Simon CHABROL

Écriture et recherche indépendante (FR/EN)

Technicien de support IT

’09 — EARLY TAKES

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Photography has been my great passion since at least my teenage years — that is, since I was 16 or 17. I discovered photography in an indirect way: through learning English. At the time, I was particularly poor at English, barely able to put together a correct sentence — which makes me smile today, at the age of 32, as I write bilingual articles on highly technical subjects such as nuclear weapons or agricultural resilience. I learnt English with the help of old photography books that I stumbled upon quite by chance. The most important of these was a reprint, complete with photographs, of Adolphe Smith’s ‘Street Life in London’, first published in 1877 — an opportunity to learn high-level literary English and to discover what is now known as social photography.

La photographie est ma grande passion depuis l’adolescence au moins, soit depuis mes 16–17 ans. Je découvre la photographie par un chemin détourné : l’apprentissage de l’anglais. A l’époque, je suis particulièrement mauvais en anglais, sachant à peine composer une phrase correcte — ce qui me fait sourire aujourd’hui à 32 ans, écrivant des articles bilingues sur des sujets très techniques comme les armes nucléaires ou la résilience agricole. J’apprends l’anglais à l’aide de livres photos anciens découverts un peu par hasard. Le plus important d’entre eux fût une réédition avec ses photos de l’ouvrage “Street Life in London” d’Adolphe Smith paru en 1877 — l’occasion d’apprendre un anglais littéraire de haut-niveau et de découvrir ce qu’on appelle aujourd’hui la photographie sociale.

Like many teenagers, I got my first mobile phone. In my case, my parents bought me a Sony Ericsson F305: the model known for its multi-coloured casing and, above all, its sliding screen — which is completely outdated today but was very fashionable when the phone was first released. Like many mobiles, it had a built-in camera — with nearly 2 megapixels, a ‘must-have’ feature for a mobile phone at the time. The years 2000–2010 were characterised, for manufacturers of mobile phones and digital SLR cameras, by what is now known as the ‘megapixel race’. It was with this mobile phone that I took my first photographs — which are, of course, what they are.

Comme beaucoup d’adolescents, j’obtiens mon premier téléphone portable. Pour ma part, mes parents m’offrent un Sony Ericsson F305 : l’édition connue pour sa coque multi couleurs, et surtout l’écran coulissant — qui est totalement daté aujourd’hui mais très à la mode lors de la sortie du téléphone. Il possède comme beaucoup de portables une caméra intégrée — de près de 2 Mégapixels, un “must” à l’époque pour un téléphone portable. Les années 2000–2010 sont marquées chez les fabricants de portables et reflex numériques par ce que l’on appelle aujourd’hui la course aux mégapixels. C’est avec ce téléphone portable que j’ai réalisé mes premiers clichés photographiques — qui valent ce qu’ils valent bien entendu.

The shutters on early mobile phone cameras share one thing in common with early cameras — light often enters them rather slowly. This is an effect I make the most of, often by taking photos in black and white or sepia, to achieve an ‘old photograph’ style — to mimic the photos I come across in old photography books. I therefore often avoid colour, as digital colour palettes are often of poor quality and cause problems when it comes to printing them. Two photos taken for this purpose in the corridors of my old secondary school in Nancy.

Les obturateurs des premières caméras de téléphones portables partagent un point commun avec les premiers appareils photographiques — la lumière y pénètre souvent de façon assez lente. C’est un effet que j’exploite, souvent en prenant les photos en noir et blanc ou sépia, pour obtenir un style “vieille photo” — pour mimer les photos que je découvre d’anciens livres photographiques. J’évite alors souvent la couleur car les palettes numériques sont souvent de qualité médiocre et posent des problèmes lorsqu’il faut procéder à leur impression. Deux photos réalisées à cet effet dans les couloirs de mon ancien lycée à Nancy.

The shutter effect works particularly well for photographs taken in nature or in parks — especially when photographing trees with sunlight filtering through the branches. It reminds me a little of the images from the 1922 film ‘Nosferatu’, particularly the scenes where the main character walks through the forest on his way to Dracula’s castle.

L’effet lié à l’obturateur marche particulièrement bien pour les photographies dans la nature ou les parcs — notamment lorsque l’on photographie des arbres avec la lumière du soleil qui passe entre les branches des arbres. Ça me rappelle un peu les images du film “Nosferatu” de 1922, notamment les scènes où le personnage principal traverse la forêt pour se rendre dans le château de Dracula.

A photo that might bring to mind a New York skyscraper photographed from a seedy alleyway. But no, it’s the Thiers Tower in Nancy, photographed from an adjacent alleyway. I deliberately placed a piece of PVC there to give the photo a ‘hazy’ look. This is typically the sort of effect you used to be able to achieve quite easily with a mobile phone camera. These days, built-in cameras are designed to optimize a number of settings, so you’d need to switch to manual mode.

Une photo qui pourrait évoquer un gratte-ciel de New-York photographié depuis une ruelle douteuse. Mais non, c’est la tour Thiers à Nancy photographiée depuis une ruelle adjacente. J’ai volontairement placé un morceau de PVC pour donner un côté “embrumé” à la photo. C’est typiquement le genre de chose que l’on pouvait réaliser sans trop d’efforts avec la caméra d’un téléphone portable. Aujourd’hui, les appareils photos intégrés sont faits pour optimiser un certain nombre de paramètres, il faudrait alors basculer en mode manuel.

A clock in the Parc de la Pépinière in Nancy — the combination of black and white, the composition’s framing and the shot angle lend this photograph a special charm. This is sometimes what you might call ‘easy’ photography — black and white, combined with the lighting, instantly lends a certain charm to photos that would have been far more ordinary in colour.

Une horloge au parc de la Pépinière à Nancy — le cumul du noir et blanc, des limites de l’obturateur et l’angle de la prise de vue donnent un charme particulier à cette photo. C’est parfois ce que l’on peut appeller de la photographie “facile” — le noir et blanc, et la lumière donnent un cachet instantané à des photos qui en couleurs auraient été beaucoup plus banales.

I WANT YOU — That’s the title I’ve given this photo, in memory of the eponymous American poster from the First World War. It’s a statue of a French officer in Nancy, deliberately photographed from a slightly menacing angle.

I WANT YOU — C’est le titre que je donne à cette photo, en souvenir de l’affiche américaine éponyme de la Première Guerre Mondiale. C’est une statue d’un officier français à Nancy, prise volontairement avec un angle un peu menaçant.

The two bottles — A photo that was of absolutely no interest, but whose aesthetic appeal I’ve always liked.

Les deux bouteilles — Une photo qui n’avait absolument aucun intérêt, mais dont j’ai toujours aimé le rendu esthétique.

The only colour photograph I was keen to keep in my archives relating to my early photographs: the carousel at Parc Sainte-Marie, closed in the autumn. We’ll have to wait until we’ve got a proper camera before we can make the most of the colours around us.

La seule photo couleur que j’ai tenu à garder dans mes archives en lien avec mes premières photographies : le carrousel du Parc Sainte-Marie fermé à l’automne. Il faudra attendre l’acquisition d’un véritable appareil photographique pour pouvoir pleinement exploiter les couleurs environnantes.

I have always remembered these two photographs as the ‘Land of Golden Fields’ — a motif that would recur very often throughout my adult life. The photos were taken in the Cévennes in the south of France. These were the very first photographs I ever took with a proper camera — not yet an SLR or a bridge camera, but something more capable than a mobile phone camera. At that point, it wasn’t really just experimentation for me any more, and photography was now set to be a part of my life for the next 17 years.

J’ai gardé le souvenir de ces deux photos comme le “Pays des Champs Dorés” — un motif qui reviendra très souvent dans ma vie d’adulte. Photos prises en Cévennes dans le Sud de la France. Il s’agit des toutes premières photographies que je réalisé avec un véritable appareil photographique — pas encore un réflex ou un bridge, mais quelque chose de plus performant que l’appareil photo d’un téléphone portable. A ce moment-là, ce n’est plus vraiment de l’expérimentation pour moi, et la photographie va maintenant faire partie de ma vie pour les 17 prochaines années de ma vie.

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