Simon CHABROL

Écriture et recherche indépendante (FR/EN)

Technicien de support IT

Réflexions sur Threads (BBC, 1984)


— Publiés entre la fin de l’année 2024 en Mai 2025, 148 pages, en français et en anglais

Version française :

Version anglaise :

Le but de cet essai en trois parties est d’explorer en profondeur le scénario développé dans le film de la BBC Threads (sorti en 1984) – qui raconte les conséquences d’un conflit nucléaire fictif sur l’Angleterre – pour évaluer son réalisme et explorer les très nombreuses implications qui ne sont malheureusement pas développées à l’écran : agriculture, société, gouvernance ou encore la logistique. Ce recueil regroupe mes analyses écrites entre 2024 et 2025 autour du film Threads (BBC, 1984). J’y applique une méthode proche de l’exégèse biblique :

  • analyse du récit,
  • reconstruction historico-géographique,
  • réflexion morale et politique,
  • questions de gouvernance,
  • résilience agricole et dignité humaine.

L’objectif : comprendre pourquoi ce film, considéré comme “réaliste”, s’effondre sous l’analyse… et comment un récit de dévastation peut finalement devenir une réflexion sur la continuité humaine.


Ces textes (tous publiés en Anglais à l’origine, est maintenant traduit pour cette occasion en Français) étaient à l’origine publiés sur Reddit puis Medium. Leur but ? Explorer en profondeur le scénario développé dans le film de la BBC Threads (sorti en 1984) – qui raconte les conséquences d’un conflit nucléaire fictif sur l’Angleterre – pour évaluer son réalisme et explorer les très nombreuses implications qui ne sont malheureusement pas développées à l’écran. C’est une sorte de trilogie :

  • UK 1984–1985 : analysis of the fuel crisis and societal collapse in Threads (1984) : une reconstruction des événements de la première année dans le film menant à un effondrement sociétal majeur
  • UK 1985–1994 : explaining the narrative jump in Threads (1984) : une tentative de reconstruction pour retrouver de la cohérence entre les scènes à la fin de la première année qui décrivent un chaos total et les scènes dix ans plus tard qui montrent un pays ayant retrouvé une nécessaire stabilité
  • Some deep thoughts on Threads (1984) : une synthèse des deux précédents articles, et des réflexions plus générales sur les aspects problématiques du film (et plus généralement, les films et études scientifiques sur ce sujet) sur le plan moral et éthique

Ces articles ont fait l’objet d’une traduction à la fois manuelle et automatisée, et contiennent quelques imperfections de traduction qui font l’objet de corrections (certaines phrases rédigées en anglais sont un peu difficiles à traduire en français).

Les articles ayant été publiés séparément à l’origine, il y a parfois des redites ou des informations répétées (cartes, discussions…) car les sujets étaient traités séparément ou ensemble parfois sur plusieurs articles. J’ai pris la décision de conserver les articles en l’état dans le cadre d’une lecture qui ne serait pas linéaire du début à la fin de la page.

Le film Threads est à sa façon un texte sacré comme la Bible Hébraïque. Un texte profondément nihiliste, séculaire et sans espoir; mais un texte sacré en ce qu’il représente pour de nombreuses personnes le sommet du réalisme concernant les conséquences d’une hypothétique guerre nucléaire. La réalité est malheureusement (ou heureusement selon notre point de vue) plus complexe; et peut-être même inattendue.

Comment survivre à un tel évènement ? Comment reconstruire quelque chose qui ait du sens ?  Quel modèle agricole et sociétal après un tel évènement ?

Le film (qui n’est qu’une porte finalement) m’a surtout servi de tremplin pour explorer des questions qui dépassent largement son cadre : agriculture, résilience, dignité humaine, éthique et morale, gouvernance… Des problématiques qui concernent nos sociétés confrontées au risque de perturbations majeures, passées et à venir. Un travail où j’ai finalement beaucoup utilisé l’ensemble des savoir-faire que je mobilise sur ce site internet : géographie, questionnement des sources, sociologie parfois, lectures historiques… Des savoir-faire finalement communs avec le domaine de l’exégèse et l’étude biblique, mais appliqués à un film sans rapport avec le domaine de théologie. 

Nous allons simplement essayer d’en comprendre le sens, le cadre géographique, d’en extraire le message, de le confronter à nos connaissances sur d’autres sujets, de comprendre la cohérence d’ensemble de son univers et de déterminer parfois ce qu’il faudrait sur le plan matériel (agricole, humain, organisationnel…) pour que l’ensemble soit crédible, plausible et réaliste. Si un composant nous semble déterminant à la cohérence du récit, nous le proposons. C’est le cas dans cet article avec de nombreuses discussions sur l’agriculture. 

Comment un film présenté par l’ensemble du monde scientifique, universitaire, intellectuel et même le British Film Institute comme le plus « réaliste » et le plus scientifiquement étayé, peut s’effondrer sous un examen critique de ses propres scènes, contraintes géographiques/logistiques et choix narratifs ? 

Au prix – ironiquement – d’une réorientation totale (contre son gré) de son message séculaire et nihiliste; en une fable moderne sur la rigidité et l’échec des institutions, la résilience et la dignité humaine, le renouveau agricole et la continuité humaine. Déroutant 🙂 

Malheureusement pour le film et ceux qui gravitent autour de lui depuis des décennies sans l’avoir interrogé. Heureusement pour nous, et peut-être les survivants à la fin du film.

Le réalisme de Threads s’arrête malheureusement pour lui assez rapidement lorsque l’on quitte le registre émotionnel (assez discutable au passage) pour évaluer le film selon son critère marketing essentiel : le réalisme, sa crédibilité scientifique et la plausibilité de ce qui est présenté à l’écran. Lorsque les questions essentielles émergent comme “Quelle coordination après l’attaque ?”, “Quid de l’essence la première année ?”, “Pourquoi une désintégration sociétale en moins d’un an ?”, “Qu’est-ce que Ruth et Jane ont pu manger/cultiver pendant le saut narratif inexpliqué dans le film ?” ou encore “Quelle forme d’agriculture a pu émerger pour supporter les scènes finales ?”; il s’avère que le film vacille car son narratif n’offre aucune réponse. Ce sont donc nos connaissances géographiques, agraires, sociétales et historiques qui vont devoir répondre à sa place.

Nous préférons, avant de poursuivre, répondre dès à présent à certains « straw man arguments » et lieux communs concernant ce film. « C’est le film le plus réaliste donc il est réaliste », « C’est un film des années 80 mais qui reste réaliste », « Il ne faut pas contester un film sur un sujet aussi grave que la guerre nucléaire », « Vous manquez le sujet précis du film en questionnant son réalisme »… Nous répondons… Oui… et non 🙂 Ces articles sont disponibles à la suite ici :

Royaume-Uni 1984-1985 : analyse de la crise du carburant et de l’effondrement de la société dans Threads (1984) : reconstruction des événements de la première année du film menant à un effondrement majeur de la société.

J’ai écrit cet article pour « marcher » en quelque sorte dans les pas des autorités dans la première partie du film, l’année après l’attaque nucléaire sur le Royaume-Uni. Utiliser le prisme de l’essence était important car c’est une ressource extrêmement précieuse et indispensable à la bonne marche de n’importe quelle économie moderne. Dans le contexte d’une analyse du film, cette ressource va nous permettre de répondre à une question essentielle : les causes de l’effondrement sont-elles liées à une disparition des ressources ou à un autre facteur ?

Royaume-Uni 1985-1994 : explication du saut narratif dans Threads (1984) : une tentative de reconstruction de la décennie entre les scènes de la fin de la première année, qui décrivent un chaos total, et les scènes dix ans plus tard, qui montrent un pays qui a retrouvé la stabilité nécessaire.

Le film se termine la première année après l’attaque nucléaire sur des images catastrophiques : famine, effondrement sociétal, violence militaire, disparition complète de la mécanisation… Pour des raisons narratives, le film n’explore pas cette période et fait un saut narratif de presque 10 ans. A ce moment-là, le pays semble avoir retrouvé une certaine stabilité, et 13 ans après l’attaque nucléaire, le charbon et l’industrie font leur retour de façon limitée. Étonnamment, le film n’offre aucun mécanisme explicatif sur des questions aussi essentielles que : l’agriculture, la gouvernance, la société… C’est une tentative de reconstruction de cette période inexplorée que vous allez lire.

Quelques réflexions profondes sur Threads (1984) : un résumé des deux articles précédents, et des réflexions plus générales sur les aspects problématiques du film (et plus généralement des films et des études scientifiques sur ce sujet) d’un point de vue moral et éthique.


Bibliographie

Hiver nucléaire : 

  • Tambora and the “Year without summer” : par l’Université de Bern sur les effets d’un événement climatique sévère

Cas Biélorusse : 

  • BELARUS: COUNTRY REPORT TO THE FAO INTERNATIONAL TECHNICAL CONFERENCE ON PLANT GENETIC RESOURCE : par l’Institut de recherche sur l’agriculture et les fourrages (Biélorussie), 1996
  • Impact of the Chernobyl accident on agriculture : par l’IRS (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire)

Pour les cartes minières du Royaume-Uni :

  • Et Margaret Thatcher brisa les syndicats : le Monde Diplomatique (2010)
  • Homes to be heated by warm water from flooded mines : BBC (2020)
  • Northern Mine Research Society

Pour les cartes agricoles du Royaume-Uni (blé, pommes de terre…) : 

  • Agriculture and Horticulture Development Board
  • U.S. Department of Agriculture – Foreign Agricultural Service
  • POTATO PRO
  • Revision World (Distribution of farming types in the UK)

Pour les conversion (barils en litres) : 

  • UnitConverters