Titre original – UK 1984–1985 : analysis of the fuel crisis and societal collapse in Threads (1984)

VERSION FRANÇAISE


J’ai écrit cet article pour « marcher » en quelque sorte dans les pas des autorités dans la première partie du film, l’année après l’attaque nucléaire sur le Royaume-Uni. Utiliser le prisme de l’essence était important car c’est une ressource extrêmement précieuse et indispensable à la bonne marche de n’importe quelle économie moderne. Dans le contexte d’une analyse du film, cette ressource va nous permettre de répondre à une question essentielle : les causes de l’effondrement sont-elles liées à une disparition des ressources ou à un autre facteur ?
Un an après l’attaque nucléaire dans le film Threads, on devine qu’il n’y a plus de carburant disponible étant donné que l’on voit des gens travailler dans les champs avec des houes, sans tracteur et moissonneuse-batteuse. Étant donné que l’essence était apparemment rationnée et utilisée uniquement par nécessité, il est intéressant d’étudier comment l’ensemble du stock de combustible aurait pu disparaître en un an au Royaume-Uni dans le film Threads, mais aussi dans le cas d’une guerre nucléaire ayant entraîné une perturbation majeure.
Notes importantes sur ce qui va suivre :
- Le taux de conversion utilisé dans l’article est de 1 litre de carburant = 0,006 baril
- Le document suppose que les autorités rationnent l’utilisation du carburant disponible pour le faire durer au moins un an
- Et concernant l’année exacte, je choisis 1984 (l’année de sortie du film)
Plan d’urgence britannique d’avant-guerre
Nous savons, grâce aux données économiques du Royaume-Uni en 1983, que le pays était capable de produire plus de 2 millions de barils de pétrole par jour et qu’il en consommait entre 1 et 1,5 million par jour. Je conserverai l’estimation la plus élevée pour les calculs de cet article. Nous savons également grâce à la divulgation récente de documents confidentiels que le Royaume-Uni stockait de nombreux produits pendant la guerre froide comme du carburant, de la nourriture, des médicaments…

A gauche la consommation journalière du Royaume-Uni et à droite sa production (Source INDEXMUNDI)
Il est difficile de quantifier correctement la quantité de produits stockés en raison du caractère évasif de certains documents, mais nous savons que le Royaume-Uni en 1984 (grâce au site Subterranea Britannica que j’ai beaucoup utilisé pour cet article : https://www.subbrit.org.uk/features/struggle-for-survival/) aurait peut-être pu stocker – en temps de crise – des quantités de pétrole représentant 76 jours d’utilisation en temps de paix. Le site n’est pas très précis sur le volume exact, on partira donc de la consommation en barils du Royaume-Uni par jour, ou 114 millions de barils de pétrole (brut ou raffiné). Pour ceux qui ne le savent pas, il existe deux manières de stocker le carburant :
- Pétrole brut : il peut durer des années, mais ne peut être utilisé immédiatement sans raffinement
- Essence raffiné : il peut durer 6 mois à 1 an, mais est disponible immédiatement et plus facile à stocker

Des livrets « Protect and Survive » (« Protéger et survivre ») probablement distribués à la population dans le film
Stockage et disponibilité du carburant dans le film Threads
Le gouvernement britannique dans le film Threads aura probablement voulu stocker la majorité de ce pétrole sous forme de pétrole raffiné en préparation de son plan d’urgence, mais ce n’est pas impossible en raison de la précipitation selon laquelle certains barils sont du pétrole brut (disons 10 % du total). Dans le film Threads, la crise menant à la guerre nucléaire commence le 5 mai et se termine le 26 mai lorsque les bombes tombent sur le Royaume-Uni, laissant au gouvernement une courte fenêtre de 20 jours pour stocker du carburant. Plusieurs facteurs sont en jeu si nous voulons nous aligner sur le récit fait dans le film Threads :
- Manifestations violentes contre la guerre
- Citadins quittant les villes
- Des soldats sont déployés en renfort en Europe
- Aucun (ou très peu) rationnement du carburant n’est appliqué au Royaume-Uni
- Des véhicules militaires sont repérés en train de prendre position à travers le Royaume-Uni
- Les véhicules d’urgence sont déplacés à travers le Royaume-Uni pour sécuriser leur emplacement
- De nombreux chasseurs sont utilisés le 26 mai lorsque l’Union soviétique lance son attaque
- Une quantité négligeable de carburant a été importée en raison de la crise internationale
- Même si le conflit est éclipsé par la crise internationale, le Royaume-Uni reste impliqué dans les Troubles en Irlande du Nord
- La grève des mineurs britanniques se poursuit depuis le 6 mars
Les deux derniers points sont très spécifiques au Royaume-Uni, mais ne sont pas articulés par le film. On ne les prendra pas en compte pour expliquer les évènements à l’écran. La quantité de 76 jours de pétrole correspondant à un usage en temps de paix est très peu probable dans ce contexte. Il est plus probable que le Royaume-Uni ne dispose que de 20 jours de pétrole à la fin de la journée du 26 mai, soit 30 millions de barils de pétrole (soit dans des centres de stockage spéciaux, soit via le contrôle des stations-service), mais à la fin du mois de mai de l’année suivante, tout a disparu.
L’attaque subie par le Royaume-Uni au matin du 26 mai est très brutale : près de 210 mégatonnes s’abattent potentiellement sur le pays. Avec une moyenne de 1.5 mégatonnes, cela représente 140 bombes. On ne peut que deviner pourquoi l’Union soviétique a lancé son attaque :
- La crise a peut-être atteint un point de non-retour, ce qui signifie que les dirigeants de l’Union soviétique étaient dans l’incapacité de reculer sans encourir d’énormes coûts politiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ce qui les a poussés à une fuite en avant. Les émeutes croissantes en Allemagne de l’Est mentionnées dans le film vont dans ce sens. La retraite après tous les déploiements de forces en Allemagne de l’Est aurait probablement été trop coûteuse pour les dirigeants soviétiques, car elle s’était faite aux dépens des civils. L’économie de l’Union soviétique était en plein désarroi dans les années 80, et cette montée en puissance de l’appareil militaire aurait entraîné davantage de pénuries et de sacrifices
- Poussé par son idéologie – un scénario extrême mais qui peut s’insérer dans la logique du film qui ne justifie pas l’attaque – le Politburo est arrivé à la conclusion que la perte d’au moins 75 millions de personnes en Union soviétique était acceptable dans le cadre d’un plan d’attaque massif et coordonné, si c’était le prix à payer pour gagner hypothétiquement contre les États-Unis et continuer à faire fonctionner l’Union soviétique. Une attitude qui se situe entre la folie, le calcul froid et la croyance sincère
- Il est également plausible qu’ils aient réagi à une escarmouche mineure ou à une provocation (même par erreur), et qu’ils aient décidé d’exécuter le plan d’invasion de l’Allemagne de l’Ouest jusqu’au Rhin
- Le fait que des bombes nucléaires aient été utilisées lors de l’invasion de l’Iran décrite au début du film pourrait avoir conduit à une « normalisation » de l’utilisation des armes nucléaires dans le cercle militaire soviétique
Le fait est que nous ne le saurons jamais. Dans le scénario décrit par le film, les soviétiques ont d’abord commencé par créer un EMP en faisant détoner une bombe à haute altitude en Mer du Nord pour complètement paralyser les communications au Royaume-Uni et en Europe de l’Ouest. Le film ne le montre pas, mais ce qui va probablement se produire au même moment, c’est que les troupes soviétiques et du Pacte de Varsovie (peut-être 0,5 à 1 million de soldats) vont franchir les frontières de l’Allemagne de l’Est pour entrer en Allemagne de l’Ouest, afin de pousser jusqu’au Rhin. Cela fait partie d’un plan appelé « Sept jours vers le Rhin » élaboré par les dirigeants soviétiques pendant la guerre froide.
Les premières cibles seront ensuite les bases militaires britanniques ainsi que celles de l’OTAN, puis les infrastructures stratégiques : ports, centrales, aéroports, raffineries… Les chiffres suivants sont issus d’un travail publié sur Medium sous le titre “The consequences of a nuclear war : case study on 80s UK”. On donc peut potentiellement lister :
- 10 ports de manutention de fret
- 12 aéroports internationaux ou régionaux
- 10 centrales électriques
- 40 infrastructures militaires (bases, radars, centres de communication…)
Les bombardements commencent ensuite par viser toutes les grandes villes et centres urbains majeurs. Londres bien sûr, mais également de nombreuses villes industrielles, économiques et portuaires; avec parfois des vocations multiples. On peut ainsi lister :
- Manchester (textile)
- Birmingham (automobile)
- Liverpool (grand port et industrie)
- Glasgow (construction navale)
- Leeds (textile et ingénierie)
- Sheffield (acier et produits sidérurgiques)
- Newcastle (construction navale et acier)
- Nottingham (habillement et médecine)
Belfast (construction navale et textile) - Bradford (textile)
- Stoke-on-Trent (une ville spécialisée dans la céramique fine, mais elle peut encore être considérée comme un centre manufacturier)
- Cardiff (acier)
- Portsmouth (port de la Royal Navy)
- Plymouth (construction navale)
Pour Londres, on pourrait avoir ces chiffres
- 4,43 millions de morts
- 13-19 mégatonnes
Pour les villes industrielles et économiques citées plus haut, ce serait potentiellement :
- 10 millions de morts
- 31-45 mégatonnes
On peut également citer des villes plus symboliques comme Oxford et Cambridge. Deux centres éducatifs majeurs et là où sont formées la plupart des élites britanniques. Les chiffres :
- 0,22 millions de morts
- 1 mégatonne au total
Ce qui a pu se produire ensuite était alors inévitable en raison de la nature d’un échange nucléaire. Cela devient un échange à outrance avec de nombreuses cibles non pertinentes touchées pour maximiser la destruction dans le pays et parfois sans justification : Leicester, Gloucester, Swansea… Les chiffres des bombardements finaux sont :
- 5 à 6 millions de morts
- 15-19 mégatonnes
Les villes potentiellement impactées seraient :
- Southampton
- Bristol
- Leicester
- Brighton and Hove
- Edinburgh
- Bournemouth
- Sunderland
- Kingston upon HullLuton
- Peterborough
- Swansea
- Reading
- Aberdeen
- Warrington
- Norwich
- Swindon
- Southend-on-Sea
- Dundee
- Ipswich
- Cambridge
- Oxford
- Gloucester
- Londonderry

On peut ajouter aussi potentiellement :
- York
- Derby
- Crewe
- Blackpool
- Blackburn
- Exeter
En fonction des estimations, le nombre potentiel de victimes immédiates pourrait s’élever entre 20 et 29 millions de morts. Voici un schéma simplifié des bombardements potentiels. A quoi aurait pu ressembler cette journée du 26 mai 1984 dans le film sur le théâtre européen des opérations ? En voici une carte :

Les cibles en rouges (logiques bombardements atomiques) sont des villes identifiées dans les rares informations publiques de l’exercice “Sept jours jusqu’au Rhin”. Sont ajoutés : le QG de l’OTAN à Bruxelles, les bases militaires américaines en East-Anglie et les champs de pétroles/gaz de Mer du Nord. On identifie également l’EMP (cercle gras en pointillé) au-dessus de l’Europe de l’Ouest et du Royaume-Uni. La poussée soviétique est identifiée par les flèches noires. Avec un point d’interrogation : la question d’une invasion éventuelle de la Finlande. Les croix rouges, les pays qui ne sont pas considérés comme des cibles sérieuses : France, Irlande, Norvège, Suède… Avec les flèches bleu, les mouvements des troupes de l’OTAN, et avec des cercles jaunes les bombardements atomiques en “airbursts” sur les troupes soviétiques.
Cinq éléments sont à prendre en compte pour expliquer l’épuisement rapide du carburant :
- Certains centres de stockage ne sont probablement plus accessibles suite aux frappes nucléaires (routes sont détruites, remplies de véhicules abandonnés, radiations, EMP, cible directe…) Si nous essayons d’estimer la quantité de carburant perdue et en tenant compte de l’ampleur des destructions indiquées dans Threads, cela pourrait représenter 30 % du stock
- Sur ce stock restant, nous avons dit que probablement 10 % était du pétrole brut. Compte tenu de l’ampleur de la destruction, nous pouvons supposer que le pétrole brut était inutilisable et irrécupérable, du fait de la destruction de nombreuses raffineries
- Etant donné que la majeure partie du pétrole était stockée sous forme de pétrole raffiné (essence, diesel…), la durée de vie de ce pétrole raffiné était de 6 mois à 1 an, mais uniquement dans de bonnes conditions de stockage et de transport. En raison des mauvaises conditions de stockage et de transport suite à la guerre nucléaire, il n’est pas faux de penser que jusqu’à 20 % du stock deviendra progressivement inutilisable et même dangereux pour les véhicules dans les mois à venir. La baisse prolongée de température due à l’hiver nucléaire peut conduire à une cristallisation de l’essence rendant le combustible inutilisable à moins que des additifs ne soient ajoutés, ce qui est peu probable. Le manque de stockage adéquat entraînera l’oxydation et l’humidité de nombreux conteneurs de carburant, rendant l’utilisation de ce carburant dangereuse pour les véhicules car il pourrait obstruer les moteurs
- Enfin, il est également important de prendre en compte le fait qu’une grande partie du carburant sera perdue à cause des fuites, d’une mauvaise gestion, de pertes et de vols. On peut imaginer que 10 % du stock de carburant sera ainsi gaspillé à un moment ou à un autre
Cela nous laisse avec un stock réel de 9 millions de barils au jour 0 suivant l’attaque nucléaire, donc 21 millions de barils sont perdus et non comptabilisés. Donc 70% est inutilisable dès le début ou progressivement. En nous basant sur la consommation quotidienne de carburant du Royaume-Uni d’avant-guerre, cela représente 6 jours d’utilisation en temps de paix. Avec un rationnement prudent, ce stock de carburant peut durer un an avec seulement 25 000 barils par jour. Pour chacune des périodes, un encart final rappelle ce qui a dû être fait pour justifier la possibilité d’une démographie conséquente (celle du film) soit 4 à 11 millions de survivants.
« Retombées nucléaires » du 26 mai 1984 au 9 juin 1984
…Les niveaux de rayonnement sont toujours dangereux. Les résidents de la bande de libération A — c’est-à-dire Woodseats, Dore and Totley et Abbeydale — ne devraient pas rester en dehors de leurs refuges plus de deux heures par jour…

Suite aux frappes nucléaires, les gens sont invités à rester chez eux pendant au moins deux semaines en raison des retombées radioactives. En raison du danger de ces retombées radioactives, très peu de déplacements de véhicules (militaires, pompiers…) sont susceptibles d’avoir lieu à travers le Royaume-Uni, mais une partie du carburant pourrait déjà être extraite des stocks pour faire fonctionner de nombreux moteurs-générateurs à travers le pays dans des bunkers (pour le gouvernement et les sièges régionaux du gouvernement ou RSG; Regional Seats of Government en anglais), des hôpitaux, des bases militaires… et également pour entretenir des infrastructures critiques comme les centres de communication. Environ 1,6 % (environ 140 000 barils) du stock de carburant sont utilisés sur deux semaines, soit 10 000 barils par jour.
Nous apportons une précision importante sur un sujet qui nous semble essentiel pour la suite : quel niveau de gouvernance lors de cette première année dans le film ? D’après les plans de contingence britanniques, en cas de crise majeure, les autorités locales (notamment les RSGs) devaient assumer le plus gros des responsabilités et fonctionner presque en autonomie. Nous avons, au-delà de ce qui aurait eu lieu ou pas dans la réalité, des réserves sur ce système de gouvernance théorique :
- Les régions britanniques, comme partout ailleurs, sont inégales sur les plans agraires, démographiques, de l’essence… Par conséquent, une application simpliste de cette logique pourrait conduire à des absurdités comme une région au potentiel agricole énorme qui ne pourrait pas assurer de récoltes faute d’essence, aucun mécanisme national n’étant en place. Une région à l’agriculture inexistante devrait nourrir sa population sans mécanisme national non plus. Cela ne nous semble pas réaliste dans la pratique, mais si peut-être théorisé dans des plans gouvernementaux
- Le film va nous montrer quelque chose d’intéressant : peu avant la récolte, les membres du Conseil municipal de Sheffield – en charge de la zone urbaine et des alentours – meurent ensevelis sous les gravats de leur abri. Pourtant, un certain nombre de choses en surface sont organisées, probablement à Sheffield et aux alentours. On doit donc en déduire qu’une gouvernance nationale a subsisté pour coordonner des acteurs en cas de défaillance de l’un d’entre eux
- Plusieurs choses sont organisées dans le film à une échelle que l’on peut supposer nationale (ou au moins à un niveau régional élargi) : un mécanisme de rationnement dont nous parlerons plus tard et surtout une récolte mécanisée (annoncée par un message gouvernemental, le dernier du film). Ces deux mécanismes sont dépendants de ressources qui doivent faire l’objet d’une coordination : la nourriture et l’essence. Et la récolte quant à elle suppose un effort qui doit être coordonné et planifié à une échelle bien plus importante que le comté ou le simple RSG, pour une raison simple (dont nous parlerons en détail plus tard) : la géographie agraire Britannique qui implique de concentrer les efforts et d’en redistribuer les fruits

Par conséquent, nous aurons tendance à penser les efforts de cette première année sur un plan davantage national que régional. Un fait d’ailleurs attesté, par exemple, par cet intertitre situé une semaine après l’attaque et qui signale que des représentants du gouvernement central britannique sont envoyés à travers le Royaume-Uni pour prendre le contrôle des stocks alimentaires dans différentes régions du pays.

Par exemple, un générateur diesel de 300 kW consomme 70 litres par heure (charge pleine). Un générateur plus puissant, par exemple 600 kW consomme potentiellement 150 litres par heure (charge pleine). Cela ferait une moyenne de 110 litres par heure. Si le générateur fonctionne toute la journée, cela équivaut à 2640 litres par jour, et 36 960 litres pour les deux semaines suivant les retombées, ce qui correspond à 232 barils. En 1984, le Royaume-Uni disposait peut-être de moins de 250 générateurs stratégiques à travers le pays (ce nombre est totalement inconnu pour être transparent – probablement même moins de la moitié de ce chiffre – l’idée étant plus avec cette valeur de créer en quelque sorte des contraintes dans notre estimation de l’essence consommée; l’idée est aussi de tenir compte de la possibilité de capacité très variables), ce qui aurait représenté 70 000 barils pour les deux semaines ou 5 000 barils par jour (ou 20 barils par jours par générateurs si on se base sur le chiffre de 250 générateurs).
Pour être d’ailleurs tout à fait transparent sur la suite : les ratios exacts de consommation ou le nombre d’unités (bunkers, véhicules…) ne seront pas déterminants pour comprendre ce qui est arrivé après l’attaque, même si ils fournissent une forme d’armature pour comprendre les événements à l’écran.
Ce qui reste disponible est probablement utilisé par les forces militaires qui prennent position à travers le pays (sécurisent les dépôts alimentaires, les entrepôts, les stations-service…) et mènent certaines opérations de faible envergure. Le stock s’élève désormais à 8.8 millions de barils après le couvre-feu.
Points clés de la période :
- Continuité d’une gouvernance centralisée nécessaire même si diminuée (à minima, via l’envoi d’émissaires sur place pour coordonner les actions nécessaires)
- Nécessaire déploiement de forces, même minime, dans les points clés du pays (stations services, dépôts d’essences, entrepôts de nourritures…) pour garantir la continuité logistique
- Début de l’état des lieux des infrastructures nationales pour coordonner la reconstruction à venir
« Tentative de reconstruction, exode des villes et pré-récolte » 10 juin 1984 au 22 septembre 1984
Les trois mois et demi qui suivront le couvre-feu et mèneront aux récoltes verront beaucoup de choses se passer au Royaume-Uni. Tous ces événements seront étroitement liés et ne se produiront pas de manière séquentielle. Les scènes du film ont laissé les choses ambiguës mais on peut en déduire que cette phase a duré 3 mois et demi, puisque la première récolte post-nucléaire a commencé 4 mois après l’attaque nucléaire, précédée 5 semaines après l’attaque nucléaire par un exode croissant des grandes agglomérations vers des villes plus petites comme Buxton et la campagne, et ensuite la nécessité d’organiser une pré-récolte. En trois mois et demi, le stock est épuisé de 2,08 millions de barils, soit 23,5 % de ce qui reste. Cela représente 20 000 barils par jour.
…Tous les citoyens valides — hommes, femmes et enfants — devraient se présenter aux tâches de reconstruction, à partir de 08h00 demain matin… La seule monnaie viable est la nourriture, donnée en récompense du travail ou refusée en guise de punition… Un survivant qui peut travailler reçoit plus de nourriture que celui qui ne le peut pas et plus il y a de morts, plus il reste de nourriture pour les autres…
Deux semaines après l’attaque, le gouvernement britannique a contacté par radio les habitants et leur a ordonné de s’inscrire aux points désignés pour commencer la reconstruction. Le narrateur va introduire à ce moment-là un certain nombre d’informations concernant un élément important : la nourriture et notamment sa distribution. D’apparence anodine, cette information (jamais développée par le film lui-même) va pourtant avoir des répercussions en chaîne imprévisibles, et que je vais développer plus tard. Le mécanisme décrit par le narrateur ne ressemble pas à un système rationnement classique. C’est un descriptif assez inquiétant d’ailleurs. Nous appellerons ce mécanisme « travail-contre-nourriture ». Le cadre conceptuel proposé par le film est pour le moins étrange. On parle d’un système de rationnement alimentaire qui fonctionne selon ces principes :
- L’argent n’a plus de sens depuis l’attaque
- La seule monnaie viable est la nourriture
- [Utilisée comme] récompense du travail ou retenue en guise de punition.
- Un survivant qui peut travailler reçoit plus de nourriture qu’un autre qui ne le peut pas
- Plus il y a de morts, plus il reste de nourriture pour les autres…
Il est à mon sens important d’être très honnête sur ce mécanisme : cela ne ressemble en rien à du rationnement classique. On est dans une configuration qui rappelle davantage un camp de concentration. Faut-il comprendre ce descriptif comme une preuve de cynisme du narrateur (et du film) ou comme une réalité tangible dans l’univers du film ? Comme Threads ne fournit jamais d’explication sur ses prémisses : nous nous devons de considérer cela comme une réalité tangible dans son univers. Et cela sera attesté par les scènes du film lui-même.
D’un point de vue purement historique, il est possible que le gouvernement britannique ait pu prévoir des dispositions prévoyant de remplacer provisoirement la monnaie par un système de troc temporaire. Cette hypothèse est décrite dans l’ouvrage War Plan UK de 1982 par Duncan Campbell. Mais manifestement, la lecture faite des passages nous semble sélective.
Ainsi à la page 127 : « En même temps, les planificateurs n’ont pas perdu de vue leurs valeurs fondamentales. Dans la plus remarquable des circulaires adressées aux autorités locales, Briefing Material Journal Wartime Controllers (53/76), le ministère de l’Intérieur a exposé ses vues sur l’économie post-nucléaire :
Effondrement de l’économie monétaire:
Une attaque nucléaire de grande envergure contre ce pays perturberait complètement le système bancaire sur lequel repose l’ensemble de l’économie monétaire. Même une attaque à petite échelle sur Londres et sur le site des principales installations des grandes banques de compensation aurait un effet similaire… L’argent, sous sa forme actuelle, n’aurait plus aucune signification. La circulaire proposait que le troc et, pour le gouvernement, la cession de nourriture ou de vêtements, remplacent assez rapidement l’utilisation de l’argent « en tant qu’élément de l’économie ». moyen d’acheter des biens ou de récompenser des services.
Il a ensuite souligné que :
Le rétablissement d’un nouveau système monétaire dans les plus brefs délais serait un élément essentiel de la politique de redressement national. Cela pourrait prendre un an ou plus, selon l’ampleur de l’attaque, et on ne peut pas supposer que l’ancienne monnaie sera rachetée, sauf peut-être au prix d’une dévaluation considérable de son pouvoir d’achat antérieur (souligné par l’auteur).
La circulaire explique également que les commissaires régionaux recevront l’aide de « conseillers financiers issus du Trésor et du secteur privé ».«
A titre personnel, le fait que la monnaie soit compromise ne me choque pas. Le mécanisme est pourtant présenté dans cet ouvrage comme une aberration morale et éthique, tout en soulignant que des plans étaient connus pour revenir à la normale. L’auteur du livre semble ne pas voir la problématique du sujet et écrit ce commentaire dénué de sérieux à notre sens : “Ces aperçus des priorités officielles pour un avenir post-nucléaire contrastent étrangement avec la pauvreté de la réflexion dans d’autres domaines. En revanche, sur des sujets tels que l’ordre public, les projets sont bien développés.”
L’auteur ne semble pas savoir (ou comprendre) qu’un plan de contingence est fait pour maintenir une société “debout”. La monnaie (une base essentielle de toute société moderne) est un problème que se doit d’évoquer tout plan de contingence, au même titre que le reste : rationnement, agriculture, ordre etc… Le film en fait une lecture particulièrement problématique.
Et à la page 153 je cite : » Bien entendu, de nombreux « crimes » commis en temps de paix auraient cessé d’avoir de l’importance, « à une époque où l’objectif principal serait la survie ». Le problème des peines non capitales après une attaque nucléaire est assez délicat, et le ministère de l’intérieur suggère le travail forcé – « travail en communauté » ; la famine – « rations restreintes » ; et les anciens stocks médiévaux – « exposition à la désapprobation du public ».«
Bien que parlant de méthodes assez exceptionnelles (même si peu différentes objectivement d’autres périodes historiques) ce passage traite des crimes et délits. Il ne permet pas d’établir un lien – fait par le film – entre un système de rationnement et une économie de la mort décrite par le narrateur, sur un mode concentrationnaire. Ce qui est présenté à l’écran nous semble avoir des implications bien plus lourdes que des mesures urgentes décrétées par les autorités. On parle quand même d’un système où la mort devient presque un avantage recherché avec cette phrase terrible « …plus il y a de morts, plus il reste de nourriture pour les autres… »
Étant obligé de mentionner le parti pris de l’auteur sur son propre sujet, dans le résumé en est la meilleure preuve : « Les plans secrets de défense civile prévoient de fermer les routes aux réfugiés, d’interner les manifestants et les pacifistes et de saisir les réserves de nourriture et de carburant. Il n’y aura pas de secours ni d’aide médicale pour les personnes piégées et mourantes à la suite d’une attaque nucléaire. Des millions de personnes mourront dans les zones ciblées par les attaques nucléaires, conséquence directe des politiques gouvernementales en matière de défense civile. »
Un postulat imprudent quand le livre lui-même évoque avec force et détails les discussions intensives du gouvernement de l’époque sur l’ensemble des sujets, aussi difficile cela soit-il et la condition de la survie collective. Mais l’ironie la plus criante pour l’auteur est son postulat complotiste d’un gouvernement qui chercherait à organiser un génocide déguisé en cas de conflit nucléaire, sous couvert de plans de contingence, tout en consacrant plus de 400 pages à démontrer tout le contraire, puisque le gouvernement britannique semblait capable de discuter de l’ensemble des sujets. Le fait que des sujets difficiles soient évoqués (comme le besoin de contrôler les flux de réfugiés, par exemple pour ne pas compromettre les récoltes, comme on peut le supposer dans le film) est en fait une obligation pour garantir le bien commun.
Notre crainte : que le film ait suivi ce schéma. Le système de rationnement introduit par le film contraste fortement avec le bon sens et les démarches du gouvernement les jours avant l’attaque :
- Évacuation des hôpitaux pour traiter les blessés après l’attaque
- Déplacement en lieu sûr des véhicules d’urgence
- Diffusion des spots télévisés “Protect and Survive”
- Contrôle des axes prioritaires à travers le pays pour faciliter les transports
- Envoi des consignes nécessaires aux autorités locales
- Arrestation d’agitateurs politiques (Une nécessité en cas de crise grave, la France avait procédé aux arrestations de sympathisants du pacte Germano-Sovietique en 1940 avant la bataille de France, l’Angleterre avait assigné à résidence Oswald Mosley pendant la Seconde Guerre mondiale… des réalités loin des idées complotistes de Duncan Campbell)
Comme indiqué précédemment, nous devrons nous contenter des assertions du narrateur. Mais revenons au sujet principal, le début de la reconstruction des villes.
Cette décision obligera le gouvernement britannique et les RSG à déplacer les matériaux stockés pour cette tâche vers les villes détruites. Il faudra également déployer des soldats pour assister les forces de police locales et faire respecter la loi martiale. Certaines industries stratégiques seront potentiellement re-démarrées si possible, sachant qu’après l’attaque nucléaire, le mot « stratégique » peut englober de nombreuses réalités, comme une boulangerie de campagne pour nourrir les soldats, les survivants et les travailleurs.
Concernant la reconstruction des villes, un sujet nous semble particulièrement essentiel : l’eau. Ce point n’est jamais évoqué dans le film (à la différence de la reconstruction ou de l’agriculture) mais c’est un sujet vital car il faut que la population puisse boire une eau propre et il faut également que les eaux usées fassent l’objet d’un traitement pour éviter la contamination des rivières et les épidémies. Ce sujet concerne l’ensemble du pays, mais plus particulièrement les ensembles urbains ayant fait l’objet de destructions massives. D’après les plans de contingence britanniques de l’époque, il aurait été demandé à la population de stocker de l’eau chez elle. On peut supposer (même si marginal et limité) qu’existe une faible quantité d’eau potable stockée par les autorités (citernes, bouteilles d’eau…), une solution palliative et temporaire. En attendant la remise en route (nécessaire et obligatoire) de certaines infrastructures liées au traitement de l’eau (à minima, les stations de traitement), il va falloir mettre en œuvre des solutions d’urgence. Il en existe plusieurs à cet effet :
- Même si problématique, l’eau de pluie peut faire l’objet de collectes via des citernes, puis faire l’objet d’un traitement
- On peut également utiliser l’eau des rivières, lacs, puits… lorsque cela est possible
- En dernier recours, les eaux stagnantes
Il existe plusieurs techniques “brutes” pour réaliser une purification/traitement d’urgence :
- La plus connue consiste à faire bouillir l’eau pendant plusieurs minutes, mais elle nécessite une source de chaleur
- La deuxième consiste à utiliser des pastilles de purification dont il est difficile de connaître la quantité et la disponibilité dans le Royaume-Uni des années 1980
- La troisième consiste à utiliser de l’eau de javel fortement diluée (2 à 4 gouttes par litres d’eau clair)
Concernant le traitement des eaux usées, c’est un enjeu majeur de santé publique (notamment ce que l’on appelle pudiquement “les eaux noires”). Si le système du tout-à-l’égout est compromis, il faut impérativement organiser :
- La mise en oeuvre de latrines sèches là où c’est possible, et ne pas rejeter ces déchets dans la nature ou dans une rivière, ni procéder à un enfouissement dans le sol
- La mise en oeuvre de fosses septiques rudimentaires
Toutes ces solutions sont évidemment palliatives, et ne compenseront pas la nécessité de remettre en route un système de tout-à-l’égout (ou à minima de latrines sèches collectives dans le pire des cas) et surtout la mise en place d’un réseau fonctionnel d’eau potable (même avec rationnement/distribution via des bouteilles/jerricans/citernes).
Les opérations militaires constitueront une priorité absolue. Les soldats seront chargés assez rapidement de contrôler les foules et d’arrêter les pilleurs à mesure que les dépôts alimentaires urbains seront épuisés. Le transport (principalement par route) sera complexe en raison des destructions. Si l’on estime que 8 000 barils par jour sont désormais utilisés par les groupes électrogènes à travers le pays, les efforts de reconstruction et de redémarrage des infrastructures critiques, il reste 12 000 barils par jour. Même avec l’ampleur des destructions et des EMP, il est très peu probable qu’aucun véhicule ne survive. Le film montre également des moissonneuses-batteuses, des tracteurs et même un avion après l’attaque nucléaire. L’idée selon laquelle tous les véhicules sont soudainement devenus obsolètes n’est donc pas fondée. Sur la base de données historiques portant sur 20 millions de voitures particulières au Royaume-Uni dans les années 80, nous pouvons imaginer que 1 à 2 % des véhicules d’avant-guerre, soit 200 000 à 400 000 véhicules, avec un point médian de 300 000 véhicules (pour la plupart des véhicules civils, mais aussi des camions militaires et d’urgence, des véhicules agricoles) fonctionnent toujours dans l’ensemble du Royaume-Uni, mais dans des conditions critiques.
Partant du fait qu’environ 20 millions de personnes (soit 35 % de la population d’avant-guerre) sont mortes immédiatement à cause de l’attaque nucléaire (d’après mes propres estimations issues d’un précédent travail sur le sujet disponible ici sur Médium), laissant 36 millions de survivants, cela signifie que nous aurons un véhicule pour 120 personnes, mettant beaucoup de pression sur ce qui reste et conduisant à une sur-utilisation rapide; contre un véhicule pour 3 personnes avant la guerre. Mais comme pour le carburant, nous aurons un écart important entre la valeur théorique et la réalité.
Pour estimer ce qu’il fallait pour faire fonctionner les voitures, j’ai pris deux véhicules emblématiques du Royaume-Uni des années 80 : le Vauxhall Cavalier et le Humber Pig. Le premier consomme environ 8 litres aux 100 kilomètres, tandis que le second consomme environ 20 litres aux 100 kilomètres (utilisation en temps de paix).

Deux Humber Pig en action en Irlande du Nord (images d’archives lors du Bloody Sunday en 1972)
Cela se traduit respectivement par 0,05 et 0,125 barils par jour. La première chose à faire est une moyenne pondérée. Je pense que parmi tous ces véhicules, 75 % étaient des voitures personnelles et 25 % des militaires/d’urgence/de transport. Cela nous donne 0,068 baril par jour. Les véhicules vont subir pendant longtemps des conditions critiques : sur-utilisation, « stop and go », surcharge, détours…

Disons que ces quatre problèmes représentent individuellement 30%, 25%, 50% et 30% de la consommation initiale soit 0,0204, 0,017, 0,034 et 0,0204 barils par jour. Si vous les additionnez, cela représente une utilisation de 0,0918 barils par jour. Désormais, la valeur du baril par jour est de 0,1598.
De nombreux autres facteurs contribueront probablement à cette augmentation : le mauvais état des routes, la dégradation mécanique et la baisse de la qualité du carburant. Disons que ces trois autres problèmes représentent individuellement 35%, 30%, 50% du taux de consommation initial soit 0,0238, 0,0204 et 0,034 barils par jour. Ces difficultés pourraient totaliser 0,0782, avec une valeur actualisée de 0,238 barils par jour.
Au début, la consommation de base était représentative d’un usage en temps de paix et de petites distances. Une distance plus longue (ajoutée aux contraintes précédentes) peut doubler l’utilisation en temps de paix. Ajoutons le taux de consommation initial à la valeur précédente. On obtient finalement 0,306 baril par jour et par véhicule. Soit environ 48 litres.

Outre les défis évoqués précédemment, cette valeur (aussi élevée soit-elle) doit également tenir compte de l’inégalité probable du parc de véhicules (véhicules plus gros/plus petits, mal entretenus…) et de l’accent probablement mis sur les camions militaires/lourds. Il faut également se représenter les problèmes évidents de logistiques qui vont survenir avec cette essence, dont l’absence probable de stations services fonctionnelles dans de nombreuses parties du territoire du Royaume-Uni. C’est d’ailleurs ce qu’illustre cette carte des autoroutes britanniques de 1983 combinée à la liste des cibles potentielles: le réseau autoroutier n’est probablement plus fonctionnel après l’attaque du 26 Mai 1984. La majorité des autoroutes passent dans ou à proximité immédiate des grandes conurbations et ensembles urbains détruits après l’attaque. Des endroits déjà confrontés à des défis logistiques et humanitaires conséquents. Le coût des opérations de transport ne peut qu’augmenter dans ce contexte, le recours aux voies secondaires étant non seulement une nécessité mais probablement une obligation dans de nombreux secteurs. Le réseau ferré britannique est probablement en piteux état également en témoigne le croisement de la carte des impacts urbains et militaires avec cette carte des chemins de fers britanniques de 1982. Tout cela ne peut qu’accroître les contraintes logistiques des autorités dans notre contexte.
Comme lors de notre précédentes discussions sur les générateurs : ces chiffres servent avant tout à faire “peser des contraintes” sur notre stock fictif (une façon de penser comme des planificateurs qui préfèrent additionner les contraintes mêmes théoriques ou peu probables, ou lorsque l’on fait des prévisions financières où les pertes sont parfois surévaluées de façon à trouver le point d’équilibre dans des conditions précaires) et à fournir une armature à notre analyse sur l’année qui a suivi l’attaque sur le Royaume-Uni. Et comme indiqué précédemment avec les générateurs : les ratios exacts de consommation ou le nombre d’unités (barils, véhicules…) ne seront pas déterminants pour comprendre ce qui est arrivé après l’attaque.
Faire fonctionner 300 000 véhicules coûtera 92 000 barils par jour alors que, en raison des restrictions de carburant et des problèmes logistiques dans le Royaume-Uni d’après-guerre nucléaire, la valeur disponible est plus proche de 6 000 barils par jour. Cela signifie que seuls 20 000 véhicules seront utilisés au Royaume-Uni (0,30 baril par jour/véhicule). Le ratio est en réalité de 1 800 personnes par véhicule.
Même si le film Threads ne le montre pas, faire autrement est impossible, en raison de la nécessité cruciale, lors de la reconstruction, de rétablir les transports, la logistique, les opérations militaires… Cela laisse 6 000 barils par jour comme stock régulateur pour tenir compte de l’utilisation inégale du carburant en ces temps troublés et en évolution rapide; et le coût croissant de la pré-récolte de cette période
Points clés intermédiaire de la période :
- Etablissement d’un recensement du parc automobile disponible et réquisitions du matériel disponible/fonctionnel
- Établissement de flux/ponts logistiques même précaires entre les régions clés du Royaume-Uni
- Mobilisation de la population pour les travaux de reconstruction
…Un exode croissant des villes à la recherche de nourriture. Nous sommes en juillet…

En raison de l’épuisement des stocks alimentaires urbains, nous assistons à un exode des villes à partir de 5 semaines après l’attaque, où des millions de personnes, désespérées et affamées, se déplacent vers les petites villes et les campagnes à la recherche de nourriture. Mais il faut le comprendre en ayant bien connaissance du mécanisme introduit plus haut par le film : « travail-contre-nourriture ». Si les dépôts alimentaires sont presque vides, faut-il également comprendre que le système mis en place par le narrateur commence à montrer ses premiers signes de faiblesse ? Le système décrit plus haut ne semble pas totalement priver la population trop faible ou vulnérable pour travailler de nourriture. Par contre, il est possible qu’à peine le minimum soit fourni, entraînant la migration des villes vers la campagne. Au vu du descriptif fait par le narrateur du système de rationnement en place, les injustices sont probablement légions. D’ailleurs, ce qui apparaît à l’écran signe les premiers échecs de la politique en œuvre, en témoigne les arrestations croissantes de pillards et la mise en place de cours martiales quatre semaines à peine après l’attaque nucléaire sur le Royaume-Uni.

Peu avant de décéder dans leur bunker, les responsables du district de Sheffield dans le film ont une dernière discussion intéressante concernant la nourriture. Les difficultés en approvisionnement sont réelles. La proposition de l’officier médical est sans appel : “Nous devrons réduire leurs rations. J’y ai réfléchi. Mille calories pour les travailleurs manuels et 500 pour les autres.”
Selon les données historiques britanniques de 1983, 44 millions de personnes vivaient dans les villes et 12 millions à la campagne.
Dans Threads, de nombreuses personnes quittent les villes avant la guerre nucléaire. Disons 2 millions à travers le Royaume-Uni, nous avons maintenant 42 millions de personnes dans les villes et 14 millions à l’extérieur.
Si la totalité des 20 millions de morts suite à l’attaque nucléaire étaient localisés dans les villes (soit 47 % de la population des villes), il y aurait toujours 22 millions de personnes dans les villes et 14 millions de personnes à l’extérieur. Disons que l’exode a commencé lentement après la fin du couvre-feu le 10 juin 1984, s’est considérablement accru 5 semaines après l’attaque et a complètement cessé lorsque les récoltes ont commencé.
En moyenne sur 104 jours, cela représente 211 000 personnes par jour. L’exode lors de la bataille de France (10 mai au 25 juin 1940, soit 74 jours) verra 10 millions de personnes (sur 40 millions de personnes) sur la route fuyant l’avancée de l’armée allemande, soit 135 000 personnes par jour. Parmi tous ces gens qui quittent les villes, beaucoup mourront en route.
La carte intertitre quelques secondes avant les scènes de récolte indique qu’entre 17 et 38 millions de personnes sont mortes suite à l’échange nucléaire (explosion, chaleur, retombées…). Cela représente beaucoup de monde. Le chiffre étant conséquent (38 millions de personnes, cela représente 70% de la population d’avant guerre).
Compte tenu du chaos total, on peut en déduire que l’armée sera envoyée d’urgence pour réprimer l’exode.
Certains moteurs-générateurs à travers le Royaume-Uni commencent à tomber en panne, la reconstruction des villes s’essouffle et le carburant est ré-acheminé pour gérer la crise : avions et hélicoptères pour suivre les mouvements des personnes et demander aux réfugiés de rebrousser chemin, barrages routiers pour arrêter ou limiter l’afflux de réfugiés dans les campagnes…
Quand on sait que les planificateurs britanniques du plan d’urgence en cas de guerre nucléaire étaient (c’est le moins que l’on puisse dire) sceptiques quant à l’aide aux réfugiés, on peut imaginer à quel point l’exode a été violent. Mais les autorités seront confrontées à de dures réalités : laisser mourir tous ceux qui se trouvent sur la route mais aussi submerger les campagnes, ou maintenir l’ordre et « gérer » l’exode.

Détail du protocole « Protect and Survive » concernant les réfugiés : « Votre commune sera la mieux placée pour vous aider en cas de guerre. Si vous déménagez, à moins que vous n’ayez un logement à vous ou que vous ayez l’intention de vivre chez des proches, la commune de votre nouvelle localité ne vous fournira aucune aide pour le logement, la nourriture ou d’autres besoins essentiels. Si vous partez, votre commune pourrait être amenée à confier votre logement vide à d’autres personnes. Restez donc chez vous. »
D’après ce que nous voyons à Buxton dans le film, la deuxième option fut probablement celle choisie. Une situation qui toutefois semble relever du pragmatisme local et dont la portée universelle n’est pas garantie.

Une situation qui s’écarte des dispositions du plan d’urgence en cas de départ des personnes de leur lieu de vie : il était prévu qu’aucun abri ni nourriture ne soit fourni. Cela pourrait expliquer le décalage entre les deux seules émissions gouvernementales entendues dans le film. La première émission a exhorté tout le monde à se déplacer vers les points désignés pour commencer la reconstruction. La deuxième émission montre une nette évolution vers la production agricole. Cette situation s’appuie sur de nombreux précédents historiques où les autorités ont dû adapter leur plan à la réalité. Un bon exemple est l’opération Hannibal lors de l’effondrement de l’Allemagne nazie en 1945. Jusqu’au bout, les autorités ont refusé par tous les moyens d’évacuer les civils (même les enfants) de Prusse orientale, assimilant ces actions à une désertion. Mais finalement, contre leur gré, ils ont dû évacuer 1 million de civils.
Même si cela n’est pas décrit dans le film, il est obligatoire qu’une pré-récolte ait été organisée par les autorités, au cours de cette période, avant la récolte dans le but de préparer les champs avec des directives impliquant : l’élimination de la poussière des retombées (on estime parfois qu’il faut retirer jusqu’à 10 cm du sol dans ce cas – même si cette mesure aurait été probablement très exceptionnelle voire anecdotique vu son coût logistique et agricole), l’enlèvement des cadavres de bétail pour éviter une contamination supplémentaire, l’établissement – même si cela aurait été difficile – de cartes de contamination des sols et également la préparation des machines nécessaires au traitement de la récolte. Un effort organisé probablement dès la levée du couvre-feu, donc les semaines suivantes. Ce besoin obligatoire d’organiser une pré-récolte implique donc logiquement que des personnes (militaires, experts agricoles, fonctionnaires…) et du matériel (essence, matériel pour évaluer les radiations…) soient déplacés logiquement vers les territoires agricoles du Royaume-Uni très tôt et en grand nombre. La géographie du Royaume-Uni nous permet d’identifier plusieurs régions agricoles clés (ici pour l’Angleterre et le Pays de Galles en 1985). Identifiée par une ligne noire en pointillée : les plaines céréalières du Royaume-Uni, d’importances probablement vitales pour le gouvernement fictionnel dans le film. Le système de « grade » pour la qualité des sols est propre au Royaume-Uni. Il fonctionne ainsi :
- Les terrains de catégorie 1, 2 et 3 sont considérés comme les « meilleurs et les plus polyvalents » et bénéficient d’une protection importante contre le développement; ces terres sont majoritairement à l’Est de l’Angleterre
- Les classes 4 et 5 sont décrites comme des terres agricoles de mauvaise qualité et des terres agricoles de très mauvaise qualité

Toutes ces choses nécessitent probablement du carburant. En raison des nombreux défis logistiques et de la crise de l’exode qui exerce une forte pression sur les campagnes, les efforts seront probablement minimes. Mais le film nous montre que le pays a continué à vivre une décennie après l’attaque, et cela implique un effort préalable dans le domaine agricole (semences, bétail…) lors de l’année qui a suivi l’attaque. Si cela avait dû arriver, on aurait assisté dans de nombreuses régions agricoles clés à ce défilé progressif de véhicules et soldats envoyés sur place pour réaliser des opérations agricoles clés pour sauver ce qui pouvait l’être encore de la récolte à venir.
Concernant l’essence, le Royaume-Uni était un très grand producteur de pétrole pendant les années 1980 grâce au pétrole de la Mer du Nord. L’inconvénient est que l’ensemble de ce potentiel était essentiellement situé assez loin des côtes britanniques, notamment près des côtes écossaises.

Le Royaume-Uni possédait également quelques gisements sur son sol, notamment à Wytch Farm dans le Sud-Ouest depuis les années 1970, et des développements étaient en cours depuis le début des années 80 dans la région de Nottingham et du Lincolnshire. Le Royaume-Uni produisait également du gaz, dont les gisements étaient quant à eux plutôt proches des côtes de l’Est de l’Angleterre. Comme mentionné avec la carte ci-contre. Il serait peu sérieux d’imaginer que les autorités n’auraient pas tenté de remettre en service les nombreux pipelines ou communications avec ces stations de forages gaziers/pétroliers.

Les terminaux pétroliers dans le Nord de l’Écosse auraient logiquement posés des problèmes logistiques majeurs pour leur remise en route car très éloignés des régions urbaines de Glasgow et d’Édimbourg. La logique aurait été donc de se concentrer dans certaines régions pour redémarrer certaines infrastructures/réparer. Par contre, le terminal pétrolier du Teesside et les terminaux gaziers de l’Humberside, Lincolnshire et de Norfolk s’inscrivent très logiquement dans le cadre de re-développement d’infrastructures critiques dans une région stratégique sur le plan agricole. De même, la remise en route des puits de la région de Wytch Farm semble cruciale, la zone étant capable à l’époque d’assurer potentiellement plusieurs milliers de barils de pétrole. Un montant dérisoire en temps de paix, mais crucial dans le contexte de cette première année et également pour la décennie suivante. On pourrait donc supposer, notamment du fait des contraintes de nourrir une population substantielle une décennie plus tard qui impliquerait des machines agricoles, une production même minimale d’essence (250-500 barils/jour par exemple) progressivement re-développée au cours de la décennie. Au terme de ces 3 mois et demi, il ne reste plus que 6,7 millions de barils.
Points clés de la période :
- Gestion nécessaire de la crise de l’exode et probablement provisions d’urgence (notamment, abandon du refus d’accueillir des personnes non-domiciliées dans les villes/villages concernés)
- Projection logistique de personnels (militaires, fonctionnaires, experts…) et matériels (essence, machines…) vers les zones agricoles clés du Royaume-Uni, dans cet ordre prioritaire : Est de l’Angleterre (plaines céréalières et nombreuses cultures vitales), Région d’Édimbourg en Écosse (orge, pommes de terres…), Hereford-Worcester (mixte), Kent (fruits), Sud-Ouest de l’Angleterre (élevage)
- Conscription de la population rurale et des réfugiés urbains pour organiser les premiers travaux agricoles critiques : établissement de cartes radiologiques, nettoyage des sols, recensement du bétail, retrait des cadavres d’animaux, récolte des produits mûrs et consommables, préparation du matériel agricole…
- Travaux vitaux de remise en route des infrastructures pétrolières viables, avec des efforts concentrés dans le Sud-Ouest (puits pétroliers de Wytch Farm) et si possible travaux de remise en route des pipelines/raffineries pour obtenir du pétrole depuis la Mer du Nord
« Première récolte post-guerre nucléaire » 23 septembre 1984 au 22 décembre 1984
…Si nous voulons survivre à ces premiers mois difficiles et établir une base solide pour le redéveloppement de notre pays, nous devons alors concentrer toutes nos énergies sur la production agricole… Récolter cette première récolte diminuée est désormais littéralement une question de vie ou de mort. Les pénuries chroniques de carburant signifient que cela pourrait être l’une des dernières fois où les tracteurs et les moissonneuses-batteuses seront utilisés en Grande-Bretagne…

Quatre mois après l’attaque nucléaire, les premières récoltes de l’après-guerre nucléaire ont commencé. Le gouvernement britannique, les RSG et l’armée comprennent parfaitement qu’il n’y a pas de place pour l’échec. Outre le recours massif aux réfugiés des villes (ce qui n’était probablement pas l’intention initiale des autorités, mais cela arrive car beaucoup d’entre eux se sont installés vers les campagnes lors de l’exode), on peut supposer que les autorités assureront à tout prix le succès de la récolte, même si cela implique de réduire la pression sur le contrôle des stocks de carburant. Il n’en reste pas moins qu’organiser la récolte dans ces conditions est difficile.

Étude de cas avec l’Écosse. La région est importante pour les céréales mais relativement excentrée de l’Angleterre et excentrée du cœur agricole britannique dans l’Est. Voici une carte qui décrit un fiasco logistique et bureaucratique type qui peut arriver dans le pire des cas. Ici : cas de figure avec coordination nationale. Le QG gouvernemental envoyant aux différentes régions une demande pour connaître les besoins en essence, machines et personnels. Une information à communiquer à échéance précise pour organiser la logistique. L’Écosse dans notre cas établit un prévisionnel optimal et le transmet au QG. Peu avant l’échéance, le QG revient vers l’Écosse pour s’accorder. Problème : la ou les personnes en charge ne sont pas là, et la réponse est attendue ce jour. La personne au téléphone ne connaît pas le sujet, tergiverse, demande un délai qui lui est refusé, cherche dans les documents à sa disposition… En face, le ou les agents du QG peuvent en jouer inconsciemment pour avancer leurs intérêts aussi dans un contexte critique. Résultat ? L’accord final est inférieur aux estimations sur plusieurs points critiques, mais le matériel, ainsi que l’essence et le personnel sont mis à disposition et vont partir vers l’Écosse. Nouveau problème : la grande conurbation des Midlands est détruite rendant le réseau autoroutier impraticable. Seul chemin : l’Est-Anglie puis longer la côte Est. Les problèmes émergent sur le terrain : désaccords, difficultés avec le flux de réfugiés, pertes d’essences, vols, retards… L’accord obtenu était déjà de mauvaise qualité, l’Écosse va finalement se retrouver avec moins que ça.

Il est assez ironique de voir que lors de la seule et dernière récolte organisée par le gouvernement dans le film, les gens ne travaillaient qu’à mains nues pour collecter de la nourriture, alors qu’ils travaillaient tous avec des outils et même des lunettes de protection 1 an et 10 ans plus tard. Tous ces indices laissent présager d’une récolte désespérée, désorganisée et inefficace. Sur le plan sociétal, les choses sont en pleine dégradation à l’écran lors de la récolte. Des personnes tombent d’épuisement au sol sans recevoir de l’aide, Ruth elle-même est abandonnée et doit accoucher seule, et les survivants travaillent sous étroite surveillance militaire. Cela ne semble pas présager d’un dénouement heureux. Tout cela est malheureusement l’aboutissement d’un mécanisme de rationnement inique.
La récolte a lieu en essayant de faire fonctionner les générateurs restants à travers le pays pour maintenir en vie les quelques infrastructures critiques en voie de disparition. Faire fonctionner tous les tracteurs et moissonneuses-batteuses disponibles nécessitera beaucoup de carburant. Il est également important de noter que dans les années 80, le Royaume-Uni comptait une population estimée à 350 000 tracteurs de tous types, moissonneuses-batteuses et bien d’autres équipements agricoles. Même si les campagnes ont été en partie épargnées par les retombées radioactives, les destructions et les EMP, il est peu probable que tous ces véhicules soient en état de fonctionner. Plus haut, les statistiques du gouvernement britannique en 1983 sur les véhicules agricoles (Source : Agricultural Statistics United Kingdom 1983, MINISTRY OF AGRICULTURE, FISHERIES AND FOOD DEPARTMENT OF AGRICULTURE AND FISHERIES FOR SCOTLAND DEPARTMENT OF AGRICULTURE FOR NORTHERN IRELAND WELSH OFFICE)

Un nombre indéterminé de survivants de l’attaque nucléaire sont morts lors de la crise de l’exode des mois précédents (famine, violence, maladies, maladie des radiations, blessures, brûlures au troisième/quatrième degré…), le film ne fournissant aucun décompte précis. Il est donc peu probable que les survivants puissent faire fonctionner toutes les machines. Mais cela implique que les autorités devront encore compter sur des véhicules pour cette récolte. Et contrairement aux voitures dont la consommation se mesure en litres aux 100 km, la consommation de carburant des véhicules agricoles se mesure en général en litres par heure. À titre de référence, un tracteur de taille moyenne peut éventuellement nécessiter 0,1 baril par heure. Si l’on extrapole cette valeur à l’ensemble des véhicules agricoles dans notre cas (ce qui n’est absolument pas nécessaire bien sûr, mais permet d’illustrer le point), elle s’élève à 35 000 barils par heure et 280 000 barils par jour (8 heures). Un montant qui dépasse l’imagination dans un monde d’après-guerre nucléaire.

L’importance stratégique de l’Est de l’Angleterre est clairement illustrée par cette carte sur le positionnement des racines/tubercules/blé/orge au Royaume-Uni. La scène de la récolte impliquant une moissonneuse-batteuse, et donc des céréales, doit donc se dérouler logiquement dans l’Est du Royaume-Uni. Voici une carte qui présente où ont majoritairement lieu les cultures de céréales (blé à gauche – “wheat” – et orge à droite – “barley”) au Royaume-Uni (cartes du Agriculture and Horticulture Development Board).

La scène pourrait donc impliquer logiquement une migration de Ruth depuis Buxton en direction de l’Est du pays, la région de Buxton étant uniquement dédiée aux pâturages. Le blé et l’orge sont généralement récoltés entre Juillet et Août au Royaume-Uni. Le retard de la récolte dans le film témoigne de cette importante désorganisation. Pour rappel, une réalité décrite plus haut dans cette carte de 1985 sur la qualité des sols au Royaume-Uni (Angleterre et Pays de Galles) pour un usage agricole. Le système de « grade » pour la qualité des sols est propre au Royaume-Uni. Il fonctionne ainsi :
- Les terrains de catégorie 1, 2 et 3 sont considérés comme les « meilleurs et les plus polyvalents » et bénéficient d’une protection importante contre le développement; ces terres sont majoritairement à l’Est de l’Angleterre
- Les classes 4 et 5 sont décrites comme des terres agricoles de mauvaise qualité et des terres agricoles de très mauvaise qualité
En lien avec la discussion plus haut que le besoin d’organiser des efforts de remédiation contre les radiations dans les zones agricoles majeures, voici une visualisation des conséquences de frappes nucléaires au sol (ou “groundburst”) et plus particulièrement dans les terres la plus arables du Royaume-Uni, voici une visualisation des tracés potentiels avec NUKEMAP et quelques cibles symboliques dans l’Est de l’Angleterre et une carte des vents associée (j’ai choisi volontairement le mois de Mai pour coller à la date de l’attaque dans le film, même si bien entendu les vents peuvent fortement varier en fonction des mois de l’année) :

Les bombes utilisées sont de l’ordre de 500 kilotonnes. Cette valeur correspond aux armes de petite taille identifiées dans le cadre de l’exercice Square Leg organisé en 1980 par les autorités britanniques. NUKEMAP utilise un modèle très simplifié (les retombées ne suivent jamais une ligne droite et un tracé aussi précis), mais cela nous donne une idée générale. On constate que le pattern le plus grave de 1000 rads – une dose mortelle en cas d’exposition – est relativement limité (les traits les plus rouges foncés sur la carte). Le plus gros de l’impact pourrait être aux alentours de 100 rads si on se base sur ce modèle simplifié. En notant qu’il ne s’agit ici que la dose potentiellement absorbée : on ne parle pas de la contamination radioactive du sol. En général, on estime que :
- Une dose inférieure à 100 rad n’entraîne généralement pas de symptômes immédiats autres que des modifications sanguines
- Une dose de 100 à 200 rad délivrée à l’ensemble du corps en moins d’une journée peut provoquer un syndrome d’irradiation aiguë (SIA), mais n’est généralement pas mortelle
- Des doses de 200 à 1 000 rad délivrées en quelques heures provoquent des maladies graves, avec un pronostic défavorable dans la partie supérieure de la fourchette
- Les doses au corps entier supérieures à 1 000 rad sont presque toujours mortelles
La taille des armes utilisées joue également sur l’ampleur des retombées potentielles. Voici un résultat avec des armes plus “légères” de 250 kilotonnes, avec des résultats assez similaires.

Quant à savoir ce qu’il en aurait été au sol, cela est une autre histoire. Mais au vu de la valeur agricole de cette région, il semble logique que les autorités y aient concentré le maximum de leurs forces pour sauver ces terres arables. Pour rappel : le film nous montre une récolte avec une moissonneuse-batteuse, le gouvernement diffuse un message demande urgemment aux survivants de participer aux travaux agricoles et le gouvernement fictionnel implémente un programme impliquant un contrôle social en lien avec la distribution alimentaire.

Le Royaume-Uni possède une contrainte inhérente à sa géographie qui aurait poussé à des efforts conséquents : c’est un pays relativement petit et très compact. Le Royaume-Uni possède des surfaces agricoles productives mais relativement limitées en taille et en répartition géographique. Cette statistique de 2024 sur la production céréalière britannique (et plus particulièrement le blé) est révélatrice : la majeure partie de sa production est concentrée à l’Est du pays.

A cet effet, voici une synthèse des terres agricoles en Angleterre en Juin 1983 au regard de produits agricoles majeurs (céréales, légumes, pommes de terre et betterave) pour les comtés britanniques de l’Est. Céréales (3,3 millions hectares en Juin 1983) :
- North Yorkshire : 189716 hectares
- Humberside : 178257 hectares
- Lincolnshire : 291423 hectares
- Norfolk : 219837 hectares
- Suffolk : 183857 hectares
- Essex : 167774 hectares
- Kent : 93431 hectares
- Cambridgeshire : 179817 hectares
- Nottinghamshire : 80127 hectares
- Northamptonshire : 96674 hectares
- Hertfordshire : 62552 hectares
- Bedfordshire : 57995 hectares
Total : 1,8 million hectares (54% de la surface d’Angleterre). Légumes – hors pommes de terre – (140 000 hectares en Juin 1983) :
- North Yorkshire : 2557 hectares
- Humberside : 11783 hectares
- Lincolnshire : 34266 hectares
- Norfolk : 19206 hectares
- Suffolk : 9991 hectares
- Essex : 6427 hectares
- Kent : 7139 hectares
- Cambridgeshire : 11161 hectares
- Nottinghamshire : 2079 hectares
- Northamptonshire : 238 hectares
- Hertfordshire : 851 hectares
- Bedfordshire : 3908 hectares
Total : 109 000 hectares (73% de la surface d’Angleterre). Pommes de terre (141 000 hectares en Juin 1983) :
- North Yorkshire : 12273 hectares
- Humberside : 7884 hectares
- Lincolnshire : 20065 hectares
- Norfolk : 12406 hectares
- Suffolk : 4038 hectares
- Essex : 5578 hectares
- Kent : 5951 hectares
- Cambridgeshire : 12653 hectares
- Nottinghamshire : 4976 hectares
- Northamptonshire : 1295 hectares
- Hertfordshire : 702 hectares
- Bedfordshire : 1202 hectares
Total : 89 000 hectares (59% de la surface d’Angleterre). Betterave sucrière (198 000 hectares in Juin 1983) :
- North Yorkshire : 12880 hectares
- Humberside : 9655 hectares
- Lincolnshire : 33021 hectares
- Norfolk : 58670 hectares
- Suffolk : 24694 hectares
- Essex : 4685 hectares
- Kent : —
- Cambridgeshire : 23851 hectares
- Nottinghamshire : 8156 hectares
- Northamptonshire : 632 hectares
- Hertfordshire : 289 hectares
- Bedfordshire : 509 hectares

Total : 177 000 hectares (93% de la surface d’Angleterre). Si ces terres sont négligées ou abandonnées, cela veut dire que la Royaume-Uni perd la plupart de ses céréales, pommes de terre et quasiment l’ensemble de ses légumes et betteraves. Une primauté de l’Est de l’Angleterre (et du Royaume-Uni en général) très bien représentée par cette carte de l’utilisation des sols du Royaume-Uni avec la concentration massive des cultures arables à l’Est du pays (Est de l’Angleterre, Kent et région d’Édimbourg).

Voici une carte de l’Est de l’Angleterre soumises à des impacts basés sur l’exercice Square Leg (1980). Un cas extrême mais illustratif. L’idée étant d’identifier les efforts de remédiation les plus logiques en rouge : autour de la région du Fens, de Norfolk sur la côte notamment et le long de la côte jusqu’au Yorkshire. Un travail vital à la fois pour préserver les sols mais également les cultures. En noir l’abandon de régions à considérer comme non-prioritaires.

Pour conclure, il est important de discuter des nucléides. Il s’agit tout simplement de particules/matériaux radioactifs (césium-137, strontium-90, iode-131…) qui risquent de compromettre la viabilité des aliments. Il faut donc distinguer les aliments concernés, l’impact potentiel et les mesures de remédiation :
- Céréales : impact modéré à élevé, contamination principalement des racines et de l’enveloppe, il est recommandé de nettoyer/raffiner davantage les grains
- Légumes-feuilles : impact élevé, contamination directe, il est recommandé de les nettoyer abondamment et de retirer autant que possible les parties externes
- Légumes-racines : impact modéré, consommation risquée, il est recommandé de pratiquer le lavage, l’épluchage “profond” et la cuisson systématique
- Fruits : impact modéré, consommation risquée, mêmes méthodes que pour les légumes-racines, mais le risque de contamination des parties “internes” persiste
- Lait : impact élevé, consommation très risquée, il faut impérativement transformer le lait via la fabrication de fromages avec affinage long
- Viandes : impact modéré à élevé, peu de solutions si ce n’est évitement des muscles (“dégraissage”) ou attente
Ce problème de localisation des scènes – et donc de l’incohérence agricole du film – est démontré par le croisement de cette carte des sols britanniques de 1985 et la localisation approximative des scènes après l’attaque et 10 ans plus tard. Les scènes se déroulent selon le film dans les zones dont le sol est le plus pauvre et le moins adapté aux cultures. Mais revenons au sujet principal.
Vous devrez également redémarrer certaines usines de transformation alimentaire, même des choses simples comme un moulin à grains. Les forces militaires, profondément impliquées dans le maintien de l’ordre et la surveillance du bon déroulé des travaux, principalement dans les campagnes, auront besoin de carburant. Cela pourrait être l’un des derniers épisodes de « consommation massive » de carburant au Royaume-Uni en raison du besoin existentiel de récolter de la nourriture, avec jusqu’à 53 % du stock restant utilisé sur une période de trois mois, soit 3,6 millions de barils, soit 40 000 barils par jour, ce qui signifie que les tracteurs et les moissonneuses-batteuses peuvent être utilisés en plus grand nombre que prévu. Les générateurs et ce qui reste des infrastructures ne consomment probablement plus que 3 000 barils par jour. Les véhicules non agricoles (la plupart destinés à un usage militaire ou logistique) devraient toujours consommer 5000 barils par jour. Avec la désertion des villes suite à l’exode massif et la nécessité de concentrer toutes les énergies vers la production agricole, la plupart d’entre elles se retrouvent abandonnées et sans électricité. Ce qui laisse 32 000 barils par jour pour les tracteurs, les moissonneuses-batteuses, les autres machines agricoles et le coût de fonctionnement de ce qui reste des unités de transformation alimentaire; ce qui signifie que peut-être 40 000 véhicules agricoles pourraient être utilisés (0,8 baril par jour/véhicule agricole). En comparaison du nombre de véhicules agricoles britanniques, ce chiffre théorique représente moins que le seul total de l’ensemble des moissonneuses batteuses en 1983 pour l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Écosse (54 775 véhicules au total) :

Enfin, des efforts sont nécessairement organisés pour préparer la prochaine récolte. Après 90 jours, 3,2 millions de barils sont encore disponibles.
Points clés de cette période :
- Incorporation progressive (et nécessaire) de la population urbaine réfugiée au monde rural par participation à l’ensemble des travaux agricoles; une nécessité pour garantir une transition fluide la décennie suivante
- Montée en puissance progressive d’une organisation davantage décentralisée pour garantir la capacité à disposer d’une gouvernance en cas de défaillance de l’État central; avec maintien des capacités à se coordonner de manière supra-régionale (un point critique pour les récoltes dans un contexte de spécialisation régionale)
- Concentration d’expertises, de compétences institutionnelles et de la population dans les zones clés sur le plan agricole/industriel, et formation des hubs logistiques au croisement des capacités industrielles/agricoles/énergétiques; hubs pouvant logiquement devenir des “points-relais” dans un contexte de dégradation de l’appareil étatique
- Sur le plan énergétique, avec l’arrivée prochaine de l’hiver : nécessité de la remise en route d’une production charbonnière même minime
« Premier hiver post-guerre nucléaire » 23 décembre 1984 au 28 mars 1985
…Au cours des premiers hivers, de nombreux jeunes et vieux disparaissent de Grande-Bretagne…
Ensuite, nous avons le premier hiver après la guerre nucléaire. En raison de l’effet prolongé de l’hiver nucléaire, la baisse de température est plus importante que d’habitude, entraînant de nombreux décès. Ces décès entraîneront probablement une baisse importante de la consommation de carburant, car de nombreuses activités ne sont pas durables sans une main d’œuvre minimale. La pénurie chronique de carburant suite à la « consommation massive » de carburant lors de la récolte signifie que de nombreux systèmes sont mis hors d’usage. Le transport sera difficile sans déneigement. De nombreux générateurs d’avant-guerre ne sont probablement même plus utilisés. Il y a probablement plus ou moins 100-150 générateurs à travers le pays, consommant 2 000 barils par jour. Ainsi, le Royaume-Uni est probablement « en sommeil », car il est peu probable que les gens travaillent (la récolte étant terminée), mais normalement l’activité humaine doit reprendre progressivement avec la fin de l’hiver, et le besoin de reprendre certains travaux agricoles (mais avec un stock d’essence fortement diminué et compromis). Le chiffre pourrait se situer autour de 20 000 barils par jour. Pendant ces 95 jours, 1,9 million de barils sont utilisés. Le stock restant est estimé à 1,3 millions de barils.
Points clés de la période :
- Seuil critique pour une reprise de la production pétrolière, une nécessité pour la récolte à partir de 1985, le système agricole n’étant pas en capacité de transitionner brutalement vers des récoltes manuelles (notamment pour les céréales); production pétrolière en cours de consolidation/augmentation pour l’été 1985
- Introduction progressive de techniques manuelles pour économiser l’essence (“hoe-farming” et éventuellement traction animale dans les régions où cela est déjà possible) en vue de la récolte de l’été 1985
- Reprise des travaux agricoles avec un meilleur respect du calendrier agricole (nécessite de retrouver un cycle agricole normal)
- Consolidation des formes de gouvernance alternatives à l’État central (pôles régionaux, potentiels états résiduels…)

« Effondrement de la gouvernance centralisée » du 29 mars 1985 au 26 mai 1985
Cette scène de Threads commence par un télex indiquant que nous sommes 10 mois après l’attaque. La scène commence avec plusieurs gros plans sur des stocks de blé et un soldat à l’intérieur d’une grange surveillant la récolte, puis vous entendez des coups de feu, Ruth et d’autres personnes s’enfuient avec des céréales, vous pouvez entendre un soldat depuis un hélicoptère demander aux gens de revenir et tirer, puis vous voyez Ruth pleurer et essayer désespérément d’écraser des céréales pour nourrir son bébé. La scène est ambiguë, mais on pourrait en déduire que la récolte est soit sévèrement rationnée, soit non distribuée (probablement parce qu’il n’y a pas assez de nourriture pour tout le monde) et que par conséquent les gens ont recours au vol pour se nourrir. Le film ne dit rien à ce sujet, mais mon opinion personnelle est que la récolte est un échec irrémédiable, donc ce qui suit est basé sur cette hypothèse.
Parallèle avec “l’année sans été” (1816)
L’échec de la récolte devenant évident pour tout le monde et les autorités étant dans l’impossibilité de distribuer autant de nourriture que nécessaire aux gens, il est possible que des désertions et des désobéissances massives se produisent parmi les civils refusant de participer au système de travail forcé, car les autorités ne peuvent plus fournir ce qui servait d’incitation pour forcer les gens à travailler : la nourriture. Pour comprendre à quel point la récolte a été un échec irrémédiable, il faut comprendre que la production céréalière d’avant-guerre était de 22 millions de tonnes en 1983. J’utiliserai ce chiffre à des fins d’illustration. Nous pouvons calculer la quantité de récolte perdue comme suit (les calculs sont effectués sur toute la récolte potentielle) :
- Nous savons grâce à un événement similaire nommé « L’année sans été » en 1816, que sans ou peu de rayons de soleil, la perte de récolte peut atteindre 30-60 %. Si on prend la moyenne (45%), cela signifie que 9,9 millions de tonnes de céréales sont perdues et qu’il en reste 12,1 millions.
- Nous pouvons également prendre en considération le fait que certaines régions du pays sont jugées impropres à l’exploitation par les autorités en raison des niveaux élevés de radiations et de bombardements lors de l’attaque nucléaire. Cela pourrait représenter 5% de la récolte potentielle (soit 1,1 million de tonnes) laissant 11 millions de tonnes
- L’exode a exercé une forte pression sur les campagnes, pouvant conduire à la destruction de 2,5% de la récolte à venir, soit 0,5 million de tonnes de céréales.
Lorsque la récolte a commencé, cela signifiait donc que la production était limitée à 10,5 millions de tonnes. Mais davantage de nourriture sera perdue dans le processus (les calculs suivants sont désormais séquentiels) :
- On peut en déduire environ 10 % sous forme de graines pour la prochaine récolte (soit 1,05 million de tonnes), il reste donc 9,45 millions de tonnes.
- On peut estimer un taux de détérioration et de perte (mauvaises conditions de stockage et de transport, silos détruits…) à 15 % (soit 1,417 million de tonnes). Le produit de la récolte est encore réduit à 8,03 millions de tonnes
- Les conditions difficiles imposées pour garantir le succès de la récolte s’accompagnent probablement de thésaurisation et de vol, disons 5 % (ou 0,401 million de tonnes) ou 7,629 millions de tonnes restantes.
- Le recours à des personnes inexpérimentées (et épuisées) et à un nombre réduit de véhicules aura un impact sur la qualité et les quantités de ce qui a été récolté, disons 10 % (soit 0,762 million de tonnes). Nous disposons désormais de 6,827 millions de tonnes de céréales disponibles
- Il faut inclure l’impact des ravageurs comme les charançons, les coléoptères et la contamination fongique due aux mauvaises conditions de stockage, à la mauvaise formation des travailleurs, aux conditions climatiques exécrables et au manque de produits chimiques. Cela pourrait représenter 20% (soit 1,373 million de tonnes)
Finalement nous avons 5,454 millions de tonnes, soit moins de 25 % d’une récolte d’avant-guerre. Il s’agit du pire des cas à titre indicatif (le montant aurait pu être bien plus élevé, surtout avec des effets climatiques moindres, mais le film reste silencieux sur le sujet). Il n’en demeure pas moins que tout le système était dépendant des céréales, dont la production était compromise même avec de meilleures conditions climatiques : mécanisation, carburant, transformation… Une occasion manquée de se tourner vers d’autres cultures. Cette récolte fortement diminuée doit encore être transformée et transportée vers les dépôts alimentaires. Mais en raison de l’effondrement progressif de la logistique, des transports et des communications; cela pourrait signifier qu’une partie importante de cette récolte ne sera même pas distribuée. Cette possibilité correspond à la tentative désespérée de Ruth de voler des céréales pour nourrir sa fille. Indépendamment du montant exact collecté ou non, il devait être largement insuffisant pour couvrir les besoins.
Conséquences de l’échec du programme “travail-contre-nourriture”
Pour en comprendre toutes les conséquences, il faut remonter au 10 juin 1984, lorsque les autorités entament la reconstruction. Pour des raisons difficiles à cerner, le film nous explique qu’elles ont lié l’accès à la nourriture au travail forcé, même pour les enfants :
…Tous les citoyens valides – hommes, femmes et enfants – doivent se présenter aux travaux de reconstruction à partir de 8 heures demain matin. Les habitants du Release Band A, c’est-à-dire Dore et Totley, Abbeydale et Woodseats, devraient se donner rendez-vous à Abbeydale Park…
…L’argent n’a plus de sens depuis l’attaque. La seule monnaie viable est la nourriture, donnée en récompense du travail ou retenue en guise de punition. Dans la sombre situation économique qui a suivi, il y a deux dures réalités. Un survivant qui peut travailler reçoit plus de nourriture qu’un autre qui ne le peut pas, et plus il y a de morts, plus il reste de nourriture pour les autres…
Le film laisse à penser que le mécanisme n’était peut-être pas universel. On peut supposer que le minimum vital était fourni aux personnes trop faibles, mais sans garantie réelle en témoigne l’exode des villes. Le film ne répond pas non plus sur comment le système a pu fonctionner en hiver. A Buxton, lorsque Ruth y arrive après avoir quitté Sheffield, il semble y avoir une forme de soupes populaires organisées pour les réfugiés. Un choix qui pourrait s’expliquer par du pragmatisme, si les autorités locales ne pouvaient pas faire autrement. Mais nous avons ensuite une autre scène où Ruth est contrainte de manger un animal mort dans la campagne. L’existence du programme semble toutefois définitivement confirmée par les scènes du film pendant la récolte en 1984 : Ruth obligée de travailler alors qu’elle est enceinte et abandonnée, les gens meurent ou tombent épuisés au sol sans assistance…
Le film étant totalement évasif sur ce choix contre productif au pire moment, voici tout de même une piste de rationalisation (pour être honnête, peut-être la seule solution pour que le film conserve sa crédibilité, tout en étant obligé de modifier son message) : le fait est que la mise en œuvre du programme de « travail-contre-nourriture » a probablement été décidée non pas en raison de contraintes logistiques ou idéologiques, mais parce que les autorités (malheureusement, comme dans de nombreux cas historiques lors de graves perturbations) étaient plus soucieuses de maintenir l’ordre et les gens sous contrôle, et parce qu’elles pensaient que c’était la meilleure solution pour maintenir les systèmes économiques, agricoles et sociétaux d’avant-guerre. Les autorités étaient en fait réticentes à admettre que la meilleure solution était de s’adapter aux réalités de l’après-guerre nucléaire, et non de faire correspondre ces réalités aux attentes d’avant-guerre. Quelque chose d’impossible, car tous les systèmes du passé dépendaient de ressources en cours d’épuisement (comme l’essence) ou d’infrastructures détruites. Le meilleur exemple est l’utilisation de carburant pour maintenir une agriculture hautement mécanisée, alors que les autorités auraient dû aller le plus rapidement possible vers des systèmes plus résilients et plus durables.
Il était bien entendu impossible de mettre de la nourriture dans les magasins pour que les gens puissent l’acheter, mais un système de rationnement « classique » aurait pu être une meilleure solution. Tout le monde reçoit de la nourriture, même en très petites quantités (surtout les plus faibles comme les nouveau-nés, les enfants, les personnes âgées…) et ceux qui travaillent peuvent recevoir un supplément. Le contrat social aurait pu survivre, car avec un système de rationnement, la nourriture sera toujours un moyen de survivre et non une fin. Mais avec l’imposition du travail forcé, le contrat social a disparu. Lorsque quelque chose d’aussi fondamental que la survie est lié au travail forcé, nous ouvrons la porte sur l’inconnu. Le mécanisme introduit par le narrateur s’apparente clairement à un système coercitif et transactionnel. Dans un tel environnement, il n’y a pas de place pour la coopération, car la nouvelle économie consiste à donner davantage de nourriture aux survivants lorsque davantage de personnes meurent. La « richesse » des survivants est désormais liée à la mort de leurs proches. La confiance s’érode et crée inévitablement un antagonisme entre les gens eux-mêmes et entre les gens et les autorités. Ce système peut fonctionner tant que les autorités sont capables de fournir de la nourriture ou d’utiliser des moyens violents, mais lorsque la nourriture vient à manquer, tout s’effondre.
Concernant les plans de contingence possibles du gouvernement britannique discutés dans le livre War Plan UK (évoqué plus haut), et aussi imparfaits soient-ils, ces derniers n’avaient pas sur le papier l’allure de ce que le film introduit lui-même. L’introduction d’une forme de troc pour la rémunération n’est pas un problème en soi, du moment que l’objectif est de maintenir la cohésion sociale et la coopération; même si cela est imparfait. Cela n’a rien à voir avec le fait de considérer la vie humaine comme seulement liée à la capacité productive des individus. Par exemple, un mineur de charbon ou un agriculteur dans les champs ont simplement besoin de manger plus que quelqu’un qui reste à la maison. Tout le monde a droit à quelque chose normalement. Le problème ici est que le film introduit un mécanisme qui transforme le système de distribution alimentaire en quelque chose de totalement transactionnel, non coopératif et punitif. Un système dans lequel, la mort des plus faibles devient un but recherché. Un système qui n’a même pas de loin les allures d’un plan de contingence mal conçu ou appliqué, mais clairement des allures d’un système concentrationnaire. Un système présenté avec un grand détachement par le narrateur et qui s’aligne parfaitement avec les images du film (même si cela n’était peut-être pas totalement conceptualisé par les réalisateurs) : un composant indispensable à la compréhension des événements visibles à l’écran.
Schéma global de la crise institutionnel/alimentaire
La crise aurait pu commencer vers la mi-février 1985, avec l’apparition des premiers événements localisés conduisant à la crise majeure de Mars-Mai 1985 : les autorités locales auraient probablement été chargées de mettre en œuvre une ration nouvellement réduite pour les « travailleurs » compte tenu de la diminution des récoltes et du peu de stocks alimentaires restants. Les autorités centrales auraient pu être piégées dans ce cadre de « boucle d’effondrement » auto-renforcé :
- Diminution des stocks alimentaires et mauvaise récolte
- Rations diminuées
- Désobéissance/désertion compte tenu de la nature contractuelle (et non coopérative) du programme de « travail-contre-nourriture »
- Manque de travailleurs pour des efforts coordonnés sous la houlette de l’État central
- Émergence d’efforts à l’échelle du comté/région, sans l’accord et la surveillance des autorités centrales
- Des tâches cruciales pour le gouvernement central ne sont pas accomplies et des ressources cruciales sont détournées au profit d’acteurs alternatifs
- La récolte est mal gérée, distribuée ou volée/thésaurisée dans certaines régions du pays (en particulier les plus vulnérables)
- Effondrement progressif du système national de distribution alimentaire (programme de « travail-contre-nourriture ») remplacé logiquement par un rationnement alternatif, et surtout une aide alimentaire d’urgence
- Les autorités (militaires et fonctionnaires) sur le terrain sont également impactées, conduisant logiquement à leur prise de contrôle des zones agricoles/industrielles préservées/réhabilitées dès la première année
- Les autorités centrales se « renvoient la balle », mauvaise communication et inertie entre les acteurs institutionnels
- Mise à mal des communications et des transports (manque de carburant, de travailleurs, d’ordres…)
- Le passage progressif d’efforts purement centralisés à des efforts décentralisés dans le cadre des nouvelles décisions des autorités locales (récolte et conservation des semences, systèmes d’aide alimentaire, efforts coordonnés pour la plantation/récolte…)
Un fait important confirme l’intuition quant à cette piste : Ruth vole des céréales brutes avec d’autres personnes. Cela veut dire qu’à priori, ces personnes n’ont plus (ou difficilement) accès à des produits transformés comestibles : logiquement du pain dans notre contexte. Même en ayant subi du retard, la récolte est normalement finie depuis le mois de Décembre 1984. Ces grains devraient normalement connaître deux finalités : graines pour la prochaine récolte et transformation en pain/farine pour nourrir la population. La scène se déroule près de trois mois après la fin théorique de la récolte. Les céréales doivent obligatoirement subir un processus de transformation pour devenir comestible. Le simple fait que la population soit dans l’obligation de se tourner vers ces derniers est une preuve supplémentaire de la désintégration en cours du système de distribution alimentaire.
L’ordre s’est progressivement érodé par la suite, probablement en quelques semaines, parce que les autorités nationales n’ont progressivement plus rien à offrir pour contrôler une population désespérée. Ce qui va probablement se passer dans les coulisses est profondément ancré dans la nature humaine : personne ne veut être tenu responsable de l’échec de la récolte. Même si les récoltes ont été vouées à l’échec dès le début en raison de l’hiver nucléaire, du manque de main d’œuvre, de carburant et de machines. Il ne s’agira pas d’une approche descendante par laquelle les restes du gouvernement britannique rejetteraient la faute sur les autorités locales (ou les RSG restants) qui, à leur tour, rejetteraient la faute sur les militaires chargés d’atteindre les objectifs. Si cela avait dû arriver, je pense plutôt que cela aurait plutôt eu lieu dans le sens inverse les militaires, confrontés « physiquement » à l’échec de la récolte (et à toutes les conséquences) et au besoin d’ordres et de conseils, se seront tournés très probablement vers ce qui reste des autorités locales (ou des RSG restants) qui, à leur tour, vont se référer à ce qui reste du gouvernement britannique. Sans aucune idée sur la marche à suivre, les autorités resteront, au mieux, évasives, ou dans le pire des cas, silencieuses. Et comme la plupart des communications entre ces personnes se font via des systèmes de communication détériorés et non face à face, cela entraînera des malentendus, des incompréhensions et de la méfiance. Cela était déjà un problème majeur dans les semaines et les mois qui ont suivi l’attaque nucléaire parce que les autorités étaient à peine sur le terrain et dépendaient beaucoup d’intermédiaires pour obtenir des informations. Cela s’avérera fatal suite à l’échec de la récolte et à la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée pour maintenir l’unité dans ce qui reste à ce moment-là du Royaume-Uni.
Le piège de la logistique
Le lecteur peut se poser la question comme nous : avons-nous manqué quelque chose en nous concentrant pendant un long moment sur une ressource (l’essence) qui semble totalement déconnectée de la crise décrite à l’écran 10 à 12 mois après l’attaque ? Oui et non.
Oui parce que indépendamment des valeurs exacts de barils ou jerricans, ce n’est manifestement pas un facteur décisif dans le film.
Non parce que nous avons suivi le chemin des autorités et surtout de la narration du film : nous avons suivi le chemin classique d’un gouvernement dans cette situation faisant attention à ses ressources mais en omettant, comme le film sans s’en rendre compte lui-même et à son insu, de prendre en compte un facteur essentiel : le besoin de maintenir une cohésion nationale et la coopération. La logistique reste un facteur crucial pour comprendre certaines choses à l’écran bien sûr. Mais la cohésion sociale encore plus.
Toutefois, notons que le film est dans le déni des réalités de gouvernance pourtant évidentes à l’écran lors de la première année. Le film veut faire passer un message d’impuissance totale qui n’est pas compatible avec les éléments visibles à l’écran : moissonneuse-batteuse, avion passant au-dessus des colonnes de réfugiés, hélicoptère depuis lequel un soldat tire sur Ruth… Souvenez-vous de la fameuse scène du soldat dans la grange qui apporte un jerrican pour remplir un tracteur : cela ne peut pas exister sans une structure organisationnelle et logistique dans un mode réaliste. Ce soldat ne se balade pas à pied avec un jerrican depuis Exeter jusqu’à la région de Sheffield. Le film est dans le déni, pourtant : ce soldat, dans un contexte réaliste, possède probablement un camion avec des jerricans, une carte et un listing de fermes où déposer son carburant; et il lui est demandé d’effectuer des tournées régulières (ce qui est sans doute encore plus vrai dans le contexte de la récolte montrée à l’écran). Que cela soit coordonné au niveau national, régional ou encore d’un comté.
Notre exercice sur l’essence est intéressant à ce titre parce qu’il nous permet de conceptualiser l’univers logistique et organisationnel (avec notamment les choix discutés sur l’allocation de l’essence) nécessaire à l’existence de la première année à l’écran. Peu importe que les chiffres soient véridiques (500, 250 ou 50 générateurs, 40 000, 10 000 ou 5 000 véhicules agricoles, 50 000, 25 000 même 2 500 véhicules de transports, 40 000 ou même 15 000 barils par jour…) : si il n’y avait pas ça (essence, organisation, coopération…), plus rien ne serait fonctionnel depuis longtemps déjà à l’écran.
Et lorsque l’on sait cela : on ne peut être que plus sceptique face au programme de rationnement mis en œuvre dans le film.
Pourquoi la crise est complexe à articuler et non-comprise par le film ?
Pour revenir au sujet principal, le mécanisme de rationnement, le film présente cela comme une formalité, pourtant le mécanisme inverse totalement le narratif du film. Le système est si cynique et pervers que peu importe la catastrophe : une rupture brutale est attendue. Le film, sans s’en rendre compte et contre son gré, vient de passer du message “les bombes vont créer des situations inévitables” à “les décisions humaines sont les seules choses qui comptent finalement”.
Si nous n’avions pas eu ce mécanisme de rationnement introduit par le film, nous aurions toujours le même problème. Ces grains ne sont toujours pas transformés depuis des mois. Le phénomène climatique ne suffit pas seul à expliquer la situation dans la mesure où les chiffres démographiques du film (jusqu’à 38 millions de morts quatre mois après l’attaque) devraient normalement aboutir à un nouvel équilibre des ressources : moins de céréales, essence… mais aussi moins de personnes. Manifestement, ce n’est ni le cas ni le sujet à l’écran.
Nous avons peut-être un peu piégé le lecteur, mais au final nous avons simplement suivi la narration tranquille du film qui a créé le mécanisme garantissant l’effondrement, avec un détachement incroyable. Que faisons-nous maintenant ?
Nous articulons cet élément anodin pour les réalisateurs, et qui vient se glisser entre la scène où Ruth vole des grains et les bombes atomiques. Les bombes ne sont plus la seule explication, les choix humains prennent les devants. Au détriment du message du film. Mais dans un esprit aussi de parfaite logique : ce que nous voyons à l’écran en ce mois de Mars 1985 n’a rien à voir avec les radiations, l’hiver nucléaire ou les bombes. La situation est plus grave que ça (des grains sont stockés potentiellement depuis des mois sans être mis en terre ou ne sont toujours pas transformé en farine), et le film n’offrant pas de mécanisme explicatif, nous ne pouvons qu’en déduire que ce qui se passe est en lien avec une diminution de la récolte (effet possible de l’hiver nucléaire), qui a elle-même fragilisé l’édifice institué par le film consistant à créer une relation transactionnelle autour de la nourriture.
Nous aurions fait preuve de la même rigueur avec un passage problématique de la Bible Hébraïque. L’exploitation de cette lacune narrative avec Threads n’est que le résultat d’une trame narrative problématique : les réalisateurs donnent l’impression d’avoir construit un univers complètement fragmentaire où chaque scène vit isolée des autres. Le film cherche à faire avancer l’histoire avec des scènes déconnectées les unes des autres, tout en refusant (sciemment ou pas) de prendre en compte les éléments introduits plus tôt. Le contraire d’une mise en scène réaliste. Malheureusement ce qui est arrivé est la chose suivante :
- La scène avec Ruth et les grains est particulièrement ambiguë mais ne laisse pas de doutes sur le problème en cours : le système de distribution alimentaire est en déshérence et la récolte n’est pas traitée correctement
- Le film n’offre aucune explication à cette scène (ni de la part du personnage ni de la part du narrateur)
- Une exploration est faîte en arrière pour chercher une cause : pourquoi Ruth doit-elle voler des grains, un produit quasiment impossible à transformer soi-même pour le consommer ? Donc un acte totalement désespéré
On trouve :
- D’abord la récolte probablement désastreuse du fait de l’hiver nucléaire (donc probablement diminuée)
- Puis le mécanisme de rationnement introduit plus tôt par le film : un système totalement inique, contractuel, destructeur de la coopération et totalement dépendant structurellement d’un approvisionnement correct en denrées alimentaire
- L’assemblage des deux mécanismes (système de rationnement et récolte diminuée) ne peut aboutir qu’à cette analyse : les autorités viennent de perdre le contrôle de la situation, leur système basé une relation contractuelle avec de la nourriture est probablement devenu totalement ingérable, les conséquences sont en train de s’étendre à tout le système de distribution alimentaire
Pour conclure sur ce point, nous rappelons à nouveau que notre travail n’est pas idéologique. Le film prétend être réaliste, il bénéficie d’une validation scientifique, académique et médiatique. L’exigence de cohérence narrative est donc le minimum pour un film qui prétend à ces qualités. Et la cohérence narrative transforme le message du film. Mais reprenons le fil de l’histoire.
L’ampleur de la crise institutionnelle
Les soldats (contrairement aux civils), qui étaient autrefois préservés en raison de leur statut et de leur importance dans le Royaume-Uni d’après-guerre nucléaire, commenceront également à sentir les effets de l’échec de la récolte et il n’est pas impossible que certains d’entre eux meurent rapidement de faim du fait de la désintégration du système de distribution alimentaire. Ils souffriront probablement d’épuisement, de stress et, un an après l’attaque nucléaire, nombre d’entre eux seront peut-être morts eux aussi. Le problème ? Les soldats sont très probablement les seules personnes à être vraiment sur le terrain au contact des civils. Ils pouvaient être la solution à la crise : ils risquent de devenir le problème. Ces soldats subissent un stress massif depuis près d’un an. Ils sont probablement pour beaucoup sans nouvelles de leurs proches. Ils ont dû implémenter – possiblement contre leur conscience pour certains – un programme politique inique. Le moral et la discipline sont au plus bas pour de nombreux d’entre eux. La situation générale ne peut que servir de détonateur.
On peut imaginer que pendant une courte période, les militaires tentent à tout prix de maintenir l’ordre et de garder la main sur la situation, parce que c’est ce qu’on attend des soldats, mais aussi parce que leur statut dans le Royaume-Uni d’après-guerre est lié aux circonstances. Mais tout va bientôt s’effondrer autour d’eux à mesure que le gouvernement et les fonctionnaires des RSG meurent progressivement (si ce n’est pas déjà le cas), disparaissent, désertent et cessent finalement complètement d’émettre des instructions comme cela est décrit dans le film Threads.
Avec l’effondrement de toute forme de commandement centralisé et la dissolution du Royaume-Uni en tant que pays uni (ce qui signifie pour de nombreux soldats que même le « bien supérieur » pour lequel ils se sont sacrifiés a disparu et donc le sens de leur vie), il est probable que certaines unités commencent à se débrouiller seules, se dissolvent, fusionnent avec la population locale (comme certains fonctionnaires) pour organiser des efforts localisés mais coordonnées, et surtout vitaux, dans le cadre de la grave crise agricole et alimentaire à l’écran.

Garantir la continuité étatique, sociétale et agricole
Il apparaît comme un pré-requis logique qu’une large fraction de ces militaires/fonctionnaires ait fusionné rapidement avec la population locale pour organiser des efforts localisés mais coordonnés, et surtout vitaux, dans le cadre de la grave crise agricole et alimentaire à l’écran. Le pré-requis hautement probable et logique pour avoir 4 à 10 millions de survivants dix ans plus tard selon les chiffres du film, du fait d’un besoin de coordination au-delà du simple village et d’une agriculture qui ne soit pas du type subsistance primitive pour un tel chiffre. Ce qui requiert donc : coordination dès Mars-Mai 1985 sur de larges aires géographiques entre acteurs institutionnels/survivants/agriculteurs, préservation des semences et du bétail (vital pour le labour), transmission et préservation du savoir… Un effort collectif monumental compte tenu du contexte à l’écran. Sans des efforts coordonnées par des acteurs compétents au pire moment, sur de larges aires géographiques, il serait peu probable d’avoir des survivants; sans parler d’infrastructures techniques ou d’extraction du charbon.
Pour offrir quelques lueurs d’espoir au lecteur, nous pouvons également imaginer qu’une partie des forces militaires restantes ait tenté de créer et de maintenir un « État-fragmentaire » (en anglais, le terme exact est « rump state » ou « état-croupion » en français, mais j’ai choisi une forme alternative pour exprimer cette réalité) du Royaume-Uni quelque part à l’intérieur du pays (comme le royaume de Soissons après la chute de l’Empire romain d’Occident). Cela pourrait être l’endroit le plus logique pour organiser le retour de l’électricité, une école et un hôpital, comme on le voit 13 ans après l’attaque nucléaire à la fin du film; car toutes ces choses nécessitent un certain niveau d’organisation et d’ordre. La logique voudrait qu’il y en ait plusieurs d’ailleurs, au croisement des zones agricoles prioritaires l’année précédente et des anciens hubs industriels/miniers du Royaume-Uni.
La dissolution de l’État centralisé semble actée pour plusieurs raisons dans les mois qui suivent cet épisode. Tout d’abord, Ruth est vue ensuite acheter des rats dans la rue (un intertitre parle d’un an après l’attaque) ce qui signifie que la crise est probablement en pleine aggravation voire totale dans certaines régions du pays. Le pays ayant fait le choix d’un programme de rationnement contre-productif, la perte de cette capacité semble compromettre de façon irrémédiable la place des institutions traditionnelles. Le film ne donne plus à entendre la moindre émission du gouvernement, après le dernier message avant la récolte de Septembre-Décembre 1984. La dernière scène avant le saut narratif du film de près d’une décennie montre quelque choses d’extrêmement intéressant : les gens travaillent avec des outils, voire des lunettes de protection pour certains mais pas de tracteur. Pas de militaires en vue non plus. Quand on repense à la scène des récoltes en 1984, c’est un autre monde : des gens mourant dans les champs, travaillant à mains nues et avec quelques véhicules et sous surveillance militaire.

Manifestement, l’effort semble bien plus coordonné, productif, paisible (même si les personnes semblent épuiser) et surtout volontaire. Un autre monde semble émerger. Le monde dix ans plus tard ne montre pas de coordination nationale, malgré la présence de soldats. Cela ressemble plus à un effort coordonné au niveau d’un comté ou d’une région éventuellement, quelque chose de peut-être plus résilient, coordonné et peut-être même un peu plus humain (avec la fameuse scène de l’école notamment).
On peut imaginer une utilisation de 10 000 barils par jour de manière inégale durant ces 58 jours soit 0,58 million de barils. La période Mars-Mai au Royaume-Uni étant cruciale pour l’agriculture, un effort sera organisé même si difficile du fait du contexte.
En dépit de ces scènes chaotiques un an après l’attaque, le film affiche une démographie ambitieuse une décennie plus tard : un minimum de 4 millions d’habitants et jusqu’à 11 millions d’habitants maximum. Des chiffres discutés plus longuement dans mon essai suivant, mais qui impliquent la réalisation de nombreuses choses au cours de la première année, comme illustré par le diagramme simplifié plus haut. Il nous faut aussi imaginer comment une gouvernance à pu émerger entre l’effondrement progressif de l’État centralisé et l’émergence de nouvelles structures. En voici un schéma également.
L’ampleur
Il serait difficile d’aller à l’opposé des scènes du film : c’est une famine, potentiellement “terminale” dans certaines régions probablement. Je dis en toute transparence ce qui peut arriver dans un tel cas de cette façon dans l’essai suivant : “Avec l’effondrement du système de distribution alimentaire, les gens n’ont plus beaucoup d’options pour survivre. Ce qui était probablement disponible depuis un certain temps dans certaines régions était du pain « à la sciure » (ou un mélange de farine et de sciure) pour éviter de consommer trop de céréales; si un système de distribution subsistait malgré le chaos. […] Pour survivre, de nombreuses personnes dans certaines régions ont probablement eu recours à la consommation de rats, de chiens, de chats et de chevaux; s’ il y en avait encore. Dans certaines régions, le bétail a pu subir de lourdes pertes. Ils allaient également devoir manger de l’herbe et des glands comme Ruth si la nourriture était insuffisante. Ils auraient également pu manger des champignons, des prunelles et d’autres plantes. Certains d’entre eux ont probablement essayé de produire du « pain d’écorce » à partir de l’écorce interne. La famine terminale, combinée à l’effondrement de la gouvernance centralisée, a été brutale car le processus lui-même était probablement extrêmement inégal à travers le pays et entre les communautés. Concernant le cannibalisme, et contrairement à une idée reçue, c’est quelque chose d’extrêmement rare même dans les pires famines enregistrées; fait généralement par des groupes ou des individus extrêmement isolés et sans autres moyens. […]”.
La question est plutôt de savoir si le phénomène est généralisé à tout le Royaume-Uni ou seulement certaines régions spécifiques. Un impact généralisé rend difficile l’organisation et la réussite de la récolte de l’été 1985. Le compromis logique est d’accepter les scènes (elle sont logiques vue les effets de l’hiver nucléaire), la réalité de l’effondrement du système de distribution alimentaire centralisé mais en apportant une nuance entre zones urbaines détruites (majoritairement impactées) et zones rurales relativement épargnées (une nécessité pour garantir le succès de la récolte). En voici une proposition de carte basée sur celles réalisées plus tôt concernant les impacts :

La logique suivante est proposée :
- Le risque est maximum (en rouge) pour Londres, les grandes conurbations/villes du Nord-Est autour de Liverpool, les villes portuaires du Sud-Ouest à l’écart des zones céréalières majeures et l’Irlande du Nord (peu de cultures céréalières)
- Le risque est considéré comme modéré (en bleu) pour toutes les villes/agglomérations de tailles plus faibles ou à proximité des zones céréalières/agricoles majeures
- Le risque est considéré comme faible (en vert) pour toutes les villes situées dans ou à proximité immédiate des zones agricoles majeures, souvent de petites tailles dans le Kent et la région de l’Est de l’Angleterre
Points clés de la période :
- Crise institutionnelle majeure : échec du nouveau contrat social, désintégration presque inévitable de la structure étatique classique
- Devenir incertain d’une fraction des forces militaires (merger ? warlordism ?)
- Relais gouvernemental nécessaire qui peut être logiquement assuré par les hubs agricoles/industriels/miniers où se concentrent les acteurs institutionnels, les militaires, les compétences techniques/agricoles et les survivants (“états-résiduels”)
- Maintien de la coordination nationale par nécessité pratique (impossibilité d’avoir des régions totalement indépendantes) en vue de la récolte de l’été 1985, possiblement facilité par la résilience institutionnelle (transformation de l’état central par des structures nouvelles dirigées par d’anciens membres de cette institution, facilitant communication/coopération/organisation)
- Reprise pétrolière en arrière plan pour coïncider avec la récolte de l’été 1985
- Poursuite des efforts de l’année précédente et obligation de flux logistiques entre les régions malgré la potentielle crise institutionnelle à l’écran
« Finir l’année 1985 ? » du 26 mai 1985 au 31 décembre 1985
Comment les survivants ont-ils pu finir l’année 1985 et dans l’hypothèse où il reste jusqu’à 11 millions de survivants 10 ans plus tard ? Il nous reste 700 000 barils de notre précédent stock national. Pour finir l’année, cela veut dire qu’il nous reste un peu plus de 3 000 barils par jour. Comme il s’agissait d’un stock virtuel pour cet essai, et que le film ne le mentionne jamais; il est tout à fait logique qu’il puisse être plus élevé. Une récolte mécanisée nous semble obligatoire pour finir cette année, en parallèle de la mise en œuvre de nouvelles méthodes agricoles (traction animale, labour manuel…). Plusieurs solutions semblent s’imposer :
- Un rationnement strict dans les régions agricoles pour conserver l’essence en vue des moissons majeures de céréales entre juin et août
- Du travail manuel (ou traction animale) pour préparer les champs à la fin de l’année
- Un redémarrage de la production pétrolière au début de l’année 1985, même à faible volume
- La réintroduction dès 1985 de véhicules agricoles anciens à charbons
Pour l’année 1984, il était important de déployer de nombreux véhicules agricoles du fait du retard pris sur la récolte et des contraintes pesant possiblement sur les terres agricoles. L’idée ici est d’avoir un lissage pour finir l’année, tout en ayant recours au travail manuel de façon conséquente. L’idée serait donc de mobiliser des véhicules en limitant au maximum leur usage. On peut donc prendre pour référence le chiffre utilisé pour les véhicules non agricoles (soit 0,306 barils/jours). 700 000 barils divisés par 218 jours, cela donne 3200 barils. Ce volume représente potentiellement 10 500 véhicules. Si possible, des véhicules au charbon seront mobilisés là où ils sont disponibles. La transition logique est donc :
- Rétablissement de la traction animale et travail manuel (“hoe-farming”) en oeuvre dès le début de l’année 1985, ou avant pour économiser du carburant là où c’est possible
- Utilisation limitée de l’essence après Mai 1985 avec pic entre Juin-Août 1985 pour la récolte céréalière
- Montée en puissance progressive de la traction animale et travail manuel (“hoe-farming”) au courant de l’année 1985; l’idée étant que la traction animale devient dominante au cours des années à venir
- Re-développement vital de l’essence pour assurer la mécanisation des grands récoltes ou travaux agricoles majeurs dès 1986
Pour rappel, les chiffres de l’essai étaient volontairement élevés pour factoriser dans des contraintes lourdes, il est évident qu’autant d’essence n’est pas utilisé par jour par chaque véhicule même dans des conditions difficiles. Mais l’objectif est de rester logique dans la trame développée précédemment. Partant de ce chiffre, il serait logique d’attendre courant 1986 une production pétrolière d’un montant de 3000 barils par jour : Wytch Farm et Mer du Nord très partiellement. Pas forcément utilisés comme tels, mais à minima rationnés pour les récoltes/travaux aux champs et logistique minimale entre comtés/régions.
Une gouvernance doit se mettre en place comme évoqué plus haut : il faut coordonner les populations, organiser une récolte, travailler ensemble, gérer également les difficultés alimentaires dans de nombreuses régions… Le schéma doit logiquement émerger dans les régions à l’intersection des hubs industriels/miniers et des régions agricoles : production alimentaire et maintien/relance des industries vitales pour la décennie à venir. Il n’est donc pas illogique de penser que le schéma n’est pas linéaire, ni instantané. La fin de la gouvernance centralisée en échec n’est pas le signe de la fin de la coopération entre les individus, notamment les anciens acteurs intégrés aux institutions étatiques, et ce à différentes échelles. Comme évoqué avec le schéma plus haut, ce processus est logiquement en cours avec fusion des populations urbaines/rurales, et figures d’autorités avec ces mêmes populations; et ce depuis au moins une année. Il en est de même pour le succès de la récolte : la population doit déjà travailler dans le monde agricole depuis plusieurs mois.
Pour conclure, voici la courbe énergétique requise avec relance de l’essence aux alentours de 3000 barils jours au cours du printemps 1985 avec double comparaison : barils disponibles avec production et sans production. Le crash est inévitable sans production, surtout si les difficultés logistiques sont plus importantes. Par conséquent, la reprise d’une production avec augmentation progressive au cours de la décennie est la voie logique.

Une courbe alternative à la consommation de la première année est également proposée avec les paramètres suivants :
- Passage de 40 000 à 30 000 barils/jour pour la récolte en Septembre-Décembre 1984
- Redémarrage de la production pétrolière en Mars 1985 avec progression de 3000 à 5000 barils/jours à la fin de l’année 1985
- Augmentation du volume d’essence consommé (autour de 20 000 barils/jour) pour la saison agricole Juin-Octobre 1985

Il va également y avoir besoin d’une coordination nationale, en tenant compte du risque de fragmentation du territoire national britannique. Ce qui semble le plus juste (et logique) est d’avoir l’organisation suivante :
- Le maintien des spécificités agricoles locales (quelque chose de difficilement modifiable du fait de la spécialisation du paysage agricole à l’époque)
- Une ou plusieurs zones ayant des capacités agricoles combinées supérieures aux autres régions, et ayant donc la légitimité à coordonner la récolte au niveau nationale
Le schéma suivant est proposé avec la désignation de la région du Sud du Pays de Galles aux Midlands comme région motrice. Cela semble logique dans la mesure où cet ensemble géographique concentre potentiellement (en plus de sa position centrale) : la majeure partie des infrastructures industrielles et minières restantes, était historiquement la plus peuplée et possède l’ensemble agricole d’avant-guerre le plus critique (notamment l’Est céréalier) et une diversité agricole conséquente (élevage, légumes, fruits…). La carte identifie également les flux logistiques/énergétiques/matériels nécessaires à la réussite de cette récolte, et à toutes les autres après. Logiquement :
- Essence et machines prioritairement vers l’Est de l’Angleterre et l’Écosse pour les récoltes céréalières
- Transfert d’animaux dans l’Est également pour compenser les difficultés liées à la remise en route de la production pétrolière (problème du labour)
La carte permet également d’identifier des changements dans les pratiques agricoles : maintien crucial de la mécanisation dans les plaines céréalières (dans toutes les régions géographiquement à l’Est) et, au contraire, développement du “hoe-farming” et de la traction animale (si possible) dans les régions davantage tournées vers l’élevage (plutôt dans l’Ouest et le Sud-Ouest).

Points clés de la période :
- Sauvetage obligatoire de la récolte de l’été 1985 avec maintien de la mécanisation dans les régions céréalières et coordination suprarégionale en dépit du contexte institutionnel : garanti de nourriture pour passer l’hiver, remotiver les survivants et légitimer les nouvelles formes d’autorité
- Transition vers de nouvelles formes de gouvernance entre coopération suprarégionale (période des récoltes, flux énergétiques et alimentaires) et autonomie partielle sur le plan régional
- Maintien de la mécanisation à minima pour les céréales et mise en route de techniques manuelles lorsque cela est possible (par exemple, “hoe-farming” pour la culture des pommes de terre)
Epilogue
L’absurdité des raisonnements de Duncan Campbell est parfaitement illustrée par cette première année dans le film Threads. Celui qui semble penser que prendre des décisions collectives, même difficiles, en temps de crise est l’expression d’un désordre mental voire d’un totalitarisme dystopique, que la cohésion sociale est secondaire en temps de crise, qu’il faut accepter l’inévitable est brutalement démenti par le film considéré comme le plus réaliste sur le sujet. Les thèses développées dans son livre – la futilité des efforts d’organisation, de cohésion et de gouvernance – sont contredites de façon criante par les mauvais choix du gouvernement fictionnel. Ces mauvais choix démontrent plus que jamais la pertinence des bons choix et des décisions collectives. Une ironie féroce quand on sait que le film a probablement puisé dans son ouvrage War Plan UK la plus grande matière intellectuelle nécessaire pour son scénario.
Le Royaume-Uni est dans une situation plus que dramatique fin Mai 1985 : aucun signe d’amélioration du système de distribution alimentaire, pas de chemins tracés pour de nouvelles formes gouvernances à l’écran et un pays totalement détruit (villes comme infrastructures). Mais la scène avant le saut narratif, avec ces hommes et femmes qui tracent, de façon coordonnée et volontaire à la houe des sillons dans le sol, montre que quelque chose est en cours. La reconstruction hypothétique des dix années amenant aux scènes finales du film sera à nouveau l’occasion de démontrer que le complotisme, le nihilisme et le cynisme de Duncan Campbell (et du film par extension, puisqu’il a également puisé dans le même livre les éléments nécessaires à la trame de son récit) sont des impasses : tout ce que le film et Duncan Campbell rejettent au plus profond d’eux-mêmes aura finalement été nécessaire pour voir enfin le bout du tunnel, et permettre l’existence des dernières scènes du film. Avec un peu d’humour, nous pouvons résumer sous la forme d’un tableau les explications qui existent sur ce qui a pu arriver lors de la première année dans ce film :
| Prisme | Raisonnement | Validité du raisonnement |
| Threads | JOKER | ❌️ |
| Intellectuels | Le film est réaliste donc il réaliste | ❌️ |
| 😵💫 | Les scènes avec Ruth impliquent simplement qu’il y a moins à manger | ❌️ |
| Fanbase | Pas de soleil=Pas de nourriture | ❌️ |
| Méthode exégétique | Articulation d’une scène isolée et ambigüe avec un phénomène climatique et des choix de gouvernance montrés dans le film | ✅️ |
ENGLISH VERSION


I wrote this article to, in a way, « walk » in the footsteps of the authorities in the first part of the film, the year after the nuclear attack on the United Kingdom. Using gasoline as a lens was important because it is an extremely valuable resource, essential to the smooth functioning of any modern economy. Within the context of an analysis of the film, this resource will allow us to answer a crucial question: are the causes of the collapse linked to a depletion of resources or to some other factor?
A year after the nuclear attack in the film Threads, it’s implied that fuel is no longer available, given that we see people working in the fields with hoes, without tractors or combine harvesters. Since gasoline was apparently rationed and used only when absolutely necessary, it’s interesting to consider how the entire fuel supply could have been depleted in a year in the UK, as depicted in Threads, but also in the event of a nuclear war causing major disruption.
Important notes on what follows:
- The conversion rate used in the article is 1 liter of fuel = 0.006 barrel
- The document assumes that the authorities will ration the use of available fuel to make it last at least a year.
- And regarding the exact year, I choose 1984 (the year the film was released)
British pre-war contingency plan
We know from UK economic data from 1983 that the country was capable of producing over 2 million barrels of oil per day and consuming between 1 and 1.5 million per day. I will use the higher estimate for the calculations in this article. We also know from the recent release of confidential documents that the UK stockpiled numerous products during the Cold War, such as fuel, food, and medicine.

On the left, the UK’s daily consumption and on the right its production (Source: INDEXMUNDI)
It is difficult to accurately quantify the quantity of products stored due to the vague nature of some documents, but we know that the United Kingdom in 1984 (thanks to the website, British Underground which I used extensively for this article: https://www.subbrit.org.uk/features/struggle-for-survival/) could perhaps have stored – in times of crisis – quantities of oil representing 76 days of peacetime use. The website isn’t very precise about the exact volume, so we’ll start with the UK’s daily consumption in barrels, or 114 million barrels of oil (crude or refined). For those who don’t know, there are two ways to store fuel:
- Crude oil: it can last for years, but cannot be used immediately without refining.
- Refined fuel: it can last 6 months to 1 year, but is available immediately and easier to store

Booklets labeled « Protect and Survive » were likely distributed to the population in the film.
Fuel storage and availability in the film Threads
The British government in the film Threads likely intended to store the majority of this oil as refined petroleum in preparation for its contingency plan, but this isn’t impossible given the haste with which some barrels are crude oil (say, 10% of the total). In Threads, the crisis leading to nuclear war begins on May 5th and ends on May 26th when the bombs fall on the UK, leaving the government a short 20-day window to stockpile fuel. Several factors come into play if we want to align ourselves with the narrative presented in Threads:
- Violent protests against the war
- City dwellers leaving the cities
- Soldiers are being deployed as reinforcements in Europe
- No (or very little) fuel rationing is applied in the United Kingdom
- Military vehicles have been spotted taking up positions across the United Kingdom.
- Emergency vehicles are being moved across the UK to secure their location
- Many fighter jets were used on May 26 when the Soviet Union launched its attack.
- A negligible amount of fuel was imported due to the international crisis
- Even though the conflict is overshadowed by the international crisis, the United Kingdom remains involved in the Troubles in Northern Ireland.
- The British miners’ strike has been ongoing since March 6th.
The last two points are very specific to the United Kingdom, but are not addressed in the film. They will not be considered when explaining the events on screen. The quantity of 76 days’ worth of oil corresponding to peacetime use is highly improbable in this context. It is more likely that the United Kingdom had only 20 days’ worth of oil at the end of the day on May 26, or 30 million barrels of oil (either in special storage facilities or through the control of service stations), but by the end of May of the following year, it would all have disappeared.
The attack suffered by the United Kingdom on the morning of May 26th was extremely brutal: nearly 210 megatons of nuclear weapons were potentially raining down on the country. With an average of 1.5 megatons, this represents 140 bombs. One can only guess why the Soviet Union launched its attack.
- The crisis may have reached a point of no return, meaning that the Soviet Union’s leaders were unable to back down without incurring enormous political costs both domestically and internationally, thus pushing them toward a desperate escalation. The escalating riots in East Germany mentioned in the film support this view. Retreating after all the deployments of forces in East Germany would likely have been too costly for the Soviet leadership, as it had come at the expense of civilians. The Soviet economy was in turmoil during the 1980s, and this buildup of the military apparatus would have led to further shortages and sacrifices.
- Driven by its ideology—an extreme scenario, but one that fits within the film’s logic, which doesn’t justify the attack—the Politburo concluded that the loss of at least 75 million people in the Soviet Union was acceptable as part of a massive and coordinated attack plan, if that was the price to pay for a hypothetical victory against the United States and the continued functioning of the Soviet Union. This attitude lies somewhere between madness, cold calculation, and genuine belief.
- It is also plausible that they reacted to a minor skirmish or provocation (even by mistake), and that they decided to execute the plan to invade West Germany as far as the Rhine.
- The fact that nuclear bombs were used during the invasion of Iran depicted at the beginning of the film may have led to a « normalization » of the use of nuclear weapons within the Soviet military.
The fact is, we’ll never know. In the scenario depicted in the film, the Soviets first created an EMP by detonating a high-altitude bomb over the North Sea to completely cripple communications in the UK and Western Europe. The film doesn’t show it, but what likely happened simultaneously was that Soviet and Warsaw Pact troops (perhaps 0.5 to 1 million soldiers) would cross the borders of East Germany into West Germany, pushing all the way to the Rhine. This was part of a plan called « Seven Days to the Rhine, » devised by Soviet leaders during the Cold War.
The first targets will then be British and NATO military bases, followed by strategic infrastructure: ports, power plants, airports, refineries… The following figures are taken from a work published on Medium under the title “The consequences of a nuclear war : case study on 80s UK. Therefore we can potentially list:
- 10 freight handling ports
- 12 international or regional airports
- 10 power plants
- 40 military infrastructures (bases, radars, communication centers…)
The bombings then began by targeting all major cities and urban centers. London, of course, but also numerous industrial, economic, and port cities; some with multiple functions. These included:
- Manchester (textile)
- Birmingham (automobile)
- Liverpool (grand port et industrie)
- Glasgow (construction navale)
- Leeds (textile et ingénierie)
- Sheffield (acier et produits sidérurgiques)
- Newcastle (construction navale et acier)
- Nottingham (habillement et médecine)
Belfast (construction navale et textile) - Bradford (textile)
- Stoke-on-Trent (une ville spécialisée dans la céramique fine, mais elle peut encore être considérée comme un centre manufacturier)
- Cardiff (acier)
- Portsmouth (port de la Royal Navy)
- Plymouth (construction navale)
For London, we could have these figures
- 4.43 million dead
- 13-19 megatons
For the industrial and economic cities mentioned above, this would potentially mean:
- 10 million dead
- 31-45 megatons
We can also mention more symbolic cities like Oxford and Cambridge. Two major educational centers and where most of Britain’s elite are trained. The figures:
- 0.22 million deaths
- 1 megaton in total
What happened next was inevitable due to the nature of a nuclear exchange. It became an all-out exchange with numerous irrelevant targets hit to maximize destruction within the country, sometimes without justification: Leicester, Gloucester, Swansea… The final bombing figures are:
- 5 to 6 million dead
- 15-19 megatons
The cities potentially affected would be:
- Southampton
- Bristol
- Leicester
- Brighton and Hove
- Edinburgh
- Bournemouth
- Sunderland
- Kingston upon HullLuton
- Peterborough
- Swansea
- Reading
- Aberdeen
- Warrington
- Norwich
- Swindon
- Southend-on-Sea
- Dundee
- Ipswich
- Cambridge
- Oxford
- Gloucester
- Londonderry

We can also potentially add:
- York
- Derby
- Crewe
- Blackpool
- Blackburn
- Exeter
Depending on the estimates, the potential number of immediate casualties could range from 20 to 29 million deaths. Here is a simplified diagram of the potential bombings. What might May 26, 1984, have looked like in the film about the European theater of operations? Here is a map:
The targets in red (logical atomic bombings) are cities identified in the limited public information available about the « Seven Days to the Rhine » exercise. Also included are NATO headquarters in Brussels, US military bases in East Anglia, and North Sea oil and gas fields. The EMP (bold dotted circle) over Western Europe and the UK is also identified. The Soviet advance is indicated by black arrows. A question mark raises the question of a possible invasion of Finland. Red crosses mark countries not considered serious targets: France, Ireland, Norway, Sweden, etc. Blue arrows indicate NATO troop movements, and yellow circles represent atomic airbursts targeting Soviet troops.

Five factors must be considered to explain the rapid depletion of fuel:
- Some storage facilities are likely no longer accessible following the nuclear strikes (roads are destroyed, filled with abandoned vehicles, radiation, EMPs, direct targets, etc.). If we try to estimate the amount of fuel lost, taking into account the extent of the destruction indicated in Threads, it could represent 30% of the stockpile
- Of this remaining stockpile, we stated that probably 10% was crude oil. Given the scale of the destruction, we can assume that the crude oil was unusable and irrecoverable due to the destruction of numerous refineries.
- Since most of the oil was stored as refined petroleum (gasoline, diesel, etc.), the shelf life of this refined petroleum was 6 months to 1 year, but only under proper storage and transport conditions. Due to the poor storage and transport conditions following the nuclear war, it is reasonable to assume that up to 20% of the stockpile will gradually become unusable and even dangerous for vehicles in the coming months. The prolonged drop in temperature due to the nuclear winter could lead to gasoline crystallization, rendering the fuel unusable unless additives are added, which is unlikely. The lack of proper storage will result in oxidation and moisture in many fuel containers, making the use of this fuel dangerous for vehicles as it could clog engines.
- Finally, it is also important to consider that a large portion of the fuel will be lost due to leaks, mismanagement, losses, and theft. It is reasonable to assume that 10% of the fuel stock will be wasted at some point.
This leaves us with an actual stockpile of 9 million barrels on day 0 following the nuclear attack, meaning 21 million barrels are lost and unaccounted for. Therefore, 70% is unusable from the outset or gradually becomes so. Based on pre-war UK daily fuel consumption, this represents 6 days of peacetime use. With careful rationing, this fuel stockpile could last a year with only 25,000 barrels per day. For each period, a final insert explains what had to be done to justify the possibility of a substantial population (as depicted in the film), namely 4 to 11 million survivors.
« Nuclear fallout » from May 26, 1984 to June 9, 1984
…Radiation levels remain dangerous. Residents of Liberation Band A—that is, Woodseats, Dore and Totley, and Abbeydale—should not remain outside their shelters for more than two hours a day…

Following the nuclear strikes, people are advised to stay at home for at least two weeks due to radioactive fallout. Because of the danger of this radioactive fallout, very little movement of vehicles (military, firefighters, etc.) is likely to take place across the UK, but some fuel may already be extracted from stocks to run numerous generator engines across the country in bunkers (for the government and regional government headquarters or RSGs — Regional Seats of Government, hospitals, military bases… and also to maintain critical infrastructure such as communication centers. Approximately 1.6% (about 140,000 barrels) of the fuel stock is used over two weeks, or 10,000 barrels per day.
We would like to clarify an important point that we believe is crucial for what follows: what level of governance was in place during this first year of the film? According to British contingency plans, in the event of a major crisis, local authorities (particularly the Regional Security Groups – RSGs) were to assume the bulk of the responsibilities and operate almost autonomously. Beyond what might or might not have happened in reality, we have reservations about this theoretical governance system:
- British regions, like everywhere else, are unequal in terms of agriculture, demographics, fuel availability, and so on. Therefore, a simplistic application of this logic could lead to absurd situations, such as a region with enormous agricultural potential unable to produce harvests due to a lack of fuel because no national mechanism is in place. Similarly, a region with no agriculture would be expected to feed its population without a national mechanism either. This doesn’t seem realistic in practice, but it could perhaps be theorized in government plans.
- The film will show us something interesting: shortly before the harvest, the members of Sheffield City Council—responsible for the urban area and surrounding towns—die buried under the rubble of their shelter. Yet, a number of things are organized above ground, probably in Sheffield and the surrounding area. We must therefore infer that a national governance structure remained in place to coordinate actors in case one of them failed.
- Several things in the film are organized on what we can assume is a national scale (or at least a broader regional one): a rationing mechanism, which we will discuss later, and especially a mechanized harvest (announced by a government message, the last in the film). Both of these mechanisms depend on resources that must be coordinated: food and…fuel. And the harvest, for its part, requires an effort that must be coordinated and planned on a much larger scale than the county or the simple RSG, for a simple reason (which we will discuss in detail later): British agrarian geography, which implies concentrating efforts and redistributing the fruits.

Consequently, we tend to view the efforts of this first year more on a national than a regional level. This is further evidenced, for example, by this subheading, published a week after the attack, which reports that representatives of the British central government are being sent across the United Kingdom to take control of food stocks in different regions of the country.
For example, a 300 kW diesel generator consumes 70 liters per hour (full load). A more powerful generator, for example 600 kW, potentially consumes 150 liters per hour (full load). This would average out to 110 liters per hour. If the generator runs all day, this equates to 2,640 liters per day, and 36,960 liters for the two weeks following the fallout, which corresponds to 232 barrels. In 1984, the UK had perhaps fewer than 250 strategic generators across the country (this number is totally unknown to be transparent – probably even less than half that figure – the idea being more with this value to create some kind of constraint in our estimation of gasoline consumed; the idea is also to take into account the possibility of highly variable capacity), which would have represented 70,000 barrels for the two weeks or 5,000 barrels per day (or 20 barrels per day per generator if we base ourselves on the figure of 250 generators).

To be completely transparent about what follows: the exact consumption ratios or the number of units (bunkers, vehicles…) will not be decisive in understanding what happened after the attack, even if they provide a kind of framework for understanding the events on screen.
What remains available is likely being used by military forces deployed across the country (securing food depots, warehouses, gas stations, etc.) and conducting small-scale operations. The stockpile now stands at 8.8 million barrels after the curfew.
Key points of the period:
- Continuity of centralized governance is necessary, even if reduced (at a minimum, through the dispatch of emissaries on site to coordinate the necessary actions).
- A necessary deployment of forces, even a minimal one, at key points in the country (service stations, fuel depots, food warehouses, etc.) is required to guarantee logistical continuity.
- The initial assessment of national infrastructure to coordinate future reconstruction efforts has begun.
« Attempt at reconstruction, exodus from the cities and pre-harvest » June 10, 1984 to September 22, 1984
The three and a half months following the curfew and leading up to the harvest saw many events unfold in the UK. These events were closely interconnected and did not occur sequentially. The film’s scenes left things ambiguous, but it can be inferred that this phase lasted three and a half months, since the first post-nuclear harvest began four months after the nuclear attack, preceded five weeks later by a growing exodus from major urban centers to smaller towns like Buxton and the surrounding countryside, and then by the need to organize a pre-harvest. In those three and a half months, the stockpile was depleted by 2.08 million barrels, or 23.5% of what remained. This equates to 20,000 barrels per day.
…All able-bodied citizens—men, women, and children—should report for reconstruction work, starting at 8:00 a.m. tomorrow morning… The only viable currency is food, given as a reward for work or withheld as punishment… A survivor who can work receives more food than one who cannot, and the more deaths there are, the more food remains for the others…
Two weeks after the attack, the British government contacted residents by radio and ordered them to register at designated points to begin reconstruction. At this point, the narrator introduces a number of details concerning an important element: food, and in particular its distribution. Seemingly innocuous, this information (never elaborated upon in the film itself) will nevertheless have unforeseen chain reactions, which I will discuss later. The mechanism described by the narrator does not resemble a classic rationing system. It is, in fact, a rather disturbing description. We will call this mechanism « work-for-food. » The conceptual framework proposed by the film is, to say the least, strange. It describes a food rationing system that operates according to these principles:
- Money has lost its meaning since the attack
- The only viable currency is food.
- [Used as]reward for work or deduction as punishment.
- A survivor who can work receives more food than one who cannot.
- The more deaths there are, the more food there is left for the others…
In my opinion, it’s important to be completely honest about this mechanism: it’s nothing like classic rationing. It’s more reminiscent of a concentration camp. Should we understand this description as evidence of the narrator’s (and the film’s) cynicism, or as a tangible reality within the film’s universe? Since Threads never explains its premise, we must consider it a tangible reality within its world. And this will be confirmed by the scenes in the film itself.
From a purely historical perspective, it is possible that the British government may have made provisions to temporarily replace currency with a system of barter. This hypothesis is described in the 1982 publication “War Plan UK” by Duncan Campbell. But clearly, our reading of the passages seems selective.
Thus, on page 127: « At the same time, the planners did not lose sight of their fundamental values. In the most remarkable of the circulars addressed to local authorities, Briefing Material Journal Wartime Controllers (53/76), the Home Office set out its views on the post-nuclear economy:
Collapse of the monetary economy:
A large-scale nuclear attack against this country would completely disrupt the banking system upon which the entire monetary economy rests. Even a small-scale attack on London and the sites of the main facilities of the major clearing banks would have a similar effect… Money, in its current form, would become meaningless. The circular proposed that bartering and, for the government, the exchange of food or clothing, should fairly quickly replace the use of money “as an element of the economy,” a means of purchasing goods or rewarding services.
He then pointed out that:
The re-establishment of a new monetary system as quickly as possible would be an essential element of the national recovery policy. This could take a year or more, depending on the extent of the attack, and it cannot be assumed that the old currency will be bought back, except perhaps at the cost of a considerable devaluation of its former purchasing power (emphasis added).
The circular also explains that regional commissioners will receive assistance from « financial advisors from the Treasury and the private sector ».«
Personally, the fact that the currency is compromised doesn’t shock me. However, the mechanism is presented in this book as a moral and ethical aberration, while also emphasizing that plans were known to return to normal. The author of the book seems to miss the point of the issue and writes this comment, which we find lacking in seriousness: These glimpses into official priorities for a post-nuclear future stand in stark contrast to the lack of thought in other areas. In contrast, on topics such as public order, the plans are well-developed.
The author doesn’t seem to know (or understand) that a contingency plan is designed to keep a society functioning. Money (an essential foundation of any modern society) is an issue that any contingency plan must address, just like everything else: rationing, agriculture, order, etc. The film presents a particularly problematic interpretation of it.
And on page 153 I quote: « Of course, many « crimes » committed in peacetime would cease to matter, « in a time when the primary objective would be survival. » The problem of non-capital punishments after a nuclear attack is quite delicate, and the Home Office suggests forced labor— »communal labor »; starvation— »restricted rations »; and ancient medieval stockpiles— »exposure to public disapproval. »«
Although discussing rather exceptional methods (even if objectively not very different from other historical periods), this passage deals with crimes and offenses. It doesn’t establish a link—made by the film—between a rationing system and the economy of death described by the narrator, in a concentration camp-like fashion. What is presented on screen seems to have far more serious implications than urgent measures decreed by the authorities. We are, after all, talking about a system where death almost becomes a sought-after advantage, as evidenced by this chilling statement « …the more deaths there are, the more food there is left for the others… »
The author’s bias on his own subject must be mentioned, and the summary provides the best proof of this:« Secret civil defense plans include closing roads to refugees, interning protesters and pacifists, and seizing food and fuel supplies. There will be no rescue or medical assistance for those trapped and dying as a result of a nuclear attack. Millions will die in areas targeted by nuclear attacks as a direct consequence of government civil defense policies. »
This is an imprudent premise, given that the book itself powerfully and meticulously recounts the intensive discussions held by the government of the time on all subjects, however difficult they may be, and on matters of collective survival. But the most glaring irony for the author lies in his conspiratorial postulate of a government seeking to orchestrate a disguised genocide in the event of a nuclear conflict, under the guise of contingency plans, while simultaneously devoting over 400 pages to demonstrating the exact opposite, since the British government appeared capable of discussing all the issues. The fact that difficult subjects were raised (such as the need to control refugee flows, for example, to avoid jeopardizing harvests, as one might assume in the film) is, in fact, a necessity to guarantee the common good.
Our fear: that the film followed this pattern. The rationing system introduced by the film contrasts sharply with the common sense and actions of the government in the days leading up to the attack.
- Hospitals are being evacuated to treat the wounded after the attack.
- Emergency vehicles moved to a safe location
- Broadcast of the “Protect and Survive” television commercials
- Control of priority routes across the country to facilitate transport
- Sending the necessary instructions to the local authorities
- Arrest of political agitators (A necessity in the event of a serious crisis; France had arrested sympathizers of the German-Soviet pact in 1940 before the Battle of France, England had placed Oswald Mosley under house arrest during the Second World War… realities far removed from Duncan Campbell’s conspiracy theories)
As previously stated, we will have to rely on the narrator’s assertions. But let’s return to the main subject: the beginning of the reconstruction of the cities.
This decision will require the British government and the RSG to move stored materials for this task to the devastated cities. Soldiers will also need to be deployed to assist local police forces and enforce martial law. Some strategic industries will potentially be restarted if possible, bearing in mind that after a nuclear attack, the word « strategic » can encompass many things, such as a field bakery to feed soldiers, survivors, and workers.
Regarding the reconstruction of cities, one issue seems particularly crucial: water. This point is never mentioned in the film (unlike reconstruction or agriculture), but it is a vital issue because the population must have access to clean drinking water, and wastewater must also be treated to prevent river contamination and epidemics. This issue concerns the entire country, but especially urban areas that suffered massive destruction. According to British contingency plans of the time, the population would have been asked to store water at home. We can assume (albeit marginally and on a limited scale) that a small quantity of drinking water was stored by the authorities (tanks, bottled water, etc.), a palliative and temporary solution. While awaiting the (necessary and mandatory) reactivation of certain water treatment infrastructure (at a minimum, treatment plants), emergency solutions will have to be implemented. Several exist for this purpose:
- Although problematic, rainwater can be collected in cisterns and then treated.
- Water from rivers, lakes, wells, etc., can also be used when possible.
- As a last resort, stagnant water
There are several « raw » techniques for performing emergency purification/treatment:
- The most well-known method involves boiling water for several minutes, but this requires a heat source.
- The second method involves using purification tablets, the quantity and availability of which in the UK during the 1980s is difficult to ascertain.
- The third method involves using highly diluted bleach (2 to 4 drops per liter of clear water)
Regarding wastewater treatment, this is a major public health issue (particularly what is euphemistically called « black water »). If the sewer system is compromised, it is imperative to organize:
- The implementation of dry latrines where possible, and not the disposal of this waste in nature or in a river, nor its burial in the ground
- The implementation of rudimentary septic tanks
All these solutions are obviously palliative, and will not compensate for the need to restart a sewage system (or at least collective dry latrines in the worst case) and especially the establishment of a functional drinking water network (even with rationing/distribution via bottles/jerrycans/tanks).
Military operations will be the top priority. Soldiers will be tasked fairly quickly with crowd control and arresting looters as urban food depots are depleted. Transportation (primarily by road) will be complex due to the destruction. If we assume that 8,000 barrels per day are now being used by generators across the country for reconstruction efforts and restarting critical infrastructure, that leaves 12,000 barrels per day. Even with the scale of the destruction and EMPs, it is highly unlikely that any vehicles will survive. The film also shows combine harvesters, tractors, and even an airplane after the nuclear attack. The notion that all vehicles suddenly became obsolete is therefore unfounded. Based on historical data covering 20 million passenger cars in the UK in the 1980s, we can imagine that 1 to 2% of pre-war vehicles, i.e. 200,000 to 400,000 vehicles, with a median of 300,000 vehicles (mostly civilian vehicles, but also military and emergency trucks, agricultural vehicles) are still operating throughout the UK, but in critical condition.
Based on the fact that approximately 20 million people (or 35% of the pre-war population) died immediately as a result of the nuclear attack (according to my own estimates from previous work on the subject available) here(on Medium), leaving 36 million survivors, this means we’ll have one vehicle for every 120 people, putting a lot of strain on what’s left and leading to rapid overuse; compared to one vehicle for every 3 people before the war. But as with fuel, there will be a significant gap between the theoretical value and reality.
To estimate what was needed to run the cars, I took two iconic vehicles from the UK in the 80s: the Vauxhall Cavalier and the Humber Pig. The former consumes about 8 liters per 100 kilometers, while the latter consumes about 20 liters per 100 kilometers (peacetime use).

Two Humber Pigs in action in Northern Ireland (archive footage from Bloody Sunday in 1972)
This translates to 0.05 and 0.125 barrels per day, respectively. The first step is to calculate a weighted average. I believe that of all these vehicles, 75% were personal cars and 25% were military/emergency/transport vehicles. This gives us 0.068 barrels per day. The vehicles will be subjected to critical conditions for a long time: overuse, stop-and-go traffic, overloading, detours…

Let’s say these four problems individually represent 30%, 25%, 50%, and 30% of the initial consumption, or 0.0204, 0.017, 0.034, and 0.0204 barrels per day. Adding them together, this represents a consumption of 0.0918 barrels per day. Now, the value of a barrel per day is 0.1598.

Numerous other factors will likely contribute to this increase: poor road conditions, mechanical deterioration, and declining fuel quality. Let’s say these three other problems individually account for 35%, 30%, and 50% of the initial consumption rate, or 0.0238, 0.0204, and 0.034 barrels per day, respectively. These difficulties could total 0.0782, with a present value of 0.238 barrels per day.
Initially, the base consumption figure represented peacetime use over short distances. Longer distances (combined with the aforementioned constraints) can double peacetime usage. Adding the initial consumption rate to the previous value, we arrive at 0.306 barrels per day per vehicle, or approximately 48 liters.
In addition to the challenges mentioned earlier, this figure (however high) must also take into account the likely disparity in the vehicle fleet (larger/smaller vehicles, poorly maintained vehicles, etc.) and the probable emphasis on military/heavy trucks. We must also consider the obvious logistical problems that will arise with this fuel, including the likely absence of functioning service stations in many parts of the UK. This is illustrated by this map of British motorways from 1983 combined with the list of potential targets: the motorway network was likely no longer operational after the attack of May 26, 1984. The majority of motorways passed through or in the immediate vicinity of the large conurbations and urban areas destroyed after the attack—areas already facing significant logistical and humanitarian challenges. The cost of transport operations could only increase in this context, as the use of secondary routes was not only a necessity but probably a requirement in many areas. The British rail network is probably in a sorry state, as evidenced by the intersection of the map of urban and military impacts with this map of British railways from 1982. All this can only increase the logistical constraints for the authorities in our context.
As in our previous discussions about generators, these figures primarily serve to « impose constraints » on our hypothetical inventory (a way of thinking similar to planners who prefer to add up even theoretical or unlikely constraints, or when making financial forecasts where losses are sometimes overestimated to find the break-even point under precarious conditions) and to provide a framework for our analysis of the year following the attack on the United Kingdom. And as previously stated with generators, the exact consumption ratios or the number of units (barrels, vehicles, etc.) will not be decisive in understanding what happened after the attack.
Operating 300,000 vehicles will cost 92,000 barrels per day, whereas, due to fuel restrictions and logistical problems in post-nuclear war Britain, the available value is closer to 6,000 barrels per day. This means that only 20,000 vehicles will be used in the UK (0.30 barrels per day/vehicle). The ratio is effectively 1,800 people per vehicle.
Even though the film Threads doesn’t show it, doing otherwise is impossible, due to the crucial need, during reconstruction, to restore transportation, logistics, military operations… This leaves 6,000 barrels per day as a buffer stock to account for the uneven use of fuel in these troubled and rapidly changing times; and the rising cost of pre-harvest fuel during this period.
Key points during the mid-period:
- Establishing a census of the available vehicle fleet and requisitioning available/functional equipment
- Establishing even precarious logistical flows/bridges between key regions of the United Kingdom
- Mobilizing the population for reconstruction work
…A growing exodus from the cities in search of food. It is July…

Due to the depletion of urban food stocks, we witnessed an exodus from the cities starting five weeks after the attack, with millions of desperate and starving people moving to smaller towns and rural areas in search of food. But this must be understood in light of the mechanism introduced earlier in the film: « work-for-food. » If the food depots are nearly empty, should we also understand that the system implemented by the narrator is beginning to show its first signs of weakness? The system described above doesn’t seem to completely deprive the population too weak or vulnerable to work of food. However, it’s possible that only the bare minimum is being provided, leading to migration from the cities to the countryside. Given the narrator’s description of the rationing system in place, injustices are likely rampant. Moreover, what appears on screen signals the first failures of the policy in place, as evidenced by the increasing arrests of looters and the establishment of courts-martial barely four weeks after the nuclear attack on the United Kingdom.

Shortly before dying in their bunker, the Sheffield district officials in the film have one last interesting discussion about food. The supply difficulties are real. The medical officer’s proposal is unequivocal:“We will have to reduce their rations. I’ve thought about it. One thousand calories for manual laborers and 500 for the others.”
According to British historical data from 1983, 44 million people lived in cities and 12 million in the countryside.
In Threads, many people leave the cities before the nuclear war. Let’s say 2 million across the UK; we now have 42 million people in cities and 14 million outside.
If all 20 million deaths from the nuclear attack had occurred in cities (representing 47% of the urban population), there would still be 22 million people living in cities and 14 million living outside of them. Let’s say the exodus began slowly after the curfew ended on June 10, 1984, increased significantly five weeks after the attack, and ceased completely once the harvest season began.
On average over 104 days, this represents 211,000 people per day. The exodus during the Battle of France (May 10 to June 25, 1940, a period of 74 days) saw 10 million people (out of 40 million) fleeing the advancing German army, or 135,000 people per day. Many of these people leaving the cities died en route.
The title card appearing a few seconds before the harvesting scenes indicates that between 17 and 38 million people died as a result of the nuclear exchange (explosion, heat, fallout, etc.). That’s a huge number. The figure is significant (38 million people represents 70% of the pre-war population). Given the total chaos, we can deduce that the army will be urgently deployed to quell the exodus.
Some engine-generators across the UK are starting to break down, city reconstruction is stalling, and fuel is being rerouted to manage the crisis: planes and helicopters to track people’s movements and ask refugees to turn back, roadblocks to stop or limit the influx of refugees into the countryside…
Given that the British planners of the nuclear war contingency plan were (to say the least) skeptical about providing aid to refugees, one can imagine how violent the exodus was. But the authorities would face harsh realities: letting all those on the road die while also flooding the countryside, or maintaining order and « managing » the exodus.

Details of the « Protect and Survive » protocol concerning refugees:« Your local council will be best placed to help you in the event of war. If you move, unless you have your own accommodation or intend to live with relatives, the council of your new locality will not provide you with any assistance for housing, food, or other essential needs. If you leave, your council may have to make your empty home available to other people. So stay home. »
Based on what we see in Buxton in the film, the second option was probably the one chosen. However, this situation seems to stem from local pragmatism, and its universal applicability is not guaranteed.

This situation deviates from the provisions of the emergency plan in case people were forced to leave their homes: it was stipulated that no shelter or food would be provided. This could explain the discrepancy between the only two government broadcasts heard in the film. The first broadcast urged everyone to move to designated locations to begin reconstruction. The second broadcast shows a clear shift towards agricultural production. This situation is based on numerous historical precedents where authorities had to adapt their plans to reality. A good example is Operation Hannibal during the collapse of Nazi Germany in 1945. To the very end, the authorities refused by all means to evacuate civilians (even children) from East Prussia, equating such actions with desertion. But ultimately, against their will, they had to evacuate one million civilians.
Although not depicted in the film, it was mandatory that a pre-harvest operation be organized by the authorities during this period, prior to the harvest, to prepare the fields. This involved guidelines including: the removal of fallout dust (sometimes estimated to require removing up to 10 cm of soil in such cases – although this measure would likely have been very exceptional, even anecdotal, given its logistical and agricultural costs), the removal of livestock carcasses to prevent further contamination, the creation – however difficult – of soil contamination maps, and the preparation of machinery needed for processing the harvest. This organized effort likely began as soon as the curfew was lifted, in the following weeks. This mandatory pre-harvest operation logically implies that personnel (military personnel, agricultural experts, civil servants, etc.) and equipment (fuel, radiation assessment equipment, etc.) were deployed to agricultural areas of the United Kingdom very early and in large numbers. The geography of the United Kingdom allows us to identify several key agricultural regions (here for England and Wales in 1985). Identified by a black dotted line: the cereal plains of the United Kingdom, likely of vital importance to the fictional government in the film. The soil quality grading system is unique to the United Kingdom. It works as follows:
- Category 1, 2 and 3 lands are considered the « best and most versatile » and benefit from significant protection against development; these lands are mostly located in the East of England.
- Classes 4 and 5 are described as poor quality agricultural land and very poor quality agricultural land

All of these things likely require fuel. Due to the numerous logistical challenges and the exodus crisis putting immense pressure on rural areas, the efforts will probably be minimal. But the film shows us that the country continued to function for a decade after the attack, and this implies prior effort in the agricultural sector (seeds, livestock, etc.) during the year following the attack. Had this been the case, we would have witnessed, in many key agricultural regions, this gradual procession of vehicles and soldiers sent to carry out critical agricultural operations to salvage what could still be saved from the upcoming harvest.
Regarding gasoline, the United Kingdom was a very large oil producer during the 1980s thanks to North Sea oil. The drawback was that all of this potential was essentially located quite far from the British coast, particularly near the Scottish coast.

The United Kingdom also possessed some oil and gas fields on its own soil, notably at Wytch Farm in the South West since the 1970s, and developments had been underway since the early 1980s in the Nottingham and Lincolnshire area. The UK also produced natural gas, the fields from which were located closer to the east coast of England, as shown on the map. It would be unreasonable to assume that the authorities would not have attempted to restore the numerous pipelines and communications links to these oil and gas drilling sites.

The oil terminals in Northern Scotland would logically have presented major logistical problems for their restart, given their distance from the urban areas of Glasgow and Edinburgh. The logical approach would therefore have been to concentrate on certain regions to restart or repair specific infrastructure. In contrast, the Teesside oil terminal and the gas terminals in Humberside, Lincolnshire, and Norfolk fit perfectly within the framework of redeveloping critical infrastructure in a region of strategic agricultural importance. Similarly, restarting the wells in the Wytch Farm area appears crucial, as the zone was capable at the time of potentially producing several thousand barrels of oil. A negligible amount in peacetime, but crucial in the context of that first year and also for the following decade. One could therefore assume, particularly given the constraints of feeding a substantial population a decade later, which would require agricultural machinery, that even a minimal gasoline production (250-500 barrels/day, for example) would be gradually redeveloped over the course of the decade. At the end of these three and a half months, only 6.7 million barrels remain.
Key points of the period:
- Necessary management of the exodus crisis and probably emergency provisions (in particular, abandoning the refusal to accept non-resident persons in the towns/villages concerned)
- Logistical deployment of personnel (military, civil servants, experts, etc.) and equipment (petrol, machinery, etc.) to key agricultural areas of the United Kingdom, in this order of priority: East of England (cereal plains and numerous vital crops), Edinburgh region in Scotland (barley, potatoes, etc.), Hereford-Worcester (mixed), Kent (fruit), South West of England (livestock)
- Conscription of the rural population and urban refugees to organize the first critical agricultural work: establishing radiological maps, cleaning the soil, census of livestock, removal of animal carcasses, harvesting ripe and consumable products, preparation of agricultural equipment…
- Vital work to restart viable oil infrastructure, with efforts concentrated in the Southwest (Wytch Farm oil wells) and, if possible, work to restart pipelines/refineries to obtain oil from the North Sea
« First post-nuclear war harvest » September 23, 1984 to December 22, 1984
If we are to survive these first difficult months and lay a solid foundation for our country’s recovery, we must focus all our energy on agricultural production. Harvesting this first, diminished crop is now literally a matter of life or death. Chronic fuel shortages mean this could be one of the last times tractors and combine harvesters are used in Britain.

Four months after the nuclear attack, the first post-nuclear harvests began. The British government, the Regional Seats of Government (RSG), and the army fully understood that there was no room for failure. Besides the massive reliance on urban refugees (which was probably not the authorities’ initial intention, but it happened as many had settled in rural areas during the exodus), it can be assumed that the authorities would do everything in their power to ensure the success of the harvest, even if it meant easing pressure on fuel stockpile control. Nevertheless, organizing the harvest under these conditions was a difficult task.

Case study with Scotland. The region is important for grain production but relatively remote from England and from the heartland of British agriculture in the East. Here is a map illustrating a typical logistical and bureaucratic fiasco that can occur in the worst-case scenario. This scenario involves national coordination. Government headquarters sends requests to the various regions to determine their needs for fuel, machinery, and personnel. This information must be communicated by a specific deadline to organize logistics. In our case, Scotland prepares an optimal forecast and sends it to headquarters. Shortly before the deadline, headquarters contacts Scotland to reach an agreement. Problem: the person or people in charge are not available, and the response is expected that day. The person on the phone is unfamiliar with the subject, stalls, requests an extension which is refused, searches through the available documents… Meanwhile, the office agent(s) may unconsciously exploit this situation to advance their own interests, even in a critical context. The result? The final agreement falls short of estimates on several critical points, but the equipment, fuel, and personnel are made available and will be sent to Scotland. A new problem arises: the vast Midlands conurbation is devastated, rendering the motorway network impassable. The only route: East Anglia, then along the east coast. Problems emerge on the ground: disagreements, difficulties managing the flow of refugees, fuel losses, thefts, delays… The agreement reached was already poor; Scotland will ultimately receive even less.

It’s quite ironic that during the one and only government-organized harvest in the film, people were working with their bare hands to collect food, whereas they were all working with tools and even protective goggles one year and ten years later. All these clues foreshadow a desperate, disorganized, and inefficient harvest. On a societal level, things are clearly deteriorating on screen during the harvest. People collapse from exhaustion to the ground without receiving help, Ruth herself is abandoned and forced to give birth alone, and the survivors work under close military supervision. This doesn’t bode well for a happy ending. All of this is, unfortunately, the culmination of an unjust rationing system.
The harvest is taking place while trying to keep the remaining generators running across the country to maintain the few critical infrastructure that is rapidly disappearing. Operating all available tractors and combine harvesters will require a significant amount of fuel. It is also important to note that in the 1980s, the UK had an estimated population of 350,000 tractors of all types, combine harvesters, and other agricultural equipment. Even though the countryside was largely spared from radioactive fallout, destruction, and electromagnetic pulses (EMPs), it is unlikely that all of these vehicles are operational. Above are the UK government statistics from 1983 on agricultural vehicles (Source: Agricultural Statistics United Kingdom 1983, Ministry of Agriculture, Fisheries and Food, Department of Agriculture and Fisheries for Scotland, Department of Agriculture for Northern Ireland, Welsh Office).

An undetermined number of survivors of the nuclear attack died during the exodus crisis of the preceding months (famine, violence, disease, radiation sickness, injuries, third/fourth-degree burns…), the film providing no precise count. It is therefore unlikely that the survivors could operate all the machinery. But this implies that the authorities will still need vehicles for this harvest. And unlike cars, whose fuel consumption is measured in liters per 100 km, the fuel consumption of agricultural vehicles is generally measured in liters per hour. For reference, a medium-sized tractor might require 0.1 barrels per hour. If we extrapolate this value to all the agricultural vehicles in our case (which is absolutely unnecessary, of course, but serves to illustrate the point), it amounts to 35,000 barrels per hour and 280,000 barrels per day (8 hours). An amount that defies imagination in a post-nuclear war world.

The strategic importance of East Anglia is clearly illustrated by this map showing the location of root/tuber/wheat/barley crops in the UK. The harvest scene involving a combine harvester, and therefore cereals, must logically take place in East Anglia. Here is a map showing where cereal crops (wheat on the left and barley on the right) are predominantly grown in the UK (maps of the Agriculture and Horticulture Development Board).
The scene could therefore logically imply Ruth’s migration from Buxton towards the east of the country, as the Buxton region is solely dedicated to pastureland. Wheat and barley are generally harvested between July and August in the UK. The delayed harvest in the film reflects this significant disruption. As a reminder, this reality is illustrated earlier in the 1985 map of soil quality in the UK (England and Wales) for agricultural use. The soil quality grading system is unique to the UK. It works as follows:
- Category 1, 2 and 3 lands are considered the « best and most versatile » and benefit from significant protection against development; these lands are mostly located in the East of England.
- Classes 4 and 5 are described as poor quality agricultural land and very poor quality agricultural land

In connection with the discussion above regarding the need to organize remediation efforts against radiation in major agricultural areas, here is a visualization of the consequences of nuclear ground strikes (or “groundburst”) and more specifically in the most arable land of the United Kingdom, here is a visualization of potential paths with NUKEMAP and some symbolic targets in the East of England and an associated wind map (I deliberately chose the month of May to match the date of the attack in the film, even though of course the winds can vary greatly depending on the month of the year):

The bombs used were on the order of 500 kilotons. This value corresponds to the small-caliber weapons identified during Exercise Square Leg, organized in 1980 by the British authorities. NUKEMAP uses a very simplified model (fallout never follows a straight line or such a precise path), but it gives us a general idea. We can see that the most severe pattern of 1000 rads—a lethal dose in case of exposure—is relatively limited (the darkest red lines on the map). The bulk of the impact could be around 100 rads based on this simplified model. Note that this only represents the potentially absorbed dose: it does not take into account radioactive contamination of the soil. In general, it is estimated that:
- A dose below 100 rad generally does not cause immediate symptoms other than blood changes.
- A dose of 100 to 200 rads delivered to the whole body in less than a day can cause acute radiation syndrome (ARS), but is not usually fatal.
- Doses of 200 to 1,000 rads delivered over a few hours cause serious illness, with a poor prognosis at the higher end of the range.
- Whole-body doses exceeding 1,000 rads are almost always fatal.
The size of the weapons used also affects the extent of the potential fallout. Here is a result with « lighter » weapons of 250 kilotons, with fairly similar results.
As for what would have happened on the ground, that’s another story. But given the agricultural value of this region, it seems logical that the authorities concentrated their efforts there to save this arable land. To recap: the film shows us a harvest with a combine harvester, the government broadcasts a message urgently requesting survivors to participate in agricultural work, and the fictional government implements a program involving social control linked to food distribution.

The United Kingdom faces a constraint inherent to its geography that would have prompted significant efforts: it is a relatively small and very compact country. The UK has productive agricultural land, but this land is relatively limited in size and geographical distribution. This 2024 statistic on British cereal production (and more specifically wheat) is revealing: the majority of its production is concentrated in the east of the country.

To that end, here is a summary of agricultural land in England in June 1983 with regard to major agricultural products (cereals, vegetables, potatoes, and sugar beets) for the eastern British counties. Cereals (3.3 million hectares in June 1983):
- North Yorkshire : 189716 hectares
- Humberside: 178257 hectares
- Lincolnshire : 291423 hectares
- Norfolk : 219837 hectares
- Suffolk : 183857 hectares
- Essex : 167774 hectares
- Kent : 93431 hectares
- Cambridgeshire : 179817 hectares
- Nottinghamshire : 80127 hectares
- Northamptonshire : 96674 hectares
- Hertfordshire : 62552 hectares
- Bedfordshire : 57995 hectares
Total: 1.8 million hectares (54% of England’s surface area). Vegetables – excluding potatoes – (140,000 hectares in June 1983):
- North Yorkshire : 2557 hectares
- Humberside: 11783 hectares
- Lincolnshire : 34266 hectares
- Norfolk : 19206 hectares
- Suffolk: 9991 hectares
- Essex: 6427 hectares
- Kent: 7139 hectares
- Cambridgeshire : 11161 hectares
- Nottinghamshire : 2079 hectares
- Northamptonshire : 238 hectares
- Hertfordshire : 851 hectares
- Bedfordshire : 3908 hectares
Total: 103,000 hectares (73% of England’s surface area). Potatoes (141,000 hectares in June 1983):
- North Yorkshire : 12273 hectares
- Humberside: 7884 hectares
- Lincolnshire : 20065 hectares
- Norfolk : 12406 hectares
- Suffolk: 4038 hectares
- Essex: 5578 hectares
- Kent: 5951 hectares
- Cambridgeshire : 12653 hectares
- Nottinghamshire : 4976 hectares
- Northamptonshire : 1295 hectares
- Hertfordshire : 702 hectares
- Bedfordshire : 1202 hectares
Total: 84,000 hectares (59% of England’s area). Sugar beet (198,000 hectares in June 1983):
- North Yorkshire : 12880 hectares
- Humberside: 9655 hectares
- Lincolnshire : 33021 hectares
- Norfolk : 58670 hectares
- Suffolk: 24694 hectares
- Essex : 4685 hectares
- Kent : —
- Cambridgeshire : 23851 hectares
- Nottinghamshire : 8156 hectares
- Northamptonshire : 632 hectares
- Hertfordshire : 289 hectares
- Bedfordshire : 509 hectares
Total: 177,000 hectares (93% of England’s land area). If this land is neglected or abandoned, it means the UK loses most of its cereals, potatoes, and virtually all of its vegetables and sugar beets. The dominance of East England (and the UK in general) is clearly illustrated by this map of UK land use, with the massive concentration of arable crops in the East of the country (East England, Kent, and the Edinburgh region).

Here is a map of East Anglia showing potential impacts based on the Square Leg exercise (1980). It’s an extreme but illustrative case. The idea is to identify the most logical remediation efforts in red: around the Fens region, from Norfolk along the coast in particular, and along the coast to Yorkshire. This work is vital for preserving both soils and crops. Areas to be abandoned, considered non-priority, are shown in black.

In conclusion, it is important to discuss radionuclides. These are simply specific radioactive materials (cesium-137, strontium-90, iodine-131, etc.) that can compromise food safety. It is therefore necessary to distinguish between the foods concerned, the potential impact, and remediation measures.
- Cereals: moderate to high impact, contamination mainly of the roots and husk; further cleaning/refining of the grains is recommended.
- Leafy vegetables: high impact, direct contamination; it is recommended to wash them thoroughly and remove as many outer parts as possible.
- Root vegetables: moderate impact, risky consumption; thorough washing, deep peeling, and systematic cooking are recommended.
- Fruits: moderate impact, risky consumption, same methods as for root vegetables, but the risk of contamination of the « internal » parts persists.
- Milk: high impact, very risky consumption; it is imperative to process milk through the production of cheeses with long aging processes.
- Meat: moderate to high impact, few solutions other than avoiding muscle meat (« trimming ») or waiting
This problem with scene location—and therefore the film’s agricultural inconsistency—is demonstrated by comparing this 1985 map of British soils with the approximate locations of the scenes after the attack and ten years later. According to the film, the scenes take place in areas with the poorest soil, least suited to cultivation. But let’s return to the main subject.

You will also need to restart some food processing plants, even simple things like a grain mill. The military, heavily involved in maintaining order and overseeing operations, mainly in rural areas, will need fuel. This could be one of the last episodes of « mass consumption » of fuel in the UK due to the existential need to harvest food, with up to 53% of the remaining stockpile used over a three-month period, or 3.6 million barrels, or 40,000 barrels per day. This means that tractors and combine harvesters may be used in greater numbers than anticipated. Generators and what remains of the infrastructure are likely now only using 3,000 barrels per day. Non-agricultural vehicles (mostly for military or logistical use) are still expected to consume 5,000 barrels per day. With the depopulation of cities following the mass exodus and the need to concentrate all energy on agricultural production, most of them are left abandoned and without electricity. This leaves 32,000 barrels per day for tractors, combine harvesters, other agricultural machinery, and the operating costs of what remains of the food processing units; meaning that perhaps 40,000 agricultural vehicles could be used (0.8 barrels per day/agricultural vehicle). Compared to the number of agricultural vehicles in the UK, this theoretical figure represents less than the total number of combine harvesters in England, Wales, and Scotland in 1983 (54,775 vehicles in total).

Finally, efforts are necessarily being made to prepare for the next harvest. After 90 days, 3.2 million barrels are still available.
Key points of this period:
- The gradual (and necessary) integration of the urban refugee population into the rural world through participation in all agricultural work; a necessity to guarantee a smooth transition in the following decade
- A gradual increase in the power of a more decentralized organization to guarantee the capacity to have governance in the event of failure of the central State; with maintenance of the capacity to coordinate in a supra-regional manner (a critical point for harvests in a context of regional specialization)
- Concentration of expertise, institutional skills and population in key agricultural/industrial areas, and formation of logistics hubs at the intersection of industrial/agricultural/energy capacities; hubs that could logically become “relay points” in a context of degradation of the state apparatus.
- From an energy perspective, with winter approaching, there is a need to restart even minimal coal production.
« First post-nuclear war winter » December 23, 1984 to March 28, 1985
…During the first few winters, many young and old people disappeared from Great Britain…
Next, we have the first winter after the nuclear war. Due to the prolonged effects of the nuclear winter, the temperature drop is greater than usual, resulting in many deaths. These deaths will likely lead to a significant decrease in fuel consumption, as many activities are unsustainable without a minimum workforce. The chronic fuel shortage following the « massive consumption » of fuel during the harvest means that many systems are out of service. Transport will be difficult without snow removal. Many pre-war generators are probably no longer even in use. There are probably roughly 100-150 generators across the country, consuming 2,000 barrels per day. Thus, the UK is probably « sleeping, » as people are unlikely to be working (the harvest being finished), but normally human activity should gradually resume with the end of winter and the need to resume some agricultural work (but with a significantly depleted and compromised fuel supply). The figure could be around 20,000 barrels per day. During these 95 days, 1.9 million barrels are used. The remaining stock is estimated at 1.3 million barrels.
Key points of the period:
- Critical threshold for a resumption of oil production, a necessity for the harvest from 1985 onwards, as the agricultural system is not capable of abruptly transitioning to manual harvesting (particularly for cereals); oil production is currently being consolidated/increased for the summer of 1985
- Gradual introduction of manual techniques to save fuel (“hoe-farming” and possibly animal traction in regions where this is already possible) in preparation for the summer 1985 harvest.
- Resumption of agricultural work with better adherence to the agricultural calendar (requires restoring a normal agricultural cycle)
- Consolidation of forms of governance alternative to the central state (regional hubs, potential residual states, etc.)

« Collapse of centralized governance » from March 29, 1985 to May 26, 1985
This scene from Threads begins with a telex stating that it is 10 months after the attack. The scene opens with several close-ups of wheat stores and a soldier inside a barn overseeing the harvest. Then you hear gunshots, Ruth and others fleeing with grain, you can hear a soldier from a helicopter ordering people to return and firing, and then you see Ruth crying and desperately trying to crush grain to feed her baby. The scene is ambiguous, but one could infer that the harvest is either severely rationed or not being distributed at all (likely because there isn’t enough food for everyone), and that consequently, people are resorting to stealing to survive. The film doesn’t explicitly state this, but my personal opinion is that the harvest is a lost cause, so what follows is based on that assumption.
Parallel with “the year without a summer” (1816)
With the failure of the harvest becoming evident to everyone, and the authorities unable to distribute enough food to the people, mass desertions and acts of disobedience could occur among civilians refusing to participate in the forced labor system, as the authorities could no longer provide what had served as the incentive to force people to work: food. To understand the extent of the irreparable failure of the harvest, it is necessary to understand that pre-war grain production was 22 million tons in 1983. I will use this figure for illustrative purposes. We can calculate the amount of the lost harvest as follows (the calculations are based on the entire potential harvest):
- We know from a similar event known as « The Year Without a Summer » in 1816 that without or with little sunshine, crop losses can reach 30-60%. Taking the average (45%), this means that 9.9 million tons of grain were lost, leaving 12.1 million tons remaining.
- We can also consider the fact that some regions of the country are deemed unsuitable for exploitation by the authorities due to high levels of radiation and bombing during the nuclear attack. This could represent 5% of the potential harvest (i.e., 1.1 million tons), leaving 11 million tons
- The exodus has put a lot of pressure on the countryside, potentially leading to the destruction of 2.5% of the upcoming harvest, or 0.5 million tons of grain.
When the harvest began, this meant that production was limited to 10.5 million tons. But more food will be lost in the process (the following calculations are now sequential):
- We can deduce about 10% in the form of seeds for the next harvest (i.e. 1.05 million tonnes), so 9.45 million tonnes remain.
- The rate of deterioration and loss (poor storage and transport conditions, destroyed silos, etc.) can be estimated at 15% (i.e., 1.417 million tonnes). The harvest yield is further reduced to 8.03 million tonnes.
- The difficult conditions imposed to ensure the success of the harvest are probably accompanied by hoarding and theft, let’s say 5% (or 0.401 million tonnes) or 7.629 million tonnes remaining.
- Using inexperienced (and exhausted) personnel and a reduced number of vehicles will impact the quality and quantity of the harvest by, say, 10% (or 0.762 million tonnes). We now have 6.827 million tonnes of grain available.
- The impact of pests such as weevils, beetles, and fungal contamination due to poor storage conditions, inadequate worker training, poor weather conditions, and a lack of chemicals must be included. This could represent 20% (or 1.373 million tonnes).
Ultimately, we have 5.454 million tons, less than 25% of a pre-war harvest. This is a worst-case scenario for illustrative purposes (the amount could have been much higher, especially with less severe weather, but the film remains silent on this point). Nevertheless, the entire system was dependent on grain, the production of which was compromised even with better weather conditions: mechanization, fuel, processing… A missed opportunity to shift to other crops. This drastically reduced harvest still needs to be processed and transported to food depots. But due to the gradual collapse of logistics, transportation, and communications, this could mean that a significant portion of the harvest won’t even be distributed. This possibility corresponds to Ruth’s desperate attempt to steal grain to feed her daughter. Regardless of the exact amount collected, it would have been far from sufficient to meet their needs.
Consequences of the failure of the “food-for-work” program
To understand all the consequences, we must go back to June 10, 1984, when the authorities began reconstruction. For reasons difficult to pinpoint, the film explains that they linked access to food to forced labor, even for children:
…All able-bodied citizens – men, women, and children – must report to the reconstruction work starting at 8:00 a.m. tomorrow morning. Residents of Release Band A, that is, Dore and Totley, Abbeydale, and Woodseats, should meet at Abbeydale Park…
…Money has lost all meaning since the attack. The only viable currency is food, given as a reward for work or withheld as punishment. In the bleak economic situation that followed, two harsh realities stand out. A survivor who can work receives more food than one who cannot, and the more deaths there are, the more food remains for the survivors…
The film suggests that the mechanism may not have been universal. It can be assumed that basic necessities were provided to the most vulnerable, but without any real guarantee, as evidenced by the exodus from the cities. The film also doesn’t explain how the system functioned during the winter. In Buxton, when Ruth arrives after leaving Sheffield, there seems to be a form of soup kitchen organized for refugees. This could be explained by pragmatism, if the local authorities had no other option. But then we have another scene where Ruth is forced to eat a dead animal in the countryside. The existence of the program, however, seems definitively confirmed by the film’s scenes during the 1984 harvest: Ruth forced to work while pregnant and abandoned, people dying or collapsing from exhaustion without assistance…
Since the film is completely vague about this counterproductive choice made at the worst possible time, here’s a possible explanation (to be honest, perhaps the only way for the film to maintain its credibility, even if it means altering its message): the fact is that the implementation of the « work-for-food » program was probably decided not because of logistical or ideological constraints, but because the authorities (unfortunately, as in many historical cases during major upheavals) were more concerned with maintaining order and keeping people under control, and because they believed it was the best way to preserve pre-war economic, agricultural, and societal systems. The authorities were, in fact, reluctant to admit that the best solution was to adapt to the realities of the post-nuclear war era, rather than trying to force those realities into conformity with pre-war expectations. This is impossible, because all past systems relied on dwindling resources (like gasoline) or destroyed infrastructure. The best example is the use of fuel to maintain highly mechanized agriculture, when authorities should have been moving as quickly as possible towards more resilient and sustainable systems.
It was, of course, impossible to put food in stores for people to buy, but a « classic » rationing system might have been a better solution. Everyone receives food, even in very small quantities (especially the most vulnerable, such as newborns, children, and the elderly), and those who work can receive a supplement. The social contract could have survived, because with a rationing system, food is always a means of survival, not an end in itself. But with the imposition of forced labor, the social contract vanished. When something as fundamental as survival is tied to forced labor, we open the door to the unknown. The mechanism introduced by the narrator clearly resembles a coercive and transactional system. In such an environment, there is no room for cooperation, because the new economy consists of giving more food to the survivors when more people die. The « wealth » of the survivors is now tied to the deaths of their loved ones. Trust erodes and inevitably creates antagonism between people themselves and between people and the authorities. This system can function as long as the authorities are able to provide food or use violent means, but when food runs out, everything collapses.
Regarding the possible contingency plans of the British government discussed in the book War Plan UK (mentioned above), however imperfect they may have been, they did not, on paper, resemble what the film itself presents. The introduction of a form of bartering for compensation is not inherently problematic, as long as the objective is to maintain social cohesion and cooperation, even if this is imperfect. This has nothing to do with viewing human life as solely linked to an individual’s productive capacity. For example, a coal miner or a farmer in the fields simply needs to eat more than someone who stays home. Everyone is entitled to something, normally. The problem here is that the film introduces a mechanism that transforms the food distribution system into something entirely transactional, non-cooperative, and punitive—a system in which the death of the most vulnerable becomes a desired outcome. A system that doesn’t even remotely resemble a poorly conceived or implemented contingency plan, but clearly resembles a concentration camp system. A system presented with great detachment by the narrator, and which aligns perfectly with the film’s imagery (even if this may not have been fully conceptualized by the directors): an essential component for understanding the events visible on screen.
Overall picture of the institutional/food crisis
The crisis could have begun around mid-February 1985, with the emergence of the first localized events leading to the major crisis of March-May 1985: local authorities would likely have been tasked with implementing a newly reduced ration for « workers » given the dwindling harvests and the scarcity of remaining food stocks. Central authorities could have been trapped in this self-reinforcing « collapse loop. »
- Decreased food stocks and poor harvest
- Reduced rations
- Disobedience/desertion given the contractual (and non-cooperative) nature of the « work-for-food » program
- Lack of workers for coordinated efforts under the leadership of the central government
- The emergence of county/regional level efforts, without the agreement and oversight of central authorities.
- Crucial tasks for the central government are not being completed, and crucial resources are being diverted to the benefit of alternative actors.
- The harvest is poorly managed, distributed or stolen/hoarded in some regions of the country (especially the most vulnerable)
- The gradual collapse of the national food distribution system (the « work-for-food » program) was logically replaced by alternative rationing, and above all, emergency food aid.
- The authorities (military and civil servants) on the ground are also impacted, logically leading to their taking control of the preserved/rehabilitated agricultural/industrial zones from the first year onwards.
- Central authorities are « passing the buck, » resulting in poor communication and inertia among institutional actors.
- Disruption of communications and transport (lack of fuel, workers, orders, etc.)
- The gradual shift from purely centralized efforts to decentralized efforts within the framework of new decisions by local authorities (seed harvesting and conservation, food aid systems, coordinated efforts for planting/harvesting, etc.)
One important fact confirms our intuition about this theory: Ruth is stealing raw grain with other people. This means that, presumably, these people no longer have (or have very limited) access to processed edible products: logically, bread in our context. Even with the delay, the harvest should have been over by December 1984. These grains should normally serve two purposes: seeds for the next harvest and processing into bread/flour to feed the population. The scene takes place nearly three months after the theoretical end of the harvest. Grain must undergo a processing method to become edible. The mere fact that the population is forced to rely on these processed products is further evidence of the ongoing disintegration of the food distribution system.
Order gradually eroded thereafter, probably within weeks, because the national authorities progressively had nothing left to offer to control a desperate population. What will likely happen behind the scenes is deeply rooted in human nature: no one wants to be held responsible for the failure of the harvest. Even though the harvests were doomed from the start due to the nuclear winter, the lack of manpower, fuel, and machinery. This will not be a top-down approach whereby the remnants of the British government shift the blame to local authorities (or the remaining RSGs), who, in turn, shift the blame to the military tasked with achieving the objectives. If this had happened, I think it would have been in the opposite direction: the military, confronted « physically » with the failed harvest (and all its consequences) and the need for orders and guidance, would most likely have turned to what remained of the local authorities (or the remaining RSGs), who, in turn, would have referred to what remained of the British government. With no idea of what to do next, the authorities would have remained, at best, evasive, or at worst, silent. And since most communication between these people would be via degraded communication systems and not face-to-face, this would have led to misunderstandings, misinterpretations, and mistrust. This was already a major problem in the weeks and months following the nuclear attack because the authorities were barely on the ground and relied heavily on intermediaries for information. This would prove fatal following the failure of the harvest and the need for a swift and coordinated response to maintain unity in what remained at that time of the United Kingdom.
The logistics trap
The reader may ask themselves the same question as we did: did we miss something by focusing for a long time on a resource (gasoline) that seems totally disconnected from the crisis described on screen 10 to 12 months after the attack? Yes and no.
Yes, because regardless of the exact values of barrels or jerrycans, it is clearly not a decisive factor in the film.
No, because we followed the path of the authorities and especially the film’s narrative: we followed the classic path of a government in this situation, careful with its resources, but neglecting, like the film itself without realizing it, to take into account an essential factor: the need to maintain national cohesion and cooperation. Logistics remains a crucial factor for understanding certain things on screen, of course. But social cohesion even more so.
However, it’s worth noting that the film ignores the realities of governance that are so evident on screen during the first year. The film aims to convey a message of utter powerlessness that is incompatible with the elements shown: a combine harvester, a plane flying over columns of refugees, a helicopter from which a soldier fires at Ruth… Remember the famous scene of the soldier in the barn bringing a jerrycan to fill a tractor: this cannot exist without an organizational and logistical structure in a realistic scenario. This soldier isn’t walking from Exeter to the Sheffield area with a jerrycan. Yet the film is in denial: in a realistic context, this soldier likely has a truck with jerrycans, a map, and a list of farms where he can refuel; and he is required to make regular rounds (which is undoubtedly even more relevant in the context of the harvest depicted on screen). Whether this is coordinated at the national, regional, or even county level.
Our exercise on gasoline is interesting in this respect because it allows us to conceptualize the logistical and organizational universe (including the choices discussed regarding gasoline allocation) necessary for the first year to exist on screen. It doesn’t matter if the figures are accurate (500, 250, or 50 generators; 40,000, 10,000, or 5,000 agricultural vehicles; 50,000, 25,000, or even 2,500 transport vehicles; 40,000 or even 15,000 barrels per day…): if these things (gasoline, organization, cooperation…) didn’t exist, nothing would have been functional on screen for a long time already.
And when you know this: you can only be more skeptical of the rationing program implemented in the film.
Why is the crisis complex to articulate and not understood by the film?
Returning to the main subject, the rationing mechanism, the film presents it as a mere formality, yet the mechanism completely reverses the film’s narrative. The system is so cynical and perverse that no matter the catastrophe, a brutal rupture is inevitable. The film, unwittingly and against its will, has just shifted from the message « bombs will create unavoidable situations » to « human decisions are ultimately the only things that matter. »
If we hadn’t had the rationing system introduced by the film, we would still have the same problem. These grains haven’t been processed for months. The climate phenomenon alone isn’t enough to explain the situation, since the demographic figures in the film (up to 38 million deaths four months after the attack) should normally lead to a new balance of resources: less grain, less fuel… but also fewer people. Clearly, this is neither the case nor the point made on screen.
We may have misled the reader a little, but ultimately we simply followed the film’s tranquil narrative, which created the mechanism guaranteeing the collapse, with incredible detachment. What do we do now?
We articulate this seemingly insignificant element for the filmmakers, which slips in between the scene where Ruth steals grain and the atomic bombs. The bombs are no longer the sole explanation; human choices take center stage. To the detriment of the film’s message. But also in a spirit of perfect logic: what we see on screen in March 1985 has nothing to do with radiation, nuclear winter, or bombs. The situation is more serious than that (grain has potentially been stored for months without being planted or has still not been milled into flour), and since the film offers no explanatory mechanism, we can only deduce that what is happening is linked to a reduced harvest (a possible effect of nuclear winter), which itself has weakened the edifice established by the film, which consists of creating a transactional relationship around food.
We would have applied the same rigor to a problematic passage in the Hebrew Bible. The exploitation of this narrative gap in Threads is merely the result of a problematic narrative structure: the filmmakers give the impression of having constructed a completely fragmented universe where each scene exists in isolation. The film attempts to advance the story with disconnected scenes, while refusing (consciously or not) to take into account the elements introduced earlier. The opposite of realistic filmmaking. Unfortunately, what happened is the following:
- The scene with Ruth and the grain is particularly ambiguous but leaves no doubt about the underlying problem: the food distribution system is failing and the harvest is not being processed properly.
- The film offers no explanation for this scene (neither from the character nor from the narrator).
- An investigation is undertaken to find a cause: why does Ruth have to steal grain, a product virtually impossible to process herself for consumption? It appears to be a completely desperate act.
We find:
- First, the harvest is probably disastrous due to the nuclear winter (and therefore probably reduced).
- Then there’s the rationing mechanism introduced earlier in the film: a completely unfair, contractual system that destroys cooperation and is structurally entirely dependent on an adequate supply of food.
- The combination of these two mechanisms (rationing system and reduced harvest) can only lead to this analysis: the authorities have just lost control of the situation, their system based on a contractual relationship with food has probably become completely unmanageable, and the consequences are spreading throughout the entire food distribution system.

To conclude on this point, we reiterate that our work is not ideological. The film aims to be realistic and has received scientific, academic, and media validation. Therefore, narrative coherence is the bare minimum for a film claiming these qualities. And narrative coherence transforms the film’s message. But let’s return to the story.
The scale of the institutional crisis
The soldiers (unlike civilians), who were once protected because of their status and importance in post-nuclear Britain, will also begin to feel the effects of the failed harvest, and it is quite possible that some of them will quickly die of starvation due to the breakdown of the food distribution system. They will likely suffer from exhaustion and stress, and a year after the nuclear attack, many of them may also be dead. The problem? The soldiers are very likely the only people truly on the ground in contact with civilians. They could have been the solution to the crisis; they risk becoming the problem. These soldiers have been under immense stress for almost a year. Many are probably without news of their loved ones. They have had to implement—possibly against their conscience for some—an unjust political agenda. Morale and discipline are at rock bottom for many of them. The overall situation can only serve as a trigger.
One can imagine that, for a brief period, the military tries at all costs to maintain order and control of the situation, because that is what is expected of soldiers, but also because their status in postwar Britain is tied to the circumstances. But everything will soon collapse around them as the government and RSG officials gradually die (if they haven’t already), disappear, desert, and finally cease issuing instructions altogether, as depicted in the film Threads.
With the collapse of all forms of centralized command and the dissolution of the United Kingdom as a united country (meaning for many soldiers that even the « higher good » for which they sacrificed themselves is gone, and therefore the meaning of their lives), it is likely that some units will begin to fend for themselves, disband, merge with the local population (like some civil servants) to organize localized but coordinated, and most importantly vital, efforts in response to the severe agricultural and food crisis on screen.

Ensuring state, societal and agricultural continuity
It seems a logical prerequisite that a large proportion of these military personnel/civil servants would have quickly integrated with the local population to organize localized but coordinated, and above all vital, efforts in response to the severe agricultural and food crisis depicted on screen. This was a highly probable and logical prerequisite for having 4 to 10 million survivors ten years later, according to the film’s figures, due to the need for coordination beyond the village level and for agriculture that wasn’t of the primitive subsistence type required for such a population. This therefore necessitated: coordination from March-May 1985 onwards across large geographical areas between institutional actors, survivors, and farmers; preservation of seeds and livestock (vital for plowing); and the transmission and preservation of knowledge—a monumental collective effort given the context portrayed on screen. Without coordinated efforts by competent actors at the worst possible time, across large geographical areas, there would have been little chance of survival; not to mention the lack of technical infrastructure or coal mining.
To offer the reader a glimmer of hope, we can also imagine that some of the remaining military forces attempted to create and maintain a « rump state » (the exact term is « rump state, » but I’ve chosen an alternative to express this reality) of the United Kingdom somewhere within the country (like the Kingdom of Soissons after the fall of the Western Roman Empire). This might be the most logical place to organize the return of electricity, a school, and a hospital, as seen 13 years after the nuclear attack at the end of the film; since all these things require a certain level of organization and order. Logically, there would be several such places, at the intersection of the priority agricultural areas of the previous year and the former industrial/mining hubs of the United Kingdom.
The dissolution of the centralized state seems inevitable for several reasons in the months following this event. First, Ruth is later seen buying rats in the street (an intertitle mentions a year after the attack), which suggests that the crisis is likely worsening, even reaching its peak in some parts of the country. The country’s choice of a counterproductive rationing program, and the loss of this capacity, seems to irreparably compromise the role of traditional institutions. The film no longer broadcasts any government messages after the last one before the September-December 1984 harvest. The final scene before the film’s narrative jump of nearly a decade reveals something extremely interesting: people are working with tools, some even wearing safety glasses, but no tractors. There are no soldiers in sight either. When we think back to the 1984 harvest scene, it’s a completely different world: people dying in the fields, working with their bare hands and a few vehicles, under military supervision.
Clearly, the effort seems far more coordinated, productive, peaceful (even if the people appear exhausted), and above all, voluntary. Another world seems to be emerging. The world ten years later shows no national coordination, despite the presence of soldiers. It looks more like a coordinated effort at the county or perhaps regional level, something perhaps more resilient, coordinated, and maybe even a little more humane (with the famous school scene in particular).
We can imagine an uneven consumption of 10,000 barrels per day over these 58 days, totaling 0.58 million barrels. Given that the March-May period is crucial for agriculture in the UK, an effort will be organized, even if it is difficult due to the current circumstances.
Despite these chaotic scenes a year after the attack, the film presents an ambitious demographic projection a decade later: a minimum of 4 million inhabitants and a maximum of 11 million. These figures are discussed at greater length in my next essay, but they imply the accomplishment of many things during the first year, as illustrated by the simplified diagram above. We also need to imagine how governance could have emerged between the gradual collapse of the centralized state and the rise of new structures. Here is a diagram of that as well.
The magnitude
It would be difficult to contradict the scenes in the film: it’s a famine, potentially « terminal » in some regions, probably. I explain quite frankly what can happen in such a case in the following essay: With the collapse of the food distribution system, people had few options left for survival. What had likely been available for some time in certain areas was « sawdust bread » (or a mixture of flour and sawdust) to avoid consuming too much grain, if a distribution system at all survived the chaos. […] To survive, many people in some areas probably resorted to eating rats, dogs, cats, and horses, if any were still available. In some areas, livestock may have suffered heavy losses. They would also have to eat grass and acorns like Ruth if food was scarce. They might also have eaten mushrooms, sloes, and other plants. Some probably tried making « bark bread » from the inner bark. The terminal famine, combined with the collapse of centralized governance, was brutal because the process itself was likely extremely uneven across the country and between communities. Regarding cannibalism, and contrary to popular belief, it is extremely rare, even in the worst recorded famines; it is generally committed by extremely isolated groups or individuals with no other means of support. […]”
The question is rather whether the phenomenon is widespread across the entire United Kingdom or only in certain specific regions. A widespread impact makes organizing and ensuring the success of the 1985 summer harvest difficult. The logical compromise is to accept the scenes (they are logical given the effects of the nuclear winter), the reality of the collapse of the centralized food distribution system, but with a distinction made between destroyed urban areas (mostly impacted) and relatively unaffected rural areas (a necessity to guarantee a successful harvest). Here is a proposed map based on those produced earlier concerning the impacts:

The following logic is proposed:
- The risk is highest (in red) for London, the large conurbations/cities of the Northeast around Liverpool, the port cities of the Southwest away from major cereal-growing areas and Northern Ireland (few cereal crops)
- The risk is considered moderate (in blue) for all smaller towns/cities or those near major grain/agricultural areas.
- The risk is considered low (in green) for all towns located in or in the immediate vicinity of major agricultural areas, often small in size in Kent and the East of England region.
Key points of the period:
- Major institutional crisis: failure of the new social contract, almost inevitable disintegration of the classical state structure
- Becoming uncertain of a fraction of the military forces (merger? warlordism?)
- A necessary governmental relay that can logically be provided by agricultural/industrial/mining hubs where institutional actors, the military, technical/agricultural skills and survivors (“residual states”) are concentrated
- Maintaining national coordination out of practical necessity (impossibility of having totally independent regions) in view of the summer 1985 harvest, possibly facilitated by institutional resilience (transformation of the central state by new structures led by former members of this institution, facilitating communication/cooperation/organization)
- Oil recovery in the background to coincide with the summer 1985 harvest
- Continuation of the previous year’s efforts and the need for logistical flows between regions despite the potential institutional crisis on screen
« Finishing the year 1985? » from May 26, 1985 to December 31, 1985
How did the survivors manage to finish 1985, and what if there are up to 11 million survivors 10 years later? We still have 700,000 barrels of our previous national stockpile. To finish the year, this means we have a little over 3,000 barrels per day. Since this was a hypothetical stockpile for this experiment, and the film never mentions it, it’s perfectly logical that it could be higher. A mechanized harvest seems essential to finish this year, alongside the implementation of new agricultural methods (animal traction, manual plowing, etc.). Several solutions appear to be necessary:
- Strict rationing in agricultural regions to conserve gasoline in preparation for the major grain harvests between June and August
- Manual labor (or animal traction) to prepare the fields at the end of the year
- A restart of oil production at the beginning of 1985, even at a low volume
- The reintroduction, starting in 1985, of old coal-fired agricultural vehicles
For 1984, it was important to deploy a large number of agricultural vehicles due to the price lag behind the harvest and potential constraints on farmland. The idea here is to smooth out production to finish the year, while still relying heavily on manual labor. The plan is therefore to mobilize vehicles while minimizing their use. We can thus take as a reference the figure used for non-agricultural vehicles (0.306 barrels/day). 700,000 barrels divided by 218 days gives 3,200 barrels. This volume potentially represents 10,500 vehicles. If possible, coal-fired vehicles will be mobilized where available. The logical transition is therefore:
- Reinstatement of animal traction and manual labor (“hoe-farming”) implemented from the beginning of 1985, or even earlier, to save fuel where possible.
- Limited use of gasoline after May 1985, with a peak between June and August 1985 for the grain harvest.
- The gradual increase in the use of animal traction and manual labor (“hoe-farming”) during 1985; the idea being that animal traction would become dominant in the coming years
- Vital redevelopment of gasoline to ensure the mechanization of large harvests or major agricultural work from 1986 onwards
As a reminder, the test figures were intentionally high to account for significant constraints; it’s obvious that not every vehicle uses that much fuel daily, even under difficult conditions. However, the aim is to remain consistent with the framework developed earlier. Based on this figure, it would be reasonable to expect oil production of 3,000 barrels per day in 1986: Wytch Farm and North Sea, to a very limited extent. This wouldn’t necessarily be used directly, but at least rationed for harvesting/field work and minimal logistics between counties/regions.
As mentioned above, a governance structure must be established: it is necessary to coordinate populations, organize a harvest, work together, and also manage food insecurity in many regions. This model should logically emerge in regions at the intersection of industrial/mining hubs and agricultural areas: food production and the maintenance/revival of vital industries for the coming decade. It is therefore not illogical to assume that this model is neither linear nor instantaneous. The end of failed centralized governance does not signal the end of cooperation between individuals, particularly those formerly integrated into state institutions, at various levels. As illustrated by the model above, this process is logically underway, with the merging of urban and rural populations, and the emergence of authority figures alongside these same populations; this has been the case for at least a year. The same applies to a successful harvest: the population must already have been working in agriculture for several months.
In conclusion, here is the energy curve required with a gasoline production boost to around 3,000 barrels per day during the spring of 1985, with a double comparison: barrels available with production and without production. A crash is inevitable without production, especially if logistical difficulties are more significant. Therefore, resuming production with a gradual increase over the decade is the logical course of action.

An alternative consumption curve for the first year is also proposed with the following parameters:
- Production was reduced from 40,000 to 30,000 barrels/day for the September-December 1984 harvest.
- Oil production restarted in March 1985, increasing from 3000 to 5000 barrels/day by the end of 1985.
- Increase in the volume of gasoline consumed (around 20,000 barrels/day) for the agricultural season June-October 1985

National coordination will also be necessary, taking into account the risk of fragmentation of the British national territory. The most appropriate (and logical) approach seems to be the following:
- Maintaining local agricultural specificities (something difficult to modify due to the specialization of the agricultural landscape at the time)
- One or more zones with combined agricultural capacities superior to other regions, and therefore having the legitimacy to coordinate harvesting at the national level
The following diagram is proposed, designating the South Wales to Midlands region as the driving force. This seems logical given that this geographical area potentially concentrates (in addition to its central location): the majority of remaining industrial and mining infrastructure, was historically the most densely populated, and possesses the most critical pre-war agricultural landscape (particularly the cereal-growing East) and significant agricultural diversity (livestock, vegetables, fruit, etc.). The map also identifies the logistical, energy, and material flows necessary for the success of this harvest, and all subsequent ones.

Logically:
- Gasoline and machinery primarily destined for the East of England and Scotland for the cereal harvests
- Animals were also transferred to the East to compensate for the difficulties related to restarting oil production (plowing problems).
The map also helps to identify changes in agricultural practices: crucial maintenance of mechanization in cereal plains (in all geographically eastern regions) and, on the contrary, development of “hoe-farming” and animal traction (where possible) in regions more focused on livestock farming (more in the West and Southwest).
Key points of the period:
- Mandatory rescue of the 1985 summer harvest with continued mechanization in cereal-growing regions and supra-regional coordination despite the institutional context: guaranteed food to get through the winter, to remotivate the survivors and to legitimize the new forms of authority
- Transition towards new forms of governance between supra-regional cooperation (harvest periods, energy and food flows) and partial autonomy at the regional level
- Maintaining minimal mechanization for cereals and implementing manual techniques where possible (for example, “hoe-farming” for potato cultivation)
Epilogue
The absurdity of Duncan Campbell’s reasoning is perfectly illustrated by the first year of the film Threads. He who seems to think that making collective decisions, even difficult ones, in times of crisis is an expression of mental disorder or even dystopian totalitarianism, that social cohesion is secondary in times of crisis, that one must accept the inevitable, is brutally refuted by the film considered the most realistic on the subject. The arguments developed in his book—the futility of efforts at organization, cohesion, and governance—are glaringly contradicted by the poor choices of the fictional government. These poor choices demonstrate more than ever the relevance of sound choices and collective decisions. It’s a cruel irony when you consider that the film probably drew most of the intellectual material for its screenplay from his book War Plan UK.
The United Kingdom was in a dire situation at the end of May 1985: no sign of improvement in the food distribution system, no paths laid out for new forms of governance on screen, and a country utterly devastated (cities and infrastructure alike). But the scene before the narrative leap, with men and women working together, deliberately and in a coordinated manner, to carve furrows in the soil with hoes, shows that something was happening. The hypothetical reconstruction of the ten years leading up to the film’s final scenes will once again demonstrate that Duncan Campbell’s (and by extension, the film’s, since it also drew on the same book for the elements necessary for its narrative) conspiratorial thinking, nihilism, and cynicism are dead ends: everything that the film and Duncan Campbell reject at their core will ultimately have been necessary to finally see the light at the end of the tunnel and allow for the existence of the film’s final scenes. With a touch of humor, we can summarize in the form of a table the existing explanations for what might have happened during the first year of this film:
| Prism | Reasoning | Validity of the reasoning |
| Threads | JOKER | ❌️ |
| Intellectuals | The film is realistic, therefore it is realistic | ❌️ |
| 😵💫 | The scenes with Ruth simply imply that there is less to eat. | ❌️ |
| Fanbase | No sun=No food | ❌️ |
| Exegetical method | Articulation of an isolated and ambiguous scene with a climatic phenomenon and governance choices shown in the film | ✅️ |
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