Despite being French, I wrote several articles with enthusiasm about the British agriculture in 2025 and 2026 — as with « On the “granary” of the UK and British agriculture », « SCOTLAND, WALES AND NORTHERN IRELAND — The Other Side of British Agriculture » and « West of England — History, Agriculture and Challenges ». When I tried to share my passion around me in France, it faced a wall : the mad cow crisis. A deeply entrenched image. While my relatives are not representative of all the French people, the fact remains that in many countries, British agriculture remains associated with the Mad Cow crisis during the mid 1980s till the late 1990s.
Bien que je sois français, j’ai rédigé avec enthousiasme plusieurs articles sur l’agriculture britannique en 2025 et 2026, notamment « On the “granary” of the UK and British agriculture », « SCOTLAND, WALES AND NORTHERN IRELAND — The Other Side of British Agriculture » et « West of England — History, Agriculture and Challenges ». Lorsque j’ai essayé de partager ma passion avec mon entourage en France, je me suis heurté à un mur : la crise de la vache folle. Une image profondément ancrée. Même si mes proches ne sont pas représentatifs de l’ensemble des Français, il n’en reste pas moins que, dans de nombreux pays, l’agriculture britannique reste associée à la crise de la vache folle qui a sévi du milieu des années 1980 jusqu’à la fin des années 1990.
BSE

Bovine spongiform encephalopathy (BSE) is a neurodegenerative disease of cattle caused by misfolded proteins known as prions. Abnormal behavior, difficulty walking, weight loss, and eventually paralysis are among the symptoms. Prion disorders, like BSE, are always lethal; it usually takes four to five years from infection to the onset of symptoms, and it usually takes weeks to months from the onset of symptoms to death. The disease is tied in the public imagination to another well-known disease : Creutzfeldt–Jakob — a disease associated too much with endocannibalism practiced in Papua New Guinea till the 1970s. The agent could be transmitted by eating contaminated food. The core problem is that the incubation period without symptoms is extremely long (up to years). And when the patient displays symptoms, it’s usually too late to guarantee survival, and people in the year following the onset of the symptoms. The symptoms typically include : loss of intellect and memory, changes in personality, loss of balance and co-ordination, slurred speech, vision problems and blindness, abnormal jerking movements and progressive loss of brain function and mobility.
L’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est une maladie neurodégénérative du bétail causée par des protéines mal repliées appelées prions. Parmi les symptômes figurent un comportement anormal, des difficultés à marcher, une perte de poids et, à terme, une paralysie. Les maladies à prions, comme l’ESB, sont toujours mortelles ; il s’écoule généralement quatre à cinq ans entre l’infection et l’apparition des symptômes, et quelques semaines à quelques mois entre l’apparition des symptômes et le décès. Dans l’imaginaire collectif, cette maladie est associée à une autre maladie bien connue : la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie trop souvent liée à l’endocannibalisme pratiqué en Papouasie-Nouvelle-Guinée jusqu’aux années 1970. L’agent pathogène pourrait se transmettre par la consommation d’aliments contaminés. Le problème principal réside dans le fait que la période d’incubation sans symptômes est extrêmement longue (pouvant aller jusqu’à plusieurs années). Et lorsque le patient présente des symptômes, il est généralement trop tard pour garantir sa survie, et les personnes décèdent dans l’année qui suit l’apparition des symptômes. Les symptômes comprennent généralement : une perte des facultés intellectuelles et de la mémoire, des changements de personnalité, une perte d’équilibre et de coordination, des troubles de l’élocution, des problèmes de vision et la cécité, des mouvements saccadés anormaux et une perte progressive des fonctions cérébrales et de la mobilité.
British agriculture before the BSE Outbreak
Agriculture remained the dominant sector of the British economy until the mid-1800s. However, the repeal of the Corn Laws allowed large quantities of imported food to enter the country, which contributed to a decline in domestic agricultural standards. At the same time, population growth increased Britain’s dependence on food imports, making the nation strategically vulnerable during both World Wars. After 1945, the government introduced protectionist measures aimed at reducing this vulnerability and supporting rural communities. This policy direction was reinforced when the United Kingdom joined the European Economic Community in 1973, giving farmers access to the Common Agricultural Policy and a wider export market.
L’agriculture est restée le secteur dominant de l’économie britannique jusqu’au milieu du XIXe siècle. Cependant, l’abrogation des lois sur les céréales a permis l’entrée de grandes quantités de denrées alimentaires importées dans le pays, ce qui a contribué à un déclin des normes agricoles nationales. Parallèlement, la croissance démographique a accru la dépendance de la Grande-Bretagne vis-à-vis des importations alimentaires, rendant le pays stratégiquement vulnérable pendant les deux guerres mondiales. Après 1945, le gouvernement a mis en place des mesures protectionnistes visant à réduire cette vulnérabilité et à soutenir les communautés rurales. Cette orientation politique a été renforcée lorsque le Royaume-Uni a rejoint la Communauté économique européenne en 1973, permettant aux agriculteurs d’accéder à la politique agricole commune et à un marché d’exportation plus vaste.

Before the outbreak of Bovine Spongiform Encephalopathy (BSE), the British agricultural sector was already undergoing significant structural changes. Farming had become increasingly industrialised and productivity-oriented, influenced by the incentives of the European Common Agricultural Policy. Many farms specialised in intensive livestock production, particularly cattle, and relied on modern technologies, mechanisation and high-output feeding practices such as the use of processed animal protein. At the same time, the number of farmers was declining due to consolidation, financial pressure and rural depopulation. Despite these challenges, beef production remained an important economic activity, with strong domestic consumption and substantial export markets, making the sector both economically significant and vulnerable to future shocks.
Avant l’apparition de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), le secteur agricole britannique connaissait déjà d’importants changements structurels. L’agriculture s’était de plus en plus industrialisée et axée sur la productivité, sous l’influence des mesures incitatives de la politique agricole commune européenne. De nombreuses exploitations s’étaient spécialisées dans l’élevage intensif, en particulier bovin, et s’appuyaient sur les technologies modernes, la mécanisation et des pratiques d’alimentation à haut rendement, telles que l’utilisation de protéines animales transformées. Parallèlement, le nombre d’agriculteurs diminuait en raison de la consolidation, des pressions financières et du dépeuplement rural. Malgré ces défis, la production de viande bovine restait une activité économique importante, avec une forte consommation intérieure et des marchés d’exportation substantiels, ce qui rendait le secteur à la fois économiquement significatif et vulnérable aux chocs futurs.
At the beginning of the crisis, cattle farming represented the largest branch of British agriculture, accounting for as much as 38% of total agricultural output. It was able to meet most domestic demand for beef and dairy products, while also generating notable exports such as beef and cheese. The industry had developed dairy cattle breeds capable of producing high quantities of milk when fed protein-rich diets. Since the early twentieth century, farmers had used animal-based feeds such as meat-and-bone meal, which were shown to increase milk production more effectively than plant-based alternatives like soy. Although these feeds were more commonly given to dairy herds than to beef cattle, this distinction had little practical impact because most British beef originated from animals raised within dairy herds.
Au début de la crise, l’élevage bovin constituait le secteur le plus important de l’agriculture britannique, représentant jusqu’à 38 % de la production agricole totale. Il était en mesure de satisfaire la majeure partie de la demande intérieure en viande bovine et en produits laitiers, tout en générant des exportations notables, notamment de viande bovine et de fromage. L’industrie avait développé des races de vaches laitières capables de produire de grandes quantités de lait lorsqu’elles étaient nourries avec des régimes riches en protéines. Depuis le début du XXe siècle, les agriculteurs utilisaient des aliments d’origine animale tels que la farine de viande et d’os, qui se sont avérés plus efficaces pour augmenter la production laitière que les alternatives végétales comme le soja. Bien que ces aliments fussent plus couramment donnés aux troupeaux laitiers qu’aux bovins de boucherie, cette distinction n’avait que peu d’impact pratique, car la plupart de la viande bovine britannique provenait d’animaux élevés au sein de troupeaux laitiers.
The invisible crisis
The very beginning of the crisis dates back to April 1985, when a dairy cow on a farm in the county of Kent, in south-east England, began to show unusual neurological symptoms such as loss of coordination and changes in behaviour. At the time, veterinarians were unable to identify the cause, and the case remained isolated. The animal was eventually slaughtered, and laboratory examinations suggested a previously unknown degenerative brain condition. Because British cattle farming was highly intensive and relied increasingly on processed feed, the possibility of a wider sanitary problem was not immediately considered.
Les prémices de la crise remontent à avril 1985, lorsqu’une vache laitière d’une exploitation du comté de Kent, dans le sud-est de l’Angleterre, a commencé à présenter des symptômes neurologiques inhabituels, tels qu’une perte de coordination et des changements de comportement. À l’époque, les vétérinaires n’ont pas pu en identifier la cause, et le cas est resté isolé. L’animal a finalement été abattu, et les examens de laboratoire ont suggéré une affection cérébrale dégénérative jusque-là inconnue. L’élevage bovin britannique étant très intensif et reposant de plus en plus sur des aliments transformés, la possibilité d’un problème sanitaire plus large n’a pas été immédiatement envisagée.

In 1986, similar cases started to appear in other herds, particularly in the counties of Sussex and Surrey, where dairy and beef production were well developed. Farmers reported animals displaying nervousness, difficulty standing, and progressive deterioration. Veterinary authorities began to suspect a new livestock disease, but there was still no clear understanding of its origin or transmission. At this early stage, communication between local veterinary services and national institutions remained limited, and the issue was treated mainly as a technical animal health matter rather than a major public concern.
En 1986, des cas similaires ont commencé à apparaître dans d’autres troupeaux, notamment dans les comtés du Sussex et du Surrey, où la production laitière et bovine était très développée. Les éleveurs ont signalé que les animaux présentaient des signes de nervosité, des difficultés à se tenir debout et une détérioration progressive de leur état. Les autorités vétérinaires ont commencé à soupçonner l’existence d’une nouvelle maladie du bétail, mais son origine et son mode de transmission n’étaient pas encore clairement compris. À ce stade précoce, la communication entre les services vétérinaires locaux et les institutions nationales restait limitée, et la question était principalement traitée comme un problème technique de santé animale plutôt que comme un sujet de préoccupation majeure pour la population.
By late 1986 and early 1987, the number of suspected cases had increased in several southern and western counties, including Devon, an important cattle-breeding region. Agricultural professionals became more worried as the disease appeared to spread slowly within intensive production systems. However, before any public measures or national regulations were introduced, uncertainty dominated: farmers continued usual feeding practices, including the use of meat-and-bone meal, and markets for British beef remained stable. The crisis was still largely invisible to the wider public, confined to veterinary reports and specialist discussions within the agricultural sector.
À la fin de l’année 1986 et au début de l’année 1987, le nombre de cas suspects avait augmenté dans plusieurs comtés du sud et de l’ouest, notamment dans le Devon, une importante région d’élevage bovin. Les professionnels de l’agriculture s’inquiétaient de plus en plus, car la maladie semblait se propager lentement au sein des systèmes de production intensive. Cependant, avant que des mesures publiques ou des réglementations nationales ne soient mises en place, l’incertitude régnait : les agriculteurs continuaient à appliquer leurs pratiques d’alimentation habituelles, y compris l’utilisation de farines animales, et les marchés du bœuf britannique restaient stables. La crise était encore largement invisible pour le grand public, confinée aux rapports vétérinaires et aux discussions entre spécialistes au sein du secteur agricole.
Spreading
Between 1990 and 1991, the British government continued to reassure both farmers and consumers that beef remained safe despite the ongoing spread of Bovine Spongiform Encephalopathy (BSE). A key basis for this confidence was the long-standing experience with Scrapie, a similar disease affecting sheep that had never been shown to infect humans. Authorities therefore believed that meat from infected cattle would not transmit illness across species. However, scientific doubts were already emerging within veterinary and research communities, particularly in major cattle-producing counties such as Devon and Somerset, where the number of cases continued to increase and surveillance efforts intensified.
Entre 1990 et 1991, le gouvernement britannique a continué à rassurer tant les agriculteurs que les consommateurs en affirmant que la viande bovine restait sans danger malgré la propagation continue de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Cette confiance reposait en grande partie sur l’expérience de longue date acquise avec la tremblante, une maladie similaire touchant les moutons dont il n’avait jamais été démontré qu’elle infectait les humains. Les autorités estimaient donc que la viande provenant de bovins infectés ne transmettrait pas la maladie à d’autres espèces. Cependant, des doutes scientifiques commençaient déjà à émerger au sein des communautés vétérinaires et scientifiques, en particulier dans les principaux comtés éleveurs de bovins tels que le Devon et le Somerset, où le nombre de cas continuait d’augmenter et où les efforts de surveillance s’intensifiaient.
A turning point in public perception occurred on 10 May 1990, when it was widely reported that a Siamese cat named Max had developed BSE after consuming contaminated meat, providing the first widely recognised evidence outside laboratory conditions that the disease could cross species barriers. Similar cases were later observed in other domestic animals and even in captive wildlife, including a tiger in a British zoo. Despite these alarming signs, the government maintained its reassuring stance. Later that same month, Environment Secretary John Gummer appeared on television encouraging his daughter to eat a beef burger, declaring British beef to be “completely safe.” At this stage, while concern was growing among scientists and parts of the agricultural sector, widespread public panic had not yet taken hold.
Un tournant dans la perception du public s’est produit le 10 mai 1990, lorsque les médias ont largement relayé l’information selon laquelle un chat siamois nommé Max avait développé l’ESB après avoir consommé de la viande contaminée, fournissant ainsi la première preuve largement reconnue, hors du cadre des conditions de laboratoire, que la maladie pouvait franchir la barrière des espèces. Des cas similaires ont ensuite été observés chez d’autres animaux domestiques et même chez des animaux sauvages en captivité, notamment un tigre dans un zoo britannique. Malgré ces signes alarmants, le gouvernement a maintenu sa position rassurante. Plus tard dans le même mois, le ministre de l’Environnement, John Gummer, est apparu à la télévision pour encourager sa fille à manger un hamburger au bœuf, déclarant que le bœuf britannique était « totalement sûr ». À ce stade, alors que l’inquiétude grandissait parmi les scientifiques et une partie du secteur agricole, la panique générale n’avait pas encore gagné le grand public.

From 1992 to 1994, the epidemiological situation worsened significantly, especially in dairy-intensive regions such as Cheshire and parts of Wales, where infection levels were particularly high. The number of confirmed cases reached its peak during 1992–1993, with around 100,000 cases recorded, despite earlier restrictions on feeding cattle certain animal by-products such as offal. In response to the continuing spread of the disease, large-scale culling programmes were implemented, and ultimately around 4.4 million cattle were slaughtered during the outbreak. Although these developments placed growing economic pressure on farmers and livestock markets, the most dramatic trade bans and the full public health crisis would only emerge later in the decade.
De 1992 à 1994, la situation épidémiologique s’est considérablement aggravée, en particulier dans les régions à forte intensité laitière telles que le Cheshire et certaines parties du Pays de Galles, où les taux d’infection étaient particulièrement élevés. Le nombre de cas confirmés a atteint son pic en 1992–1993, avec environ 100 000 cas recensés, malgré les restrictions antérieures imposées à l’alimentation des bovins avec certains sous-produits animaux, tels que les abats. Face à la propagation continue de la maladie, des programmes d’abattage à grande échelle ont été mis en œuvre, et au total, environ 4,4 millions de bovins ont été abattus pendant l’épidémie. Bien que ces événements aient exercé une pression économique croissante sur les agriculteurs et les marchés du bétail, les interdictions commerciales les plus drastiques et la crise sanitaire à grande échelle ne se sont manifestées que plus tard dans la décennie.
The outbreak
From late 1994, a new and more alarming phase of the crisis began when several individuals in the United Kingdom started to develop symptoms of a rare neurological disorder resembling Creutzfeldt-Jakob Disease (CJD). Unlike the classical form, which generally affects older adults, this new variant appeared mainly in younger patients and would later be identified as variant CJD (vCJD), linked to the consumption of beef contaminated by Bovine Spongiform Encephalopathy (BSE). At this stage, however, the connection was still uncertain. The first known death occurred on 21 May 1995, when Stephen Churchill, a 19-year-old from Wiltshire, died after a rapid neurological decline. His case marked a turning point within scientific and medical circles, even though it initially attracted limited public attention.
À partir de la fin de l’année 1994, une nouvelle phase plus inquiétante de la crise s’est ouverte lorsque plusieurs personnes au Royaume-Uni ont commencé à présenter les symptômes d’une maladie neurologique rare ressemblant à la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ). Contrairement à la forme classique, qui touche généralement les personnes âgées, cette nouvelle variante est apparue principalement chez des patients plus jeunes et a été identifiée par la suite comme la variante de la MCJ (vMCJ), liée à la consommation de viande bovine contaminée par l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). À ce stade, cependant, le lien était encore incertain. Le premier décès connu est survenu le 21 mai 1995, lorsque Stephen Churchill, un jeune homme de 19 ans originaire du Wiltshire, est décédé après un rapide déclin neurologique. Son cas a marqué un tournant dans les milieux scientifiques et médicaux, même s’il n’a initialement suscité qu’un intérêt limité auprès du grand public.

Throughout 1995, the British government continued to emphasise that domestic beef remained safe to eat. Despite mounting concern among researchers and within parts of the agricultural sector — particularly in heavily affected cattle-farming regions such as Herefordshire and Cheshire — official assessments concluded in September 1995 that there was “insufficient evidence” to establish a causal link between BSE in cattle and the emergence of vCJD in humans. Farmers were already facing economic pressure due to ongoing herd losses and stricter monitoring measures, but beef consumption had not yet collapsed. Markets remained relatively functional, and international trade restrictions were still limited.
Tout au long de l’année 1995, le gouvernement britannique a continué à affirmer que la viande bovine produite au Royaume-Uni restait propre à la consommation. Malgré l’inquiétude croissante des chercheurs et d’une partie du secteur agricole — en particulier dans les régions d’élevage bovin fortement touchées telles que le Herefordshire et le Cheshire –, les évaluations officielles ont conclu en septembre 1995 qu’il n’y avait pas de « preuves suffisantes » pour établir un lien de causalité entre l’ESB chez les bovins et l’apparition de la vMCJ chez l’homme. Les agriculteurs subissaient déjà une pression économique due aux pertes continues de troupeaux et à des mesures de surveillance plus strictes, mais la consommation de viande bovine ne s’était pas encore effondrée. Les marchés restaient relativement fonctionnels et les restrictions commerciales internationales étaient encore limitées.
The situation changed dramatically on 20 March 1996, when Health Secretary Stephen Dorrell formally announced before Parliament that a probable link existed between eating BSE-infected meat and the new human disease. This declaration triggered a profound crisis of confidence in British agriculture, leading to sharp declines in beef consumption and the imposition of major export bans by European partners. In the longer term, 178 people would be diagnosed with and die from vCJD (latest recorded cases up to 2016), confirming the severe public-health impact of the outbreak and marking one of the most significant food safety crises in modern British history.
La situation a radicalement changé le 20 mars 1996, lorsque le ministre de la Santé, Stephen Dorrell, a officiellement annoncé devant le Parlement qu’il existait un lien probable entre la consommation de viande contaminée par l’ESB et cette nouvelle maladie humaine. Cette déclaration a déclenché une profonde crise de confiance dans l’agriculture britannique, entraînant une forte baisse de la consommation de viande bovine et l’imposition d’importantes interdictions d’exportation par les partenaires européens. À plus long terme, 178 personnes ont été diagnostiquées et sont décédées des suites de la vMCJ (derniers cas enregistrés jusqu’en 2016), confirmant l’impact grave de l’épidémie sur la santé publique et marquant l’une des crises de sécurité alimentaire les plus importantes de l’histoire moderne de la Grande-Bretagne.
The stigma
The legacy of the Bovine Spongiform Encephalopathy (BSE) crisis continues to shape perceptions of British agriculture today, even decades after the peak of the outbreak. During the late 1990s, the association between contaminated beef and the emergence of Variant Creutzfeldt‑Jakob Disease (vCJD) created a deep and lasting crisis of trust among consumers in the United Kingdom and abroad. British farming, once strongly associated with efficiency and productivity, became linked in public discourse with industrial excess, insufficient regulation, and failures in risk communication. This reputational damage extended beyond the beef sector, affecting broader perceptions of food safety and agricultural governance.
L’héritage de la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) continue d’influencer la perception de l’agriculture britannique aujourd’hui, même plusieurs décennies après le pic de l’épidémie. À la fin des années 1990, le lien établi entre la viande bovine contaminée et l’apparition de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) a provoqué une crise de confiance profonde et durable chez les consommateurs, tant au Royaume-Uni qu’à l’étranger. L’agriculture britannique, autrefois fortement associée à l’efficacité et à la productivité, a été associée dans le discours public à des excès industriels, à une réglementation insuffisante et à des défaillances dans la communication des risques. Cette atteinte à la réputation s’est étendue au-delà du secteur bovin, affectant la perception générale de la sécurité alimentaire et de la gouvernance agricole.
Internationally, the stigma persisted through prolonged trade restrictions and heightened scrutiny of British livestock products well into the 2000s. Even after export bans were lifted and sanitary reforms implemented, British agriculture continued to face the challenge of rebuilding credibility in European and global markets. The crisis also left a cultural imprint: media narratives, political debates, and consumer memory reinforced the idea that modern intensive farming practices could generate systemic risks. As a result, British producers increasingly emphasised traceability, animal welfare, and quality assurance labels in order to distance themselves from the image associated with the BSE years.
Au niveau international, cette stigmatisation a persisté jusqu’au début des années 2000, sous la forme de restrictions commerciales prolongées et d’une surveillance accrue des produits d’élevage britanniques. Même après la levée des interdictions d’exportation et la mise en œuvre de réformes sanitaires, l’agriculture britannique a continué à devoir relever le défi de rétablir sa crédibilité sur les marchés européens et mondiaux. La crise a également laissé une empreinte culturelle : les récits médiatiques, les débats politiques et la mémoire des consommateurs ont renforcé l’idée que les pratiques agricoles intensives modernes pouvaient générer des risques systémiques. En conséquence, les producteurs britanniques ont mis de plus en plus l’accent sur la traçabilité, le bien-être animal et les labels d’assurance qualité afin de se distancier de l’image associée aux années de l’ESB.
Today, while the sector has largely recovered economically and institutionally, the BSE episode still functions as a historical reference point in discussions about food safety, biosecurity, and agricultural policy. It contributed to the rise of precautionary regulation and consumer activism, as well as to a stronger demand for local, organic, or extensively farmed products. For many observers, the stigma attached to British agriculture is less about ongoing sanitary risk than about a symbolic reminder of how technological intensification and policy mismanagement can undermine public confidence in the food system.
Aujourd’hui, bien que le secteur se soit largement remis sur pied sur les plans économique et institutionnel, l’épisode de l’ESB reste un repère historique dans les débats sur la sécurité alimentaire, la biosécurité et la politique agricole. Il a contribué à l’essor de la réglementation de précaution et du militantisme des consommateurs, ainsi qu’à une demande accrue de produits locaux, biologiques ou issus d’une agriculture extensive. Pour de nombreux observateurs, la stigmatisation dont souffre l’agriculture britannique tient moins à un risque sanitaire persistant qu’à un rappel symbolique de la manière dont l’intensification technologique et la mauvaise gestion politique peuvent ébranler la confiance du public dans le système alimentaire.

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