from major disagreements amid the army regarding the colonial operations, and especially between some generals and the “Estado Novo” government. Caetano decided to remove from his position the General António de Spínola who opposed the government on the way operations were conducted. This political move, combined with growing discontent within the army, led to the constitution of the MFA (Movement of the Armed Forces) to organize a coup d’Etat. The main organizer was Otelo Saraiva de Carvalho — a military officer. On the night of 24 April 1974: the “Estado Novo” regime was overthrown by the army, putting an end to the 41 years long authoritarian regime. The name “Carnation Revolution” came from the fact that soldiers — according to testimonies — had carnation flowers at the top of their guns or on their dresses.

La fin de l’« Estado Novo » n’a jamais été liée à des questions sociales ni même aux colonies — du moins pas directement –, mais à l’armée elle-même. Ce qui est profondément ironique, quand on sait que c’est l’armée qui a décidé de renverser la République en 1926. Le problème venait de désaccords majeurs au sein de l’armée concernant les opérations coloniales, et plus particulièrement entre certains généraux et le gouvernement de l’« Estado Novo ». Caetano a décidé de démettre de ses fonctions le général António de Spínola, qui s’opposait au gouvernement sur la manière dont les opérations étaient menées. Cette décision politique, combinée au mécontentement croissant au sein de l’armée, a conduit à la constitution du MFA (Mouvement des forces armées) afin d’organiser un coup d’État. Le principal organisateur était Otelo Saraiva de Carvalho, un officier militaire. Dans la nuit du 24 avril 1974, le régime de l’« Estado Novo » est renversé par l’armée, mettant fin à 41 ans de régime autoritaire. Le nom de « Révolution des œillets » vient du fait que les soldats, selon des témoignages, avaient des œillets sur le canon de leur fusil ou sur leur uniforme.

A crowd celebrates on a Panhard EBR armoured car in Lisbon — Centro de Documentação, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

It was probably one of few times that soldiers — in history — organized a coup d’Etat to reestablish a republic and democracy in a country. The revolution was relatively peaceful. The first democratic elections since the establishment of the “Estado Novo” were organized in 1975. What remains of the Salazar regime ? Not so much in today’s Portugal. The “Estado Novo” remains associated today with dictatorship, social difficulties, emigration and colonial war. All social and youth organizations of the “Estado Novo” were dissolved following the Carnation Revolution. Regarding Salazar’s figure, things are a bit different. No one in the current Portuguese political landscape claims his heritage.

Ce fut probablement l’une des rares fois dans l’histoire où des soldats organisèrent un coup d’État pour rétablir une république et la démocratie dans un pays. La révolution fut relativement pacifique. Les premières élections démocratiques depuis la création de l’« Estado Novo » furent organisées en 1975. Que reste-t-il du régime de Salazar ? Pas grand-chose dans le Portugal d’aujourd’hui. L’« Estado Novo » reste aujourd’hui associé à la dictature, aux difficultés sociales, à l’émigration et à la guerre coloniale. Toutes les organisations sociales et de jeunesse de l’« Estado Novo » ont été dissoutes à la suite de la révolution des œillets. En ce qui concerne la figure de Salazar, les choses sont un peu différentes. Personne, dans le paysage politique portugais actuel, ne revendique son héritage, mais sa figure reste quelque peu populaire.

Franco and Salazar cartoon— Joaquín de Alba Carmona, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

At the time of his death, Salazar was considered as the last dictator of Europe with Francisco Franco in Spain. Salazar died in 1970. Four years later, Franco died in 1974. In both cases, the regime never survived and democracy was reestablished. Culturally, the regime was not discussed extensively. Nevertheless, we can mention the 2025 movie “Our Father — The Last Days of a Dictator” by José Filipe Costa. In a more metaphorical way, we can mention the 1990 movie “No, or the Vain Glory of Command” (“Non, ou a Vã Glória de Mandar” in Portuguese) made by Manoel de Oliveira. Salazar is not discussed directly in this movie, but the Portuguese Colonial War is.

Au moment de sa mort, Salazar était considéré comme le dernier dictateur d’Europe avec Francisco Franco en Espagne. Salazar est décédé en 1970. Quatre ans plus tard, Franco meurt en 1974. Dans les deux cas, le régime n’a jamais survécu et la démocratie a été rétablie. Sur le plan culturel, le régime n’a pas fait l’objet de nombreuses discussions. Néanmoins, nous pouvons mentionner le film de 2025 « Notre Père — Les derniers jours d’un dictateur » de José Filipe Costa. D’une manière plus métaphorique, nous pouvons citer le film de 1990 « Non, ou la vaine gloire de commander » (« Non, ou a Vã Glória de Mandar » en portugais) réalisé par Manoel de Oliveira. Salazar n’est pas directement évoqué dans ce film, mais la guerre coloniale portugaise y est abordée.

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